MADAME DECKER A SU A RI
« Votre charmante et sensible lettre sera, monsieur, une des époques de ma vie ; car, dans son uniformité, je les ai toujours marquées par mes sentimens et par les émotions qu'ils m'ont fait éprouver. Je relirai souvent ce touchant témoignage de l'estime dont vous me jugez digne, et je m'applaudirai chaque fois d'avoir si bien choisi les objets de mes affections.
» Voici la petite note que vous me demandez, monsieur; si vous voulez plus de détails, je les donnerai avec empressement ; je suis si convaincue de la préférence que méritent les hospices sur les hôpitaux, qu'un de mes vœux les plus chers seroit rempli, si l'on multiplioit ce genre d'établissemens.
» Ce 14 mars (1790). »
Personne n'ignore qu'on doit à madame Necker la fondation à Paris de l'hospice qui porte son nom. C'est l'acte le plus éclatant de sa bienfaisance et de son humanité; mais ce n'est pas le seul. Il faut lui passer la préférence qu'elle donne ici aux hospices sur les hôpitaux; cette préférence était alors justifiée; elle ne le serait pas aujourd'hui.
Je donne les deux lettres suivantes sans commentaires. Il n'est pas aisé de deviner quel en est l'objet; on voit seulement que cet objet était peu important.