‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 20 sur 130 · PRÉLUDES DU CONIÎRÈS DE VÉRONE · texte numérisé non relu

PRÉLUDES DU CONIÎRÈS DE VÉRONE

en sorte que ie Moniteur insérai à l'article de la Cour : ■ Le Roi a travaillé une heure (ou une heure et demie) avec le président de son Conseil. » Il m'était même revenu qu'il se proposait comme avantage d'éviter des tête-à-tête importuns avec les autres ministres ; il disait que ceux-ci profitaient des moindres décisions pour venir réclamer sa siguature, afin, prétendait-il, de le familiariser avec leur présence ; il en était qu'il soupçonnait d'aspirer au poste resté vacant lors de l'organisation de notre ministère, que dëslors il avait entendu me réserver, etque j'étais un des seuls, selon lui, à ne pas postuler.

Quoi qu'il en soit, celte mesure fut médiocrement accueillie par mes collègues. Ceux qui étaient pairs y virent un acte blessant pour la pairie. Il faut faire esceptton pour celui dont la haute situation lui donnait plus de droils à prétendre au titre et aux fonctions qu'on m'attribuait, le maréchal duc de Bellune; il était en ce moment plus occupé du travail de préparation nécessaire pour assurer une bonne composition à l'armée du Roi, et la rendre disponible dans le plus court délai possible, que de prétendre à une distinction qui n'eût été pour lui qu'un vain titre. Corbière, malade le jour oh l'ordonnance parut au Monitetir, n'en vit le côté faible que sous le rapport de l'intérêt général : c'était le seul sentiment qui trouvât accès dans cette àme élevée. Il me dit aussitôt qu'en personnifiant le mi ni stère sousua nom propre. on donnait à ses ennemis plus defacilité pour lui nuire. Le Roi , à qui je rendis compte de cotte observation, me répondit :<iVotre ami aurait raison si le fait n'avait pas déjà existé avant l'ordonnance.))

:,q,t,=cdbïGoogle

SEPTEBfBRE 1822.

Page 1