‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 52 sur 130 · CCLIV. — LE VICOMTE DE MONTMOHENCy AU COMTE DE VILLËLE · texte numérisé non relu

CCLIV. — LE VICOMTE DE MONTMOHENCy AU COMTE DE VILLËLE

<[ Vérooe, ce 1 novembre au soir.

« J'apprends, mon cher collègue, qu'un jeune homme attaché à la légation ruase part pour Paris dans une heure ; quoiqu'il doive s'arrêter à Milan, et peut-être dans quelques autres endroits, j'en profite pour voua accuser réception de votre lettre chiffré© du 3i, que j'ai reçue hier par l'envoi qu'a fait M. le baron Vincent. Je suis charmé des bonnes nouvelles de l'intérieur que vous voulez bien me donner. C'en serait une qui m'affligerait, que l'obligation imposée & M. de Corbière de se séquestrer des affaires pour soigner uniquement sa santé ; je ne veux pas supposer, même comme possible, qu'un tel parti puisse être pris avant mon retour, et que le Conseil puisse avoir la grande et difficile tâche de proposer au Roi des candidats pour des fonctions si importantes. Veuillez parler à lui et à M. de Peyronnet de mon intérêt bien sincère pour leur santé. Je ne traiterai pas ici les matières politiques, sur lesquelles voire dernière dépêche ne renferme pas de nouvelles notions. On est toujours occupé ici du travail dont je vous ai parlé. J'ai eu l'honneur encore aujourd'hui de causer plus d'une heure avec l'empereur Alexandre ; mon premier courrier vous portera le récit de cette conversation, dans laquelle j'ai répété ot confirmé l'explication que j'avais déjà eue avec le général Pozzo, et de plus opposé respeclueusement quelques graves considérations à l'ardeur trop géné-

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192 NOVEMBRE t822.

reuse de l'empereur. Adieu, mon cher collègue, il me tarde de vous annoncer une ou deux conférences de plus, et puis mon départ. J'ai fait remettre par une bonne occasion au Pont-de-Beauvoisin, en la faisant recommander au directeur de la poste, une lettre que j'avais reçue du duc de Laval pour voua, par le retour du courrier qui a porté les pièces attendues k Rome. Les nouvelles du pape, du 4, sont toujours très bonnes. Vous connaissez, mon cher collègue, mes inviolables sentiments.

<< HONTHORENCY. »

GGLV. r.E COMTE DE VILLÈLE AU VICOMTE

DE MONTMORENCY

« Paris, le 8 novembre 1822.

« Mon cher collègue, je profite d'une occasion que m'offre M. Rothschild, pour vous donner avis que par suite d'indiscrétions et de mensonges débités hier à la Bourse au sujet des dispositions du Congrès, nos fonds publics ont éprouvé une baisse de deux francs sur les cours cotés et de . trois francs.cinquante dans les affaires qui suivent la tenue de la Bourse. Comme ce que vous m'aviez marqué n'était connu que du Conseil, que j'avais eu

et sous clé les dépêches

lez transmises ; comme

aucun banquier élran-

l'attentîon de garder chez moi

et les pièces que vous m'avi

enfin aucun ambassadeur, ni

ger, n'avait reçu de courrier en même temps ni

depuis, j'ai du rechercher d'où pouvaient être partis

ceux de ces bruits qui avaient quelque analogie

avec les dispositions du Congrès, et je me suis assuré,

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par des pièces que j'ai sous les yeux, que M. Achille Jouffroy entretient ici, sur ce qui se passe au Congrès, la cori'espondance la plus exacte, la plus suivie, puisqu'elle est eu forme de journal, et la plus dangereuse par la direction violente qu'il lui imprime. Il court dans Paris une pièce intitulée : » Note remise (1 le 23 septembre, à Vienne, àM. de Montmorency par « M. Achille de Jouffroy », qui n'a pas peu contribué à accréditer le bruit que le dernier courrier nous avait apporté la nouvelle que, mettant vos instructions de côté, voua aviez signé avec l'Autriche, la Russie et la Prusse, une déclaration de guerre à l'Espagne. Le journal dont je vous ai parlé porte, sous la date du 28 octobre, la note que vous avez remise, son objet, et les dispositions des divers cabinets sur la réponse à vous faire. Le Roi et moi y sommes représentés comme ayant laissé surprendre nos secrets ici par WellingLon, à son passage. Eufîu le danger et l'inconvenance, soit pour vous, soit pour le gouvernement, de l'existence de pareilles intrigues, sont tels que je me hâte, aussitôt après tes avoir découvertes, de vous les communiquer pour que vous en préveniez la contiDuation. Cette lettre n'étant à d'autre lin, et n'ayant qu'un moment pour vous écrire, je finis en vous assurant, ainsi que tous nos messieurs à Vérone, de tous nos sentiments.

(1 Les nouvelles d'Espagne portent à croire que Quesada a élé battu du côté de Vittoria; que la perte de Castelfollit a beaucoup coûté aux troupes de la Régence, repoussées aussi sur un autre point où était Miltans, et attaquées par les habitants du

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pays après leur défaîte, comme cela arrive ordinairement partout, mais surtout en Espag:ne. Rien de nouveau do Madrid.

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