‹ Mémoires et correspondances du comte de VillèleChapitre 139 sur 158 · MAT · texte numérisé non relu

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quo le Roi et Mominn-, que je quitte à l'instant, sont indignés de la conduite de ces doux régents, et des articles qu'ils ont fait mettre ces jours derniers dans le Drapeau blanc.

« Revenant à l'exécution de notre plan, s'il est possible, je dirai à Monseigneur que le duc de Montemar nous est représenté comme un imbécile, qu'il ne Faut appeler qu'à défaut absolu de tout autre; que le duc de San Carlos nous écrit qu'il va se rendre à Paris et de là aux ordres de V. A. R., et que, par conséquent, vous pouvez le faire nommer et compter sur son acceptation; que quant au duc de San Fernando, il parait que le roi d'Espagne lui a tout pardonné et tient à le voir faire partie de la Régence; qu'ainsi il serait utile de l'y comprendre, si vos auxiliaires pouvaient le tolérer.

« Enfin, pour l'archevêque de Valence, son refus n'est pas tellement positif que, si vous n'avez aucun autre moyen de représenter le clergé convenablement dans la Régence, à la place de Monseigneur je l'y comprendrais, quitte à le remplacer plus tard s'il était impossible de le décider.

« Pour le ministère, je crois difficile et dangereux d'en écarter Casa Irujo, qui est désig:né par le roi, et qui n'est pas du tout pour cette infernale régence d'Urgel, centre de toutes les intrigues qui nous entravent. M. Salazar n'a quitté Rilbao <jue par peur. A tout péché miséricorde. Je conseille également à Y. A. R. de le maintenir. Enfin M. Ochoa est, à ce qu'on dit, assez bon pour la Guerre; ainsi votre ministère pourra s'organiser et être composé d'hommes capables : c'est le principal.

LKTTRKS DE M. 1>K VILLKLE. 459

« Jo supplie .Monseigneur de ne pas perdre de vne que l'acto qu'il va faire à Madrid est décisif pour son entreprise; qu'il doit en bien combiner les moyens et les résultats; qu'il doit ensuite mettre une volonté ferme dans leur exécution; en même temps qu'il doit éviter de laisser paraître l'action décisive qu'il exercera sur cet événement.

(( J'ajouterai que je comprends comme possible que Monseigneur retarde l'opération jusqu'à deux ou trois jours après son entrée à Madrid, ce qu'au reste je ne conseillerais pas. Mais que ce que je ne puis admettre et voir que comme très dangereux, c'est que la plus grande promptitude et décision ne fût pas mise à l'exécution une fois commencée. Ainsi, réunion des Conseils, immédiatement après de la junte; nomination de la Régence, sa proclamation dans tout Madrid, sa reconnaissance par Monseigneur, et immédiatement après la nomination du ministère. Si Monseigneur laisse traîner ces opérations, on les lui fera manquer.

^* Il vaut mieux moins bien faire avec activité et décision, que de tout compromettre par lenteur ou hésitation.

« Si j'étais à la place de Monseigneur, sur cet acte important j'écouterais tout pour bien former mon opinion; je me ferais ensuite mon plan à moi seul et je le ferais exécuter au moment convenable par mes ordres directs et ma propre surveillance. Ce seront vingt-quatre heures de bien employées et honorables pour V. A. R.

« Nous avons été mal servis du côté du 4" corps, mais les conséquences n'en seront pas graves, j'es-

IGO MAI 1823.

père. Nos fonds se maintiennent anjourd'hui à 87 fr. oO. Nous avons les meilleures nouvelles d'Angleterre : tout annonce que nous serons aidésbientôt, même de ce côté, à obtenir la délivrance du roi.

« Je quitte Monseigneur sans me relire et en comptant sur son indulgence.

" J'ai l'honneur, etc.

« J" DK ViLLÈLK. »

« P. S. — Monseigneur voudra bien ne pas jiégliger de s'emparer des journaux aussitôt son arrivée à Madrid, et de les faire beaucoup parler et beaucoup répandre. »

cccLXvn. — Li: comte de vu.lèle a s. a. iî. im''^' le duc d'angol'lème.

« Paris, le 18 mai 1823.

f< Monseigneur,

« J'ai écrit bien à la hâte hier à V. A. R., mais c'est que je croyais utile de lui donner avis le plus promptement possible de notre manière de voir sur deux points importants. (>omme j'ai eu l'honneur de vous en instruire, le supplément de solde nécessité par l'altération du cours des monnaies ne souffrira aucune difficulté.

« Sur le second point (la création de la Régence à Madrid), nous sommes d'avis que vous persistiez à convoquer les divers Conseils, afin de fonder autant que possible en réalité, mais toujours au moins en apparence, l'établissement de la Régence sur cette base, la plus nationale et la plus régulière de toutes celles qui sont à notre disposition. L'ordre de con-

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