‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 35 sur 130 · CCXXXVIII. — LE COMTE DE VILLÈLE AU VICOMTE DE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

CCXXXVIII. — LE COMTE DE VILLÈLE AU VICOMTE DE MONTMORENCY

« Ce 15 octobre 1822.

« Mon cher collègue, je ne vous écris qu'un mot et pour cause : le courrier expédié par sir Ch. Stuart va partir, je ne veux pas le manquer, mais nous en préparons un plus volumineux pour demain.

" Nous avons reçu avec grand plaisir votre lettre du 9, d'Inspruck, Nous continuons à marcher à merveille dans l'intérieur, nous gagnerons très probablement de dix à quinze députés sûrs, à la place d'un égal nombre d'ennemis, différence : vingt à trente voix en accroissement de majorité. Clermont- Tonnerra nous revient demain : sa tournée s'est bien passée et sera utile. Corbière a eu une rechute, mais il va assez bien pour que nous l'attendions dans la semaine.

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« Il n'y a que cette triste Espagne qu'on ne sait par quel bout prendre. J'en reçois dans l'instant des nouvelles du 9 : on y connaissait l'ordonnance sur l'armée d'observation, et la manière dont nos journaux, surtout celui des Débals, avaient exposé la chose, y a fait un grand effet sur l'opinion. Au reste on y a peur du Congrès, mais il ne faut pas que le Congrès agisse légèrement sur une semblable situation; la détermination peut être décisive, en bien ou en mal, sur le repos et le bonheur du monde.

« Adieu, mon cher collègue, à demain : ceci n'est qu'un mot de souvenir. Dites à Chateaubriand que je le remercie de sa lettre de Genève, je lui écrirai un mot demain. Je vous quitte pour expédier à La Garde. C'est une charge trop lourde que deux ministères ; venez sitôt que le service du Roi vous le permettra; j'en serai doublement aise, car je n'ai plus nn moment et serai ravi de vous revoir, étant de tout mon cœur,

'< Tout à vous,

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