‹ Mémoires et correspondance du comte de VillèleChapitre 94 sur 130 · LETTRES DE M. DE MABTIGIVAC. 3G · texte numérisé non relu

LETTRES DE M. DE MABTIGIVAC. 3G

« Toute réflexioD faite, je vieas de faire reprendre ma lettre; l'affaire est si grave qu'il faut dormir làdessus. Je n'enverrai la lettre à la junte que demain, après avoir revu S. A. R. Je vous écrirai ce qui aura été tait; mais soyez tranquille. Dans aucun cas, il ne sera rien fait qui puisse troubler et compromettre nos relations avec le Portugal. J'ai revu M. de Caux qui avait déjà écrit. M. le ministre des Affaires Etrangères salira par vous le retard. »

CCCXXV, M. DE MART1GNAC AU COMTE DE VIl.l.ÈLli;.

.. Viltoria, le 22 avril 1823.

« Monsieur le comte, votre lettre du 18 m'est arrivée ce matin. S. A. R, m'avait déjàappris qu'elle avaitreçudepuisdeuxjours la réponse aux questions que j'avais soumises à V. Exe. dans ma lettre du 12. Je vous remercie d'être venu à notre secours ; nous en avions bien besoin. Soyez tranquille, au surplus, sur le ménagement de vos fonds. S. A. R. y apporte un esprit d'économie qui doittoulà fait vous rassurer,

« Je pense comme vous qu'il conviendrait de donner à nos versements à l'ttrmée espagnole et au gouvernement provisoire ta forme d'une avance et d'un prêt. La junte dit bien que ce n'est pas là co qui avait été promis, mais j'ai soin d'intéresser son amour-propre et de lui faire sentir que cette moditication tournera au profit de son indépendance et de sa juste fierté, et je crois qu'elle consentira à ce que vous désirez.

Il M. de Caux ne se croit pas, quant à présent, autorisé à proposer et à souscrire un traité destiné

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à stipuler les avances et à régler ou à promettre uq remboursement. Ses instructions l'obligent k une grande réserve et l'inviteiït à faire avec !a junte le moins d'actes diplomatiques qu'il sera possible.

H Je pense donc, et S. A. R. est de cet avis, qu'il conviendra seulement de demander à la junte une reconnaissance des sommes reçues, avec indication que les conditions du remboursement seront réglées à Madrid. Au surplus tout cela ne sera et ne peut être que provisoire, et c'est à Madrid que ces opération.i pourront être régularisées.

(1 J'ai déjà parlé à S. Exe. le ministre de l'Intérieur, des justes inquiétudes que nous donnait l'aneienne Régence, et des moyens que j'avais proposés à S. A. R. pour détacher les archevêques de Tarragone et de Valence, l'évèque de Pampelune et celui d'Urgel, de l'influence hostile de M. de Matallorida. J'avais écrit à l'évèque d'Urgel pour lui annoncer que S. A, R. l'invitait à venir prendre place dans la junte provisoire. Il m'a répondu qu'il ne le pouvait pas et qu'il désirait retourner dans son diocèse.

<i J'avais écrit aux trois autres la lettre dont je joins ici la copie, que je vous prie de lire. L'évèque de Pampelune m'a répondu en s'excusant sur son âge, sur ses infirmités, et îlans les termes les plus convenables. Sa lettre est datée de Roncevaux, L'archevêque de Valence n'a pas encore répondu.

« Mais je vous envoie la copie de la lettre que je viens de recevoir de M. l'archevêque de Tarragone et que S, A, R, m'a ordonné de vous taire connaître. Vous verrez qu'elle est tout à fait offensante et offensive, et qu'elle doit donner de justes soupçons

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sur les dispositions de celui qui l'a signée et qui habite Orlhez, où se trouve aussi M. de Matallorida.

<i Je suis loin de désirer que des hommes honorables éprouvent en France rien qui ressemble à des persécutions ; mais leui' aveuglement peut les porter à nous nuire, et dans l'intérêt d'une cause qui en définitive sera la leur, je pense qu'il serait prudent de les engager à s'éloigner de la frontière, jusqu'à ce que l'arrivée à Madrid ait donné aux choses un caractère décidé et tout à fait régulier. Je livre ces observations à votre sagesse, après en avoir délibéré avec Monseigneur.

« Je me suis acquitté de votre commission auprès de M. le major général. Ce n'est pas sa faute si les dépêches télégraphiques ne sont pas datées. Il les date du quartier général, mais le directeur du télégraphe qui est à Bayonne et qui commence ses opérations à Bayonne y substitue cette indication. Cette erreur sera rectifiée. Recevez, etc.

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