‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 38 sur 130 · CCXLIU. — LE VICOMTE DE MONTMORENCY AU COMTE DE VILLËLE · texte numérisé non relu

CCXLIU. — LE VICOMTE DE MONTMORENCY AU COMTE DE VILLËLE

(1 Je profite, mou cher collègue, d'un courrier anglais qui doit passer par Paris, ce qui m'évitera de vous en envoyer un avant que les grandes afTaires d'ici ne soient au moins entamées et que je ne puisse vous mander quelque chose de positif. Arrivé ici d'avant-hier, le même jour que l'empereur Alexandre, qui y a fait son entrée sur les une heure avec l'empereur d'Autriche au milieu d'un concours nombreux, j'ai trouvé M. de Chateaubriand arrivé deux jours avant, et j'ai été charmé de causer avec lui, et de recevoir par lui d'excellentes nouvelles de France. Il m'a remis les diverses lettres et pièces

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dont il était chargé ; il y en a une que je me fais un devoir do remettre moi-même aux plénipotentiaires du Roi : elle leur servira, comme de raison, de règle commune et constante. Je m'en pénètre par une double lecture ; mais dans le mode d'exécution, je profiterai de la latitude qui m'est accordée par votre dernière lettre confidentielle et dont j'espère ne pas abuser. Ce sera dans le sens même dos observations que je vous ai adressées par mon dernier courrier d'Inspruck, el dans lesquelles je nepuis qu'être confirmé par ce que je vois et recueille chaque jour. 11 n'y a eu encore aucune conférence, ni même conversation générale. On balance un peu sur la marche à suivre, surtout pour qu'elle soit prompte el rapide : c'est là tout mon désir, et je ne négligerai rien pour avoir rempli le plus tôt possible mon objet principal et pouvoir prendre ma direction vers vous. Je viens de taire ce matin ma cour à S. M. le roi de Prusse qui est ici depuis trois ou quatre jours. Il m'a parlé comme les autres souverains sur la question grave de l'Espagne, qui intéressait toute l'Europe, mais nous en particulier eties premiers. Il m'aheaucoup demandé des nouvelles du Roi, et m'a chargé de lui faire arriver la nouvelle assurance de tous ses sentiments personnels: vous voudrez bien, mon cher collègue, vous charger de cette commission. Ce sera une nouvelle occasion de mettre mes profonds respects aux pieds de S. M. J'ai été bien heureux d'apprendre qu'elle ne s'était pas ressentie de sa légère indisposition.

« Il n'y a encore ici d'autres princes et princesses souveraines d'Italie que les membres de la famille

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impériale, le grand-duc de Toscane, le duc de Modëne, l'archiduchesse Uarie-Louïse, outre Tarchiduc Reynier, vice-roi.

(< Nous aurons sûrement à leur faire notre cour, et la manière la plus simple sera, ce me semble, de ne faire aucune distinction entre eux.

(' Recevez pour vous-même et pour mes autres collègues l'assurance de mes inviolables sentiments.

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