CONVERSATION AVEC LEHPBREUR ALEXANDRE
temps et sur tous les parchemins, que pas un de mes hommes n'entrera sur votre territoire que si vous le désirez et à votre demande. Mais il faut penser à la distance et se ménager une ressource au cas d'un SQD-succës que je ne veux pas croire. Je suis persuadé de la bonne disposition actuelle de vos troupes et de vos officiers ; je me défierais davantag^e de certains généraux, les bonapartistes au moins autant que les libéraux, qui doivent vouloir mettre à profit une dernière ressource. Il en est de même de vos révolutionnaires de toute espèce; s'ils ne remuent pas, si votre attente n'est pas trompée, mes troupes n'avanceront pas. Je vous laisserai finir ce que vous aurez commencé ; je ne vous envierai pas cet honneur ni ce succès militaire, charmé, au contraire, que vous ayez donné cette preuve de plus de votre excellente situation, raffermi encore l'opinion, et rendu un tel service à la cause commune. »
L'empereur ayant répété et paraphrasé à plusieurs reprises dans la conversation cette dernière déclaration, je crus utile d'en prendre acte et de la consacrer encore davantage, en lui disantque ses paroles étaient toujours les mêmes et toujours précieuses à conserver; que je me rappelais celles que M. de La Ferronnays avait transmisesdanssacorrespondance, après une conversation avec lui sur le même sujet, au mois de mars 1821 à Laybach. (Paroles que La Ferronnays m'avait données hier, exactement tirées de ses notes.)
« Nous vous laisserons libres de juger la question et de la résoudre. Si votre prudence et la nôtre ne peuvent empêcher l'Espagne de vous attaquer,
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alors par suite de nos traités, le jour où ils vous déclarent la guerre, ils nous la déclarent à nousmêmes. Cependant nous ne ferons que ce que vous demanderez de nous; rien sans voua: avec vous età votre demande, tout ce que vous voudrez. »
L'empereur parut flatté de ce que je le montrais ainsi conséquent avec lui-même. Il se rappelait parfaitement ces paroles; il les confirmait; et moi je lui répétai que je n'en demandais pas d'autres.
L'empereur énonça une ou deux phrases qu devaient me faire pressentir ce que m'avaient déjà indiqué depuis deux jours les conversations des divers chefs de cabinet, du projet de quelques-uns d'entre eu.\ de me demander de nouvelles et précises explications sur les divers cas ob nous nous croirions attaqués, ou obligés de rappeler notre ministre. 11 me dit qu'on me demanderait à la conférence confidentielle qu elques explications sur les casus fœderis ; je répondis que j'étais toujours prêt à donner toutes celles que la bonne foi et la franchise pouvaient appeler ; mais qu'il me paraissait bien difficile et peu convenable de prévoir et de préciser ces divers cas. J'eu donnai pour exemple les derniers faits d'Espagne, dont j'étais informé par les lettres du 10, que j'avais dans ma poche; cette motion ou discours de M. Canga Arguelles, signée par cinquante-deux autres députés aux Cortës, où flagornant la nation française, on voulait la séparer du gouvernement du Roi, et accuser celui-ci de tendre uniquement à la faire reculer de quelques siècles, et de favoriser au dehors comme au dedans les ennemis de la liberté. Il était évident que si une pareille inconvenance.
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