‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 65 sur 130 · MÉMOIRI:: DU DUC DE RAL'ZAN · texte numérisé non relu

MÉMOIRI:: DU DUC DE RAL'ZAN

pas la plus puissante de celles qui peuvent înlluer sur les déterminations du cabinet de France, doit cependant avoir quelque poids et mérite quelque attention. » Uoe circonstance qui a déjà eu, et qui aura encore une grande influence sur toute grande affaire européenne, c'est l'intimité qui règne entre l'Angleterre et l'Autriche. On est en général, en France, trop porté à supposer à la première une politique isolée et du dédain pour tes alliances du continent. Elle met beaucoup d'importance, et depuis plus d'un siècle, l'histoire le prouve, à celle qu'une utilité réciproque lui a fait contracter avec l'Autriche, et celle-ci n'y en met pas moins. En effet, elles désirent l'une et l'autre également que la France reste dans l'état de repos et de faiblesse qui, depuis huit ans, l'empêche de jouer ua rôle dans les grandes transactions politiques de l'Europe, et que l'empereur de Russie ne se Hvre pas à toute l'ambition que l'état actuel de son empire et celui de ses voisins pourraient faire naître en lui. Sur ces deux points, l'Autriche a encore un intérêt plus direct et plus vif que l'Angleterre, Un long repos peut seul, en eilet, consolider les nouveaux développements qu'a pris sa puissance. La situation de ses affaires en Italie, les chances qui semblent s'y préparer pour elle dans l'avenir, tout lui donne une crainte jalouse de la France. Elle veut imposer à l'Italie, qui pourrait encore se réveiller à la voix de la France, ce repos dans lequel les peuples fatigués de longues agitations s'assoupissent engourdis par une domination monotone. Une crainte du même genre pour ses provinces polonaises lui ferait re-

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douter toute rupture avec la Russie. L'Autriche a donc un juste effroi de tout ébranlement politique, comme de tout mouvement révolutionnaire.

« Une telle conformité de dispositions a dû contribuera attaclierau système de l'Autriche la Prusse, dont la politique s'est fort modiliée depuis quelques années. L'ancien système de cette puissance avait toujours été de disputer à la cour de Vienne la principale influence dans l'Empire, en se servant tour à tour de l'appui d'une des grandes puissances étrangères à l'Allemagne ; et même encore après la Restauration, les anciennes habitudes, des ressentiments récents, les événements de la guerre et les négociations qui les ont suivis, l'avaient entièrement livrée au système de la Russie. Mais depuis qu'elle s'est arrêtée à l'entrée de la carrière qu'elle avait paru ouvrir aux peuples de l'Allemagne pour captiver leur bienveillance, depuis qu'elle a considéré avec effroi le peu d'attachement de ses sujets, elle s'est fort détachée d'une alliance qui blessait la vanité de la nation par le rôle subalterne qu'elle y jouait, et s'est beaucoup rapprochée de la cour de Vienne. Dans sa volonté de comprimer l'esprit d'agitation des peuples, dans le sentiment de sa faiblesse intérieure, elle a compris qu'elle devait renoncer à lutter dans la Confédération germanique contre l'Autriche; que, loin d'acquérir par là une véritable influence, elle appellerait en Allemagne une influence étrangère ; que le seul moyen d'affirmer sa puissance, de rattacher tant de parties de sa domination disjointes et sans harmonie entre elles, était un repos complet. Toutes ces considéra-

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HÉMOIKE DU DOC SE RAtIZAK. ÎBI

lions lui ont fait préférer ralliance de l'Autriche, également engagée dans le système de compression des idées de changements, également intéressée à la prolongation du repos de l'Europe. Les deux puissances ont sans doute vu dans ces nouveaux rapports l'espérance d'amortir la fermentation de l'Allemagne, et te moyen de former au centre de l'Europe une grande force défensive, parfaitement rassurante contre la France, et la seule qu'on pût tenter d'opposer à la Russie. On doit donc être pénétré de l'idée que la Prusse, dans de telles circonstances, ne peut plus être une alliée pour la France, qu'elle croit voir k la première agitation en Europe lui redemandant à main armée la rive gauche du Rhin ; elle n'attend rien d'elle, ne lui demande rien, la redoute et frémit au seul bruit d'un développement de force militaire chez elle, ou à la moindre commotion politique. Ainsi, comme l'Autriche et l'Angleterre, la Prusse veut que la France reste telle qu'elle est aujourd'hui, et elle se joindrait aux deux autres pour l'empêcher d'augmenter sa puissance. A l'égard de la Russie, le concours de ces trois puissances dans les mêmes vues ne les mènerait pas au même résultat, parce que les dangers qu'elles courraient en cas de guerre, seraient fort différents. Elles uniraient leurs efforts dans les négociations pour arrêter l'ambition de l'empereur Alexandre ; mais, une fois l'épée hors du fourreau, il est fort douteux que l'Autriche et la Prusse voulussent continuer à s'opposer à la Russie. Il est probable qu'elles s'uniraient plutôt à elle pour partager les dépouilles des vaincus.

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« Une suite naturelle de ces rapports, c'est que la cour de Vienne cherchera toujours, autant qu'elle le pourra, à empêcher qu'il ne se forme des liens réels entre la France et la Russie, combinaison qiii pourrait étrangement déranger son système. Ainsi elle ne laissera que forcément l'empereur Alexandre lui échapper. Depuis quelque temps, il est vrai, elle l'a dominé avec beaucoup d'adresse; mais elle connaît la latitude de l'influence qu'elle peut exercer sur lui ; elle ne tentera pas d'en dépasser les bornes, tant qu'elle espérera pouvoir la conserver,

« Mais quittant ces considérations générales et passant à l'alTaire qui occupe toute l'Europe en ce moment, on eût pu facilement croire que l'Autriche appellerait la guerre d'Espagne de tous ses vœux, et se joindrait à Alexandre pour y exciter la France, En effet la conduite qu'elle a tenue, les principes qu'elle a émis, et qu'elle a fait valoir avec tant de force auprès de l'empereur de Russie, la nécessité d'entrer dans les vues de ce prince au moment où elle vient de le détourner, au nom de la conservation de l'ordre social, d'une lutte avantageuse avec la Turquie, les craintes qu'elle doit concevoir pour l'Italie, le plaisir de voir la France engagée dans une entreprise coûteuse et embarrassante, tout semblait devoir l'y porter. Mais les raisons qui l'en éloignent ne sont pas moins puissantes. L'Angleterre y est opposée ; la manière dont l'Italie est comprimée ne laisse que des craintes légères à des maîtres qui ont renoncé à s'y faire aimer; on ne craint plus que la contagion révolutionnaire gagne la France; l'empire que le prince de Mettemich a exercé sur l'empereur

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de Russie, lui a donné une juste espérance de l'amener à consentir à partager les idées de l'Autriche sur l'Espagne, comme il les a partagées pour la Turquie, ou plutôt à être amusé dans une afTaire comme il l'a été dans l'autre ; on craint qu'une expédition heureuse en Espagne ne place la France dans une position trop favorable, ne réveille en elle l'ambition, ne la présente à Alexandre comme une puissance avec laquelle il peut désormais s'allier; ou que des revers, des obstacles, n'appellent les armées russes à travers l'Allemagne sur les bords du Rhin ou en Italie. Telles sont probablement les raisons qui, avec le penchant qu'a le prince de Metternich à ajourner les difficultés, ont décidé le cabinet de Vienne, non seulement à ne pas désirer la guerre, mais h chercher à amortir l'ardeur de l'empereur Alexandre. Ainsi, ne voyant pas de bon œil que la France fasse une afTaire particulière à elle de l'affaire d'Espagne, ne voulant pas heurter les idées de l'empereur de Russie, mais en paralyser l'effet, et voulant satisfaire l'Angleterre, le cabinet de Vienne a fait substituer à l'action que la France paraissait vouloir exercer, une série de démarches communes des membres de l'alliance, qui paraissent à la Russie devoir infailliblement amener la guerre, et qu'il se promet de rendre illusoires s'il le peut.

« La France, qui parait avoir désiré que l'affaire d'Espagne fût considérée comme la regardant spécialement, et éviter de paraître l'instrument de l'alliance dans les cas où il y aurait pour elle nécessité d'employer la force des armes, aurait pu ne rien demander au Congrès et attendre que les autres

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puissances se fussent expliquées et entendues, pour profiter de la diversité de leurs avis et rendre nulle toute action qui ne serait pas la sienne propre. Elle a pris une autre voie, et l'on a profité de l'espèce d'initiative qu'elle a réclamée, pour lui donner l'apparence d'être venue réclamer l'appui des puissances, et avoir été gênée par l'opposition de l'Angleterre. D'un autre côté, au moyen de ces démarches communes, qui ont été proposées simultanément avec cette promesse vague d'un appui assez inutile pour elle, on a à peu prës donné à ce qu'elle peut se décider à faire en Espagne, le cachet d'un arrêt de la Sainte-Alliance.

" La démarche que les alliés vont faire, que nous nous y joignions ou non, auprès du gouvernement espagnol, va très probablement les conduire au rappel de leurs agents diplomatiques. Elles le désirent toutes les trois et l'ont déjà proposé, La Russie, parce qu'elle y voit le prélude d'un état de guerre; l'Autriche, parce que c'est une mesure qui n'a pour sesintérêts aucune conséquence, bonne ou mauvaise, qui la débarrasse de tout rapport gênant avec un gouvernement révolutionnaire, et qu'il offre un moyen facile de paraître partager les idées de la Russie, qu'elle veut ménager. Elle se trouvera à l'égard de l'Espagne précisément dans la même situation qu'à l'égard du Portugal, à'où elle a rappelé son ministre sous un prétexte fort léger.

n Si la France juge qu'il y ait trop d'inconvénient pour elle à prendre part à cette démarche générale des puissances du continent, elle est placée avec moins d'avEintage pour refuser, depuis la manière

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dont elle a para réclamer l'appui de ses alliés ; mais il n'en arrivera rien de fâcheux de la part des trois puissances coatioeotales. L'Anlriche et la Prusse en seront probablemeot fort aises ; l'empereur de Russie en aura seulement de l'humeur. Il a déjà trouvé la France trop peu décidée dans celte question -là. Dans le momeal actuel, il parait compter qne les démarches convenues vont nous conduire à la guerre, il nous promet tout son appui et celui de ses alliés. Pent-ètre voit-il là une occasion de mortifier r.\nglelerpe, contre laquelle lui et son cabinet paraissent avoir de jour en jour plus d'aigreur.

Il Si au lieu de cela la France se décide à rappeler son ministre et à faire la guerre. l'Autriche ne s'y opposera pas et se réservera pour l'avenir. L'Augleterre, à moins que des raisons très fortes ne l'y contraignent, ne prendra pas ouvertement la cause des Cortès, de peur des conséquences qu'un pareil parti pourrait avoir en Orient. Elle se tiendra prête à profiter de nos fautes ou de nos malheurs, et s'occupera des arrangements favorables à son commerce qu'elle se flattera de faire ratifier par le gouvernement futur d'Espagne quel qn'tl soît.

« La France peut donc prendre le parti qui lui semblera le meilleur, sans avoir beaucoup à craindre de l'effet qu'il produira sur les cabinets du continent. Il lui reste à juger les nouveaux rapports de l'Angleterre avec le gouvernement espagnol, et ceux qui se sont établis entre ses sujets et ce même gouvernement, rapports qui pourraient peut-être devenir assez importants pour gêner le ministère anglais, ou lui fournir des prétextes.

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<i En résumé, c'est à Paris et à Londres que l'affaire va se traiter. Le Congrès se sépare daas la meilleure intelligence possible; et les affaires de l'Italie ne fournissent de sujets de mécontentement à aucune des puissances qui y sont représentées. »

CCLXZI. LE VICOMTE DE CHATEAUBRIAND AU COMrB

DE VILLËLE.

« Vienne, ce 30 novembre 1822.

« Je profite, mon cher ami, du départ de M. Ouvrard, qui se met en route demain pour Paris, pour vous écrire quelques mots. Les deux jeunes gens, Lagrenée et Castelbajac, sont arrivés ce matin. Ils nous ont apporté votre note à M. Canning. M. de Caramau l'a montrée au prince Metternich, qui a dépêché sur-le-champ un courrier à Milan pour en instruire le duc de Wellington, qui nous a quittés ce matin, et qui est allé coucher à Milan. Vous sentez que le prince l'a trouvée vive. Vous devez en savoir maintenant les résultats.

« M. de Montmorency a dû arriver aujourd'hui même à Paris, en sorte que vous pourrez prendre un parti du 1 "au 3 de décembre, et que nous pourrons avoir un courrier du 8 au 10. Mille raisons me font désirer extrêmement qu'il arrive, afin que je puisse partir. Je ne suis bon à rien ici, où il n'y a plus rien à faire, et je serai utile à Paris ou à Londres. L'empereur de Russie part le 13, et chacun est pressé de quitter Vérone, Les lettres que je reçois m'inquiètent un peu; il mcsemblequ'ilyaà Paris de l'agitation et des divisions. Quoi qu'il arrive, mon

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cherami,iesuisàvous.Comptezsurmoi. Mais il est temps encore de m'écouter: jetez de l'eau sur le feu; placez DOS amis; tout finira. Quand les affaires du dehors sont si impoTtanls, n'allez pas y foire inter^ venir les tracasseries de rinlérieur.

» Après-demain lundi, nous vous expédierons un courrier avec les pièces diplomatiques qui sont demeurées ici.

« Il est possible que je ne vous écrive plus avant de quitter Vérone, car je n'ai plus rien à vous dire, sauf dans un cas extraordinaire. Je vous le répète en finissant : mon parti est pris; vous ferez de moi ce que vous voudrez. Je suis déterminé à vous suivre dans la bonne et dans la mauvaise fortune. Si vous restez, je reste ; je surs si vous sortez. Tout à vous et pour la vie. »

« Chateaubriand. »

cclsxll. — le vicomte de chateaubriand au comte de villële.

« Vérone, ce 3 décembre 1822.

« Voici vraisemblablement, mon cher ami, la dernière lettre que je vous écrirai de Vérone, à moins d'événement. Nous attendons votre courrier du 1 0 au 1 1 , et je partirai immédiatement après son arrivée. Les affaires d'Italie sont finies et aussi bien que possible pour la France, vu les circonstances. L'évacuation du Piémont commencera le 1" janvier et sera complétée le 1" septembre. On retirera quelques troupes de Naples et on diminuera la contribution en argent. Il n'y aura point de tribunal

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commun en Italie, et le prince de Carignao ne sera pas exclu de la couronne. Ainsi les intentions du Roi sont remplies.

« Je vous ai écrit de longues lettres sur nos affaires d'Espagne, mais au moment où je vous écris à présent, votre parti doit être pris. Ainsi, eo vous parlant encore de l'Espagne, je ne ferais que rabâcher,

« A présent, mon cher ami, encore un dernier mot sur vos intérêts particuliers ; mon dévouement m'a acquis le droit de vous importuner. Je vais sans doute être obligé d'aller à Londres. Je ne serai pas à Paris pour prêcher la concorde et vous réunir des voix dans la Chambre. Vous y aurez sans doute une grande majorité ; mais songez bien qu'une opposition royaliste contre un ministère royaliste, si faible qu'elle puisse être, est ce qu'il y a de plus déplorable et qu'à la longue elle réussira. Vous pouvez tout finir, tout aplanir, en plaçant quelques hommes. Vous allez renommer votre Conseil d'État ; placez Bertin sur le tableau ; mettez Delalot au Culte, Bouville à Rouen, préfet. Faites quelques autres arrangements et vous êtes ministre pour la vie. Quand j'insiste tant, mon cher ami, qu'ai-je en vue? Vos intérêts et ceux de la France. Que pourrait-il m'arriver à moi? deme retirer avec vous, et vous savez par expérience que je fais bon marché des places. Si quelque malheur arrive, mon cher Vilièle, vous vous souviendrez des conseils persévérants d'uue amitié aussi sincère que désintéressée. Tout à vous.

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« N'oubliez pas non plus de rendre à VitroHes son miaistëre d'État. Si La Bourdonnaye est accessible, désarmez-le. Avancez Agîer; mettez-le au Conseil d'Etat et qu'on lui rende l'arriéré de ses appointements.

« Cette lettre vous sera remise par le jeune Flavigny, mon ancien attaché à Berlin ; il est plein d'esprit et d'intelligence. »

CCLXXnt. — LE VICOMTB DE CHATEAUBRIAND AU COMTE DE VILLÈLE.

a Vérone, ce jeudi soir 12 décembre I82S.

« J'ai reçu, mon cher ami, votre lettre du S de ce mois, vingt-quatre heures avant celle du 28 du mois passé. Aussitôt que la première m'est parvenue, j'ai couru chez le prince Metternich et j'ai eu ce matin avec lui une longue conversation de la dernière importance. L'empereur de Bussie m'a accordé une audience et ce généreux prince m'a parlé pendant plus d'heure avec un intérêt pour le Roi et pour la France véritablementadmirable. Le prince Metternich est d'avis que j'aille moi-même rendre compte à Paris de ces conversations. J'avance en conséquence mon voyage de trois jours ; j'irai vite et, sauf les retards au passage des montagnes, j'espère arriver du 18 au 20. En deux mots les trois puissances ne retireront pas leurs notes et les feront partir pour Madrid, en nous accordant toutefois quelques jours pour agir avec elles si nous le voulons; mais elles conçoivent que le moment n'est peut-être pas opportun pour nous, et que nous pou-

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vons désirer agir un peu plus tard qu'elles. £<e prince Metternicb a saisi cette idée que je lui ai suggérée, et vous voyez quel parti vous pouvez en tirer. Od peut faire partir une note en même temps que celle des alliés, note à la fois comminatoire et conciliatrice. Notre ambassadeur peut rester un moment après la retraite de ceux des alliés, annonçant son départ et la ferme résolution de la France de ne se séparer jamais de l'alliance continentale ; mais en même temps montrant toute la sollicitude du Roi pour le salut de l'Espagne, et la suppliant d'écouter la voix de la raison avant de se précipiter dans un abîme de malbeurs. Il me semble, mon cher ami, que si l'on saisit bien celte idée, une nouvelle roule peut s'ouvrir ici devant nous. Nous pouvons arracher à l'Angleterre un rôle qu'elle se propose de jouer, celui de médiateur; et si nous sommes repoussés, la guerre est justifiée aux yeux de tout homme raisonnable. Je vous développerai tout ceci et j'espère qu'aucune détermination n'aura été prise avant mon arrivée à Paris. Demain le prince Metternicb doit me lire la dépêche qu'il va adresser à M. Vincent. Je serais trop heureux, mou cher ami, sî mes dernières paroles à Vérone n'étaient pas perdues pour le bonheur de notre pays. Tout à vous et pour la vie.

« J'espère que votre enfant se porte mieux. Vous avez été bien éprouvé depuis quelque temps. »

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SUITES DD CORGR&S DE VÊROE.

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