CCCXXVI. — LE COMTE DE VlLLÈr.E A S. A. H. M"" Llî DVC
D'Axe O0LÊME.
" Paris, le 22 avril 1823.
« Monseigneur,
a Je reçois la lettre que V. A. R. m'a fait l'honneur de m'écrire le 1 8 et je l'en remercie.
11 Nous venons d'arranger avec M. le ministre de la Guerre les moyens de solder et d'entretenir les corps espagnols formés et agissant de concert avec V, A. R. Cela convenu, si vous n'y voyez point
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366 AVItIL i623.
d'obstacle, il ne restera plus que les fonds d'entre^ tien de la junte, ou accidentellement nécessaires pour le service du gouvernement provisoire; V. A. R. pourra y pourvoir au moyen d'ordonnancements faits d'après le même mode employé pour les dépenses du commissariat civil, ou des dépenses extraordinaires de l'armée.
« Il parait, d'après les renseignements qui m'ont été fournis, que Monseigneur trouvera dans M. Bourdon, intendant de la i 0' division militaire, qui lui est définitivement offert pour intendant général de son armée, toutes les qualités qu'il réclamait dans riiommo dont il désirait l'envoi auprès de lui.
Il Je prends la liberté d'adresser à V. A. R. deux lettres pour Madrid, de la maison Rothschild à des banquiers espagnols; ces lettres, que je n'ai voulu recevoir qu'ouvertes, ont pour but de préparer Tapprovisionnement de nos caisses à Madnd, sans envoi matériel de fonds. Ce serait commode et utile à uotre service. Monseigneur jugera s'il croît convenable de donner des ordi'es pour qu'à ses avant-postes, ou par toute autre voie connue au quartier généi-al, l'envoi de ces deux lettres obtienne les facilités nécessaires à leur arrivée à Madrid.
«La r^e'mis, frégate de 48, est partie hier de Brest pour le Passage ; une division composée du Centaure, du Tridenl et de la GuerrièreyVa se montrer quelques jours le long des côtes de la Biscaye; si V. A, R. avait quelques ordres à faire passer à ces croiseurs, elle le pourrait par Rayonne.
''. J'ai l'honneur d'être, etc.
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« P.-S. — Nous volons aujourd'hui le budget à la Chambre des députés, et demain il sera porté à la Chambre des pairs. Nous avons les meilleurs renseignements de l'opinion et des dispositions de tous les points de l'intérieur. Tous les yeux, toute l'attention sont tournés vers V. A. R. Le ministère de la Guerre marchera peut-être mieux que par le passé ; le Conseil et le Roi ayant exigé de M. le maréchal qu'il rétablit un secrétariat général, où pût être contrAlée l'exécution des ordres du ministre, M. Tabarié va être définitivement appelé à ces fonctions; M. de Perceval restera au matériel, et M, deCoëtlosqiiel au personnel. »
cccxkvii, — le comtk de villèle a s, a. b. m"" le duc d'angoiîléme.
■I Paris, le 34 avril 1823.
<c Monseigneur,
« Aussitôt après avoir reçu votre lettre du 20 de ce mois, j'ai pris les ordres du Roi, qui approuve la conduite que vous avez tenue à l'égard du général portugais Silveyra et me charge de vous dire qu'il est très importaut que vous ne conserviez aucune relation ultérieure, qui puisse autoriser l'Angleterre à considérer le Portugal comme ayant de justes sujets d'agression contre nous. Il est bien malheureux que ces royalistes portugais n'aient pas mieux réussi chez eux ; il est étonnant qu'ils préfèrent agir en Espagne; il y a de l'Anglais dans tout cela. Enfin le danger de fournir un préleste de rupture à l'Angleterre est de beaucoup supérieur à l'utilité dont
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pourrait nous être la coopération Je ce petit corps portugais.
« Je pense que V, A. R, doit éviter toute relation directe avec Silveyra, et doit lui faire donner le conseil indirect de se maintenir dans son pays, et d'y profiter de l'efFet moral que doit certainement pro- . duire en faveur de sa cause la présence de l'armée française en Espagne. S'il ne peut se soutenir en Portugal et s'il persiste à vouloir combattre en Espagne les mêmes ennemis que l'armée française va y chercher, V. A. R. ne saurait l'en empêcher, mais ne doit concerter aucune opération avec lui; il faut, dans la conduite à tenir à cet égard, avoir toujours en présence le grand intérêt de ne fournir aucun prétexte à l'intervention de l'Angleterre, Il n'en sera probablement ni plus ni moins, mais il faut toujours avoir sa conscience et le bon droit pour soi. Fortement préoccupé des mauvaises dispositions de l'Angleterre et du grand intérêt qu'elle a à mettre des obstacles à la réussite de notre entreprise sur l'Espagne, je suis presque tenté de considérer Tinsurrectionde Silveyra et sa manœuvre actuelle comme une machination britannique; sans doute je suis trop soupçonneux, mais je crois prudent d'agir comme si mon rêve était une réalité.
« Je crois aussi que V. A. R. n'éprouve tant d'embarras de la part de la junte et des meneurs royalistes, que parce que les puissances du Nord favorisent et peut-être provoquent souterrainement cette tendance vers l'absolutisme. Nous sommes aux prises depuis six mois avec toutes ces difficultés; Dieu aidant, nous les vaincrons jusqu'au bout.
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Maintenant l'Autriche voudrait nous voir mettre le prince de Lucques à la tête du gouvernement provisoire à Madrid, Chaque jour amène ainsi sa proposition saugrenue.
(i Nous avons su, par le télégraphe, que V. A. R. avait appelé près d'elle M. Regnault; nous désirons bien qu'elle en soit satisfaite, et juge, avec ce nouvel intendant général, pouvoir se passer du concours de M. Ouvrard.
« J'observe toujours dans sir Charles Stuart un grand empressement de voir V. A. R. arriver h Madrid, j'en suis d'autant plus disposé à désirer que vous preniez toutes les précautions nécessaires à la sûreté de votre armée, avant de vous porter en avant. Les Anglais sont évidemment les directeurs secrets do nos ennemis en Espagne; on y a certainement conçu le plan de défense du pays, d'après la supposition que nous nous porterions sur Madrid avant d'avoir assez bien assuré nos derrières,'
« Je ne puis répondre à M. de Marlignac avant le départ de l'estafette d'aujourd'hui. J"ai lu son rapport au Roi qui en a été très satisfait; je vais l'envoyer à M. de Corbière; on ne le mettra probablement pas au Moniteur : tout ce qui touche cotte junte est horriblement délicat pour nous, et à l'intérieur et àl'extérieur. Le budget et la loi des quarante mille hommes ont été volés par la Chambre des députés; la session peut être considérée comme finie.
» J'ai l'honneur d'être, etc.
<■ J" DE VlLLÈLE. J)
CCCXXVIII. — s. A. H. M™ Le duc h ASGOULÈME AU COMTE
hz vn,Lf:i.E.
« Viltoria, 24 aTril 1823.
(I J'ai reçu ce matin, mon cher comte, voire lettre du 20, qui m'a fait grand plaisir; croyez bien que je ne vous demanderai que ce que je croirai indispeasablc pour le bleu du service du Roi, et que je ferai tout ce qui dépendra de moi pour que la campagne soit prompte et utile au pays. J'attends aujourd'hui oudemain rintendantRegiiault;je m'entendrai avec lui pour ce qu'il y aura de mieux à faire à l'égard du marché avec M. Ouvrard, et j'espère que nous le rendrons meilleur.
(c Si rien ne dérange mes projets, je compte être vers le 28 à Madrid ; je ne puis pas prévoir d'avance dans quelle position je m'y trouverai. Le brigadier don Julien Sanchez, pris à Logrono, est ici depuis avant-hier, et je l'ai fait bien traiter; j'ai même voulu que le major général lui donnât à dîner. Je ne l'ai pas vu, mais je lui ai fait parler; il est raisonnable, et si je crois pouvoir en tirer parti, je le ferai. J'ai fait donner la liberté à tous les prisonniers qui ont demandé à retourner chez eux,
'( J'ai dit à M. de Martignac le mauvais effet qu'avait fait la proclamation de la junte ; il doit vous en écrire. Je l'ai chargé de les engager à en donner une autre pour inviter tous ceux qui sont partis, à rentrer chez eux sans avoir d'inquiétude; j'espère l'obtenir en ne leur donnant de l'argent qu'à cette condition.
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LETTRE DK 5. A. R. m"" LE DUC » AKOOULÊME. 371
(( Depuis que je suis eutré en Espagne, il v a bien eu quelques menaces; mais jusqu'à présent, je ne sache pas qu'ily aiteu une seule vengeance d'exercée, el c'est beaucoup.
« J'ai déjà dit à Guilieminot, et je lui ai répété ce matin, ce que vous me mandez pour la date du télégraphe; la faute n'en est pas d'ici, mais bien de Bayonne. Après y avoir bien pensé et consulté mes généraux d'arlillerieetdu génie, je me suis décidéà ne point faire les sièges de Saint-Sébastien et de Pampelune. Ces deux places tomberont d'ellesmêmes par la suite des événements; et ce sera une grande économie d'hommes et d'argent; je me contente de les faire bloquer,
" Si je jugeais d'après les nouvelles que je recevrai, soit d'Kspagne, soit de Paris, qu'il fût nécessaire de faire occuper Madrid dix jours plus tôt, j 'y pousserais uncorpsdedixà douze mille hommes; niaisj 'aimerais mieux y arriver avec des forces plus considérables,
'< J'ai reçu ce malin des nouvelles de l'Ébre, d'Alfaro, du 21 ; ce m<>me jour, Santos Ladron était à Valtierra et le comte Molitor à Caparosso, Nos troupes étaient reçues parloutavec le mémo enthousiasme, et je suis convaincu qu'elles n'éprouveront de résistance, ni à Tudela, ni à Saragosse. D'après des lettres interceptées, le Roi el sa famille étaient arrivés le 10 à Sévilie, treize jours plus tôt qu'on ne les y attendait.
« Si vous aviez quelques ordres du Roi à me faire passer, je vous prierais de me les envoyer par le télégraphe.
" Quand les ambassadeurs des puissances étran-
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gërcs arriveront à Madrid, je les traiLerai comme ils doiventlelre, mais ils n'influeront aucunement sur ce que je croirai devoir faire ou dire.
« Si j'avais une occasion d'écrire à S. M. C, je lu ferais d'une manière un peu ferme sur ces deux points : 1° de donner ime amnistie générale, 2" d'accoider à son peuple, n'importe sous quel titre, des institutions ayant pour bases une représentation nationale,et une autorité suffisante laissée au souverain.
i( Je n'écris pas aujourd'hui à mon père. Veuillez bien lui communiquer ma lettre et compter, mon cher comte, sur toute mon estime et mon affection.
(XCXXiS. M. IlE MARTIGNAC AU COMTE DE VILLÈIX.
a Viltoria, 21 avril 1823.
« Monsieur le comte, il paraît que la proclamation lie la junte provisoire a occupé le gouvernement anglais. J'avais bien pensé que la déclaration faite par elle qu'elle ne reconnaît aucun des actes du gouvernement des Cortès, donnerait lieu à des réclamations, particulièrement à cause de l'emprunt. Je n'ai pas cru l'inconvénient bien grave.
« D'abord, ce n'est pas nous qui parlons; c'est la junte. En second lieu, cette junte est provisoire et transitoire; elle u'a stipulé que provisoirement. Sa déclaration est une conséquence du principe qu'elle a émis, que le Roi, rendu à la liberté, pouvait seul, avec le concours des hommes sages qu'il appellerait, arrêter des mesures définitives.
«D'un autre côté, la junte a dû tenir un langage
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qui lui conciliât la confiance et l'adhésion du parti royaliste, etcctte déclaration était indispensable pour atteindre ce but.
« Enfin, cette simple énonciation, faite dans des termes vagues, ne fait aucun obstacle à des concessions spéciales, et ces concessions peuvent aider à un rapprochement,
« Voilà ce que nous avons pesé lors de la délibération de cette proclamation. J'aurais mieux aimé i]u'elle ne contîntpas de déclaration de principes, et j'en avais fait l'objet d'une proposition qui a été longuementdiscutée. Cette discussion m'a convaincu que cette déclaration était nécessaire. Le bruit se répandait que nous arrivions avec une charte toute préparée, qui n'était qu'une modification de la constitution des Cortès. Cette idée éloignait de nous un grand nombre de royalistes; il a fallu la combattre, et je croîs que la proclamation qui a été, je vous assure, mûrement réfléchie, l'a fait avec assez d'adresse et de mesure.
" J'ai cru devoir vous soumettre ces réflexions, dont je présume bien que V, Exe, n'avait pas grand besoin. J'ai l'honneur d'être, etc.
cccsxx. — le comte de villële a s. a. b. m°" le duc d'angollé.he.
« Paris, le 25 avril 1823.
« Monseigneur,
« Je viens de remettre au Roi les lettres du 21 que je reçois de V. A. R. et de M. de Martignac. Le Roi
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37i AVRIL 1823.
est très satisfait de voire réponse à la junte reiativeraent au comte d'Amarante. Vous devez persister dans cette stricte et loyale observation de la neutralité à l'égard du Portugal; la junte dous semble devoir agir de même. Au reste, si comme parait le craindre M. de Martignac, le comte d'Amarante entre en Espagne et y combat les constitutionnels, ou s'empare de quelque poste important, il nous pai'aît bien suffisant de ne pas l'approuver, et de ne lui donner ni autorisation, ni secours, sans penser à le combattre ou à le désarmer. Dans la triste position où l'on a réduit l'Espagne, le devoir ne va pas jusqu'à lapréserver des inconvénients de ce petit incident. 11 suffit que, ni V. A. R., ni la junte, ne fassent rien qui puisse autoriser le Portugal, et par suite l'Angleterre, à prolonger par leur intervention la lutte que nous avons à soutenir.
« Il nous est venu ce matin d'Angleterre de meilleures nouvelles sur la disposition du ministère ; ii prétend n'avoir fait tant de bruit que pour ménager l'opinion et calmer l'opposition ; il faut prendre ces bonnes paroles pour ce qu'elles sont, et continuer à agir comme si elles pouvaient être emportées par le vent.
i< J'ai vu hier sir Charles Stuart très olFusqué d'une communication que votre junte a eu la folie d'adresser ici à tous les ambassadeurs, pour leur demander à être reconnue par leurs gouvernements, comme elle l'a élé par V. A. R.. Celui-là s'est borné à me dire qu'il ne leur répondrait pas; mais Caslelcïcala a pris la chose plus au sérieux et nous a envoyé au nom de son matlre, qu'il nous dit être le seul régent
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LETTBE DB M, DE VILLÈLE. 31ii
légitime do l'Espagne, uae protestation dans toutes les formes.
« D'un autre côté, quelques expressions de la proclamation etdcs nouvelles sur Jes légendes en faveur de l'Inquisition et du roi absolu, produisent ici sur les esprits le plus fâcheux elfet. Il faut que cette junte agisse avec beaucoup de réserve et de mesure, qu'elle se borne autant que possible à seconder les vues de V. A. R., et ne cherche pas surtout à jouer un rôle au delà de la sphère que sa création, et l'appui que la France lui accorde, bornent aux provinces occupées par votre armée.
« La sagesse de Monseigneur saura concilier ta consistance que doit avoir cette création pour lui être utile, avec la dépendance et la faiblesse dans laquelle doit être maintenue une autorité passagère, contestable et accompagnée de tant d'inconvénients.
« Tout cela ira le moins mal possible jusqu'à Madrid ; là, Y- A. R. aura h prendre un grand parti. Voici sur ce point des documents que le Roi vient de me remettre.
" M. Félix Ramon d'Alvarado y Valoustegui, qui dit avoir vu V. A, R. à Rayonne, s'est présenté au Roi ce matin, avec un pouvoir du roi Ferdinand dont je joins ici la copie sous le n° 1, et une note cijointe sous le n° 2.
« Je reviendrai dans une autre lettre sur le contenu de ces pièces, qui méritent la plus sérieuse attention, et que je me hâte d'envoyer à V. A. R. Cet Espagnol a dit au Roi que Ferdinand ne doutait pas qu'on ne parvint à l'amener jusqu'à Cadix, mais ^u'il était sûr de nous être bientôt livré si, après
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37e AVniL IS23.
avoir établi le gouveruemenl provisoire à Madrid, V. A. R. se portait rapidement sur Séville et Cadis avec une partie de sou armée, et si nos forces navales menaçaient en même temps celle ville du calé de la mer.
'I Nous ne pouvons rien ajouter, Monseigneur, à tout ce que voussavez déjà pourle marché d'Ouvrard ; il faut seulement que V. A, R, prenne en considération queradminislralion de la Guerre a fait, quoique tardivement, de très grands achats de crains, qui doivent être consommés par l'armée à mesure qu'ils arrivent, sous peine de les perdre et de payer à la fois M. Ouvrard el l'administration de la Guerre pour un seul et même service; il faut aussi utiliser les moyens de transport préparés, qui vont arriver successivement selon l'état que j'ai déjà eu l'honneur de vous adresser.
i< Il me semble que dans cette situation, si vous conservez M. Ouvrard comme munitionnaire, il faut l'obliger à commencer par utiliser les provisions el les transports du gouvernement, et n'admettre les siens propres qu'à défaut des premiers ; car soyez assuré que tout autre mode donnera lieu à la critique la plus sévère, en induisant le gouvernement en perte gratuite pour des sommes énormes.
» J'aurais bien voulu mieux connaître le personnel do rinteudance militaire et vous envoyer un homme sûr et capable ; on dit maintenant que ce X.,., auquel vous vous adressez, a fait un vol considérable à l'époque de l'occupation de la Franco; on prétend que Bourdon aurait présenté plus de garantie ; mais pourquoi donc l'a-t-on indiqué? V. A. R. aura fait
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pour Icmieuxdu ser\'iceduRo); lout sera consommé lorsqu'elle recevra celte lettre ; je ne lui donne ce renseignement que pour qu'elle sache à qui elle a alTai re .
t< Monseigneur peu tètr-e tranquille surle service des fonds; je suis trop heureux de pouvoir suppléer par là à ce qui peut iHrc en arrière dans les moyens nécessaires au succès de l'entreprise qui lui est confiée. Je le répète à V. A. R. j'aurai toujours en caisse, à' Rayonne et à Perpignan, un mois d'avance pour le service de l'armée ; j'ai seulement à demander à Monseigneur d'aider de ses ordres le caissier général pour le transport des espèces, qui se trouve doublé par les besoins, et qu'il importe qu'on fasse aider par les moyens généraux de l'armée, sans quoi il nous serait impossible d'y suflirc, surtout à présent que l'armée va s'éloigner.
" Tout est tranquille ici et nous avons les meilleurs renseignements sur la disposition des départements.
« Si l'Angleterre reste neutre, comme elle le dît; si le Nord nous laisse faire, comme il le promet; si Ferdinand est raisonnable, comme il te paraîtrait dans la communication ci-joinle; enfm et en première ligne, si Dieu continueàbénir l'entreprise conlîéc à V. A. R., qu'elle soit à Madrid à la lin de mai, après avoir balayé ses derrières, et qu'elle obtienne ou arrache Ferdinand des mains de ses ennemis avant la fin de septembre, tous nos vœux seront ac-. complis, et la France devra à V. A. R. d'être rendue à la sécurité et d'avoir repris sou rang panni les puissances de l'Europe. Tout le monde ici sent cela
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et chacun l'espère de V. A. R. ; vous ne sauiîez croire combieu de confiance et de sécurité s'attachent k votre auguste personne.
ic J'ai l'honneur d'être...
« J" DE ViLi-ÈLE. " CCCXXXI. — LE COMTE DE VILLÈLE A M. UE MAHTIGNAC.
" Paris, le 25 avril 1833.
« Je reçois, mon cher monsieur, votre lettre du 22 ; hier m'était arrivée celle du 21, J'ai répondu directement et longuement sur l'une et sur l'autre à Monseigneur. Je n'ai le temps, avant le départ de l'estafetlo, que de vous dire que le Roi a fort approuvé la détermination de Monseigneur au sujet de l'équipée du comte d'Amarante; qu'il vous enjoint de per-siater dans cette voie et que nous pensons que la junte espagnole doit s'y renfermer ellemême. Il est à croire au reste que, si le comte d'Amarante avait les forces qu'il aunonce avoir, il ne quitterait pas le Portugal, où il pourrait être bien plus utile et se faire bien plus d'honneur qu'en venant en Espagne. Vous verrez qu'il ne vous arrivera qu'avec une poignée de gens, dont vous serez peu embarrassés et par lesquels il faut surtout éviter d'être commis avec l'Angleterre, Au reste la Franco leur est ouverte : qu'ils s'y réfugient, s'ils sont embarrassés. On les y traitera comme l'ont toujours été par elle les hommes malheureux.
<( Je dis à Monseigneur comment vutrejunte nous fait tracasser par ses prétentions absurdes d'être reconnueparlespuissances, et comment elle inquiète
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LETTRE I)tl GÉNÉRAL GUILLEMINOT. 319
chez nous les amis de nos institutions al d'une sage liberté par son goût mal déguisé pour l'absotutisme et riuquisition. Prèchez-lui modération et prudence : personne no le peut mieux que vous; recevez nos compliments sur la manière dont vous justiliez sous tous les rapports la confiance du Roi, et croyez, etc.
» J" DE VlLLiîLE.
" Toutes nos lois sont passées aux Députés; la moitié sont déjà partis. Cette Chambre no pourra plus se réunir. Nous venons de porter ta dernière loi à la Chambre des pairs; le S ou lo 7 de mai, la session sera close. On nous annonce de mauvais discours sur le budget et la levée de 1824 de la part do la gauche et des doctrinaires de la Chambre des pairs. »