‹ Mémoires et correspondancesChapitre 31 sur 97 · I). GARRICK · texte numérisé non relu

I). GARRICK

» Vous apprendrez certainement avec plaisir qu'on a représenté hier une pièce de ma façon avec tout le succès et les applaudissements que mes amis pouvaient désirer1. » •

* Cette lettre et les lettres suivantes de Garrick ont été écrites en anglais.

Il y avait juste un mois que Garrick avait quitté Londres, lorsqu'il écrivit cette lettre. Il était encore à Paris, et non pas en route pour l'Italie, comme le dit Grimm (t. m, p. 511, première partie' ; autrement il n'eût pas été en état d'écrire à Suard qu'on avait représenté hier une de ses pièces. S'il eût été déjà en route pour l'Italie, comme il y alla en effet dans ce même temps, il n'eût pu recevoir luimême la nouvelle de la représentation de sa pièce que quelques jours au moins après cet événement.

L'enfant dont il parle est quelque dissertation apologétique sur Shakespeare, le dieu qu'il idolâtre, mais à l'égard duquel les Français, prévenus surtout parles jugements de Voltaire, se montraient alors très-irrévérencieux. Aussi Garrick ne pardonna-t-il jamais à Voltaire tout le mal qu'il en avait dit dans Y Appel aux nations et dans ses Commentaires des pièces de Corneille, après l'avoir préconisé dans ses Lettres anglaises. Mais la critique était postérieure à l'éloge et l'avait fait oublier. Pour Garrick, il ne se découragea point, et environ douze ans après, il eut la satisfaction de voir, grâce à sa persévérance et au concours que lui prêtaient ses amis, les philosophes, la question de Shakespeare agiter de nouveau les esprits en France, et les dames elles-mêmes se passionner pour lui. C'est sans doute la difficulté où elles étaient de se mettre d'accord, qui engagea le chevalier de Chastellux à poser à Garrick quelques questions sur l'objet de leurs dissentiments, et à prier cet auteur de les résoudre et de les lui transmettre. On verra par la lettre suivante ce qu'il advint de la réponse de Garrick.

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