‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 18 sur 130 · PRÉLUDES DU CONGRÈS DE VÉRONE · texte numérisé non relu

PRÉLUDES DU CONGRÈS DE VÉRONE

Conseil s'était réuni pendant trois heures afin de convenii'des instructions à donneraux représentants de la France au Congrfes.

L'affaire d'Orient se trouvant, sinon terminée, du moins assoupie pour le moment par les soins de l'AngleteiTe et de l'Autriche, les envoyés du Roi, loin d'avoir à soulever cette question dans le Congrès, devaient considérer cette réunion des souverains, d'ailleurs inopportune h d'autres égards et surtout pour notre situation vis-à-vis de l'Espagne, comme une heureuse occasion de distraire la puissance colossale de la Russie de la tentation de faire la guerre à la Turquie, dont l'ignorante barbarie ne lui en fournissait que trop habituellement sujet. Ils devaient, conformément au but assigné à Laybacb pour la réunion du présent Congrès, s'appliquer à lui faire concentrer son action sur l'Italie, à obtenir l'évacuation du Piémont et du royaume de Xaples, occupés par les Autrichiens, h faire rentrer en grâce auprès du roi de Sardaigne le prince de Carignan, SOD héritier présomptif; ce souverain avait refusé de le voir et même de répondre à ses lettres, depuis que le prince s'était mis à la tèlc des troupes qui avaiesttentéd'imposerau Piémont une constitution; il y avait pour la France un grand intérêt politique à cette réconciliation, car elle prévenait toute prétention à cettecouronne de la partde la maison d'Autriche. Les représentants du Roi à Vérone devaient éviter soigneusement, mais avec adresse, d'appeler les délibérations du Congrès sur la situation de l'Espagne, qu'on pouvait craindre de voir devenir leur objet exclusif. 11 était certain que cette question alti-

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