‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 59 sur 130 · L:,q,t,=c.DïGoogle · texte numérisé non relu

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226 KOVEHBBË 1823.

vôtres, de toutes les lumières que m'a mis k même de recueillir une suite d'observations continuées depuis deux mois et de rapports intimes avec les principaux souverains ou leurs ministres. C'est dans une telle occasion que je ne craindrai pas de me faire rapporteur. Si on le désire, en une heure ou deux de discussions orales, nous avancerons plus, ce me semble, que par les correspondances les plus volumineuses. C'est pourquoi j'abrégerai celle-ci, quand je vous aurai mis au fait de ce qui regarde les casus fœderis : je traite ce sujet assez à fond dans ma dépêche officielle. J'ajouterai seulement ici que, dans cette convention entre quatre,àlaquel]euousavons donné le nom le plus simple Ae procès-verbal, ^oxa constater moins l'absence du cinquième, chacun, on peut le dire, a conservé la nuance particulière de son opinion, ou de sa situation actuelle. Nous réclamons toujours la liberté de notre décision, en recevant avec reconnaissance, surtout comme appui moral, les promesses éventuelles de secours. Nos alliés continentaux désirant nous montrer de la confiance et surtout prononcer leur éloignement pour les principes d'un danger commun. La Russie, toujours la plus ardente entre les trois, ayant parlé la première d'une réciprocité, qui lui offrait quelques chances de plus de s'en mêler, réciprocité que nous pouvions restreindre, à cause des différences de localité, mais non pas contester tout à fait sans mauvaise grâce. Enfin le plénipotentiaire anglais, avec qui nous avons eu ces jours-ci plusieurs conférences très amicales des chefs de cabinet, toujours difficuUueux sur tout ce qui est principes, et renou-

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LETTBES DE M. DE HONTHOBB>CV. 23T

velanl de temps en temps ses efforts pour désunir les quatre, ou obtenir une inaction complète ; mais quand on lui oppose des résolutions prises comme des faits, revenant à dire qu'il ne peut pas y concourir directement, mais que le fond de son désir est le même, son intérêt surtout très vif pour la paix en France, et que son gouvernement fera tout ce qui dépendra de lui pour ménager de tels intérêts. On a poussé très loin la condescendance dans tous les détails pour le duc, et c'est ce qui vient de nous déterminer, conformément à son désir et au nôtre aussi de ne pas signaler la séparation, à décider qu'il n'y aurait point de protocole en règle, même pour la première séance générale, et point de pièces annexées : celles qui ont été communiquées resteront comme de simples pièces de cabinet. Nous n'avons eu aucune raison de nous y opposer, puisque les formes les plus simples et les moins officielles nous conviennent toujours pour évilerles responsabilités de tribune.

V Au point où nous en sommes, je vous invite à réfléchir beaucoup, ainsi que nos collègues, aux grands intérêts dont nous allons avoir à décider, pour soumettre au Roi une résolution digne de lui. Je vous demande, et je suis sûr de l'obtenir, de ne pas vous arrêter d'avance à aucune opinion positive, avant d'avoir entendu beaucoup de développements que la conversation seule peut vous donner. Je vous demande surtout de vous prémunir contre l'influence et les sollicitations anglaises qui vont vous assaillir, en parlant tantôt principes, tantôt prudence. Il est vrai que leur organe, le chevalier Stuart, ne rendra

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pas tout cela très séduisant; mais il pourra bien y avoir d'autres démarches, et de la part de M. Canning lui-même, et de la part du duc, si celui-ci me suit de près. Je suis sûr du moins, et les autres ministres sont ici dans le secret, qu'il se flatte encore d'avoir quelques chances pour obtenir à Paris la désunion sur laquelle il a échoué à Vérone. C'est un motif déplus pour nous de penser au mauvais efl'et que produirait un tel succès sur la Russie. Un autre effet d'opinion me semble devoir fttre prévu et soigné. On s'est agité et l'on s'agite encore sur mon retour et sur les nouvelles de Vérone. Il est clair que je n'apporte rien en ce genre pour satisfaire le public. La seule chose matériellement terminée, ce procès-verbal des casus fœderis, est de nature à rester secrète, et on se l'est promis jusqu'à nouvel ordre ; l'autre aiïaire, tout éventuelle et soumise à la délibération du Conseil, demande un secret plus impérieux encore. II serait donc bien fait de préparer l'opinion par les journaux à un peu de confiance et d'attente, que tant de circonstances semblent justifier. Ce soin, qui a beaucoup de rapport avec l'intérêt de vos fonds, est digne de votre bon esprit et de votre habileté, mon cher collègue.

(( Je vous avais annoncé quelques détails de plus sur la conversation dernière que j'ai eue avec l'empereur Alexandre. Mais en ta repassant dans mon esprit, je ne vois que la confirmation des premières, et certaines additions que je me réserve de placer dans l'occasion où elles seront applicables. Je crois y avoir surtout combattu avec avantage et détruit, je l'espère, une disposition, d'après des lettres re-

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çues de France, à supposer un certain afPaiblisse- 'meat des principes de notre ministère, et quelques nuances très prononcées d'opinion dans les membres qui le composent.

« Lo roi de Sardaigne, outre son idée positive d'une évacuation successive du Piémont, commencée dès à présent et finie avant un an, m'a parlé du prince de Carignan en termes plus favorables que je ne l'espérais. Il conserve encore bien des préventions et demande du temps pour croire à sa sincérité complète ; mais il paraît recevoir avec plaisir les bons renseignements; et j'ai su en outre que le roi et la reine viennent de répondre pour la première fois à la lettre que le prince leur a écrite pour la naissance de son second fils. D'un autre côté l'empereur de Russie m'a montré aujourd'hui même des dispositions très favorables pour ce jeune prince. Il m'a même assuré qu'elles étaient partagées par les autres souverains, et qu'on pouvait se Oatter d'améliorer son sort. Dans ma dernière conversation de demain avec le prince de Mettcrnich, je ferai mention de ce sujet, comme de Ions les autres relatifs à l'Italie, qui vont du reste être confiés au zèle éclairé de nos plénipotentiaires. J'ai dû engager ceux-ci à consulter M. de Serre pour ce qui regardait Naples. J'ai autorisé cet ambassadeur à y retourner bientât, et au plus tard quand le roi de Naples partirait pour ce voyage de Vienne, dont on ne peut pas le détourner. Je me réserve de vous parler de M. de Serre à mon retour,

« Je finis le 20 au soir cette lettre, peut-être un peu long;ue, au milieu des préparatifs d'un départ,

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et pour un homme qui doit suivre de près avec un portefeuille bien rempli. Je suis heureux de penser que je vais incessamment porter aux pieds du Roi l'hommage de mes profonds respects, et vous renouveler de vive voix, ainsi qu'à nos autres collègues, l'assurance de mes inviolables sentiments. Je serai content si le Roi l'est, ainsi que mes collègues.

» HONTklOREMCT.

« Je vous expédie M. de Fitz-James et Lalot. Je demanderai avec impatience sur mon chemin des nouvelles des élections. »

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