CCXC.Vni. s. A. R. M'" LE DUC d'aNGOULÊME AU COMTE
DE VILLÈEE.
« Bayonne, ce 4 avril 1823.
« Monsieur le comte de Villèle,
« J'ai reçu hier vos deux lettres du 31. Je resterai avec Tarmée et je ferai tout ce qui dépendra de moi pour bien servir le Roi. J'ai offert au duc de Bellune le commandement en second de l'armée sous moi, en gardant Guilleminot comme il est; il l'a refusé, m'a témoigné être pénétré de mes bontés, et compte repartir incessamment pour Paris y reprendre ses fonctions, oii il peut être utile au Roi, après avoir vu par lui-même combien il a été trompé sous le rapport des vivres et des transports. Vous m'autorisez à prendre beaucoup sur moi, cela est nécessaire et je le fais.
(( 1° Le crédit de deux millions quatre cent mille francs, ouvert par le ministre de la Guerre à l'intendant en chef pour le service d'avril, a été reconnu insuffisant. Les rapports des divers chefs de service que je viens de rassembler, et les demandes de l'intendant en chef pour ce même mois, ont porté l'évaluation des besoins à six millions ; il est nécessaire que cette somme soit assurée aux caisses de l'armée avant son départ et je viens de donner des ordres en conséquence.
« 2" Je viens d'ordonner que les fonds sans emploi dans les caisses des régiments soient déposés dans les caisses de la Trésorerie de l'armée, et qu'il soit
:ilO AVRIL 1823.
remis aux régiments, en remplacement de ces fonds, des traites du caissier central payables à Paris, avec faculté de les faire payer, selon les besoins des régiments, aux caisses de la Trésorerie de l'armée.
« 3° Nous avons fait avec Martignac quelques changements à la proclamation : je la joins ici ainsi que mon ordre du jour.
« 4° Nous n'avons encore rien fini par rapport à la régence, ou gouvernement provisoire d'Espagne. Martignac y travaille du matin au soir ; mais il faut qu'il ait assez de pouvoir pour ouvrir un emprunt, car de payer les Espagnols sur leurs demandes est impraticable, et coûterait plus cher que notre armée.
« Je vous renouvelle l'assurance de mon estime
particulière.
« Louis -A NT 01. NE. »
ccxcix. le comte de villèle a s. a. r. m=^ le duc
d'angoulème.
« Paris, le '6 avril à o h. du soir. « Monseigneur,
« J'arrive de la Chambre des pairs, je n'ai qu'un moment avant le départ de l'estafette pour accuser réception à V. A. R. de sa lettre du 31 mars.
« Nous nous réunissons en Conseil ce soir par ordre du Roi, afin de délibérer de nouveau sur la destination ultérieure de M. le maréchal duc de Bellune.
« Je ne puis encore que donner à Y. A. R. mon opinion personnelle, je pense que vous devez être autorisé par le Roi à garder Guilleminot pour le
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major général de l'armée avec laquelle vous allez passer la liidassoa ; (|ue M. le maréchal peut dans la même qualité, mais plus générale, rester en France, d'abord pour y diriger toutes les troupes que vous laisserez en arrière de vous du côté de Bayonne, puis de celles (|ui doivent agir en Catalogne, et qu'après avoir ainsi vu s'effectuer le départ de toutes nos troupes, M. le maréchal reviendrait à Paris reprendre son ministère ; ce qui concilierait les égards dus à un acte du gouvernement, à M. le maréchal, et la justice due à M. Guilleminot, comme la condescendance aux désirs de V. A. R,
« J'aurai Phonneur d'en écrire plus positivement demain à Y. A. R. que je prie d'agréer l'hommage, etc.