CC.C.r.XVI. LE COMTE DE VILLÈLE AS. A. H. M'"' LE DUC
d'axgoulème.
<' Paris, le 16 mai 1823.
« Monseigneur,
(( Je viens de recevoir la lettre de M. de Martignac du 11 de ce mois, et copie du rapport qu'il a fait à Y. A. Jl. sur les instructions relatives à rétablissement d'une Régence à Madrid. Nous ne nous sommes pas dissimulé les difficultés de la réunion des Conseils, sitôt après l'occupation de la capitale, après une si longue interruption et après les événements qui ont eu lieu depuis leur dernière organisation; mais nous pensons que si cette réunion peut être opérée, quel que soit le nombre des assistants, sil peut en sortir Tenvoi de commissaires censés représenter ces Conseils; si ces commissaires peuvent s'entendre sur la nomination d'une Régence, telle à peu près que nous la désignons et devons la désirer, il est très important de donner au gouvernement que nous sommes obligés de former, cette source, sinon légale, du moins aussi valide que les circonstances le permettent. L'idée de recourir à votre junte pour nommer la Régence ou la désigner à Monseigneur, amène pour premier inconvénient la nécessité de mettre Eguia dans cette Régence, et certes, comme quand on veut une chose il faut subir ses conséquences, si vous êtes réduit à fonder votre Régence sur votre junte, ne manquez pas d'y comprendre Eguia ; sans cela vous éprouverez des embarras pires que l'inconvénient de conserver cet homme dans la Régence.
« TjO lii'and iiiléi'i't qiK^ nous avons à ce qu'aucune parlic de l'Espagne ne conteste l'aulorité de la Réfrénée, à ce que les {^gouvernements étrangers la reconnaissent, donne au plan que nous vous avons d'abord tracé une telle supériorité sur tout autre, que je supplie V. A. R. de n'y renoncer qu'autant qu'elle y verrait l'impossibilité de le voir réussir, ou qu'elle trouverait quelque idée à substituer aux nôtres pour atteindre le môme but.
« J'appelle ici toute la fermeté de Monseigneur pour tenir fortement au mode qu'elle aura adopté et aux cboix qu'elle aura voulus, parce que je sais tout ce qui sera probablement tenté pour l'engager dans quelque fausse démarche en cette circonstance décisive.
« De grands intérêts sont liés au retour de la régence d'Urgel, et Monseigneur ne saurait croire toutes les intrigues qui s'ag-itent ici dans ce sens. Uuvrard, et tous ceux que toujours il sait intéresser à ses plans financiers, veut lui fournir un emprunt. Les cabinets étrangers sont de moitié avec elle pour nous empêcher d'exécuter nos prétendus projets constitutionnels sur l'Espagne; enfin le haut clergé se trouve aussi intéressé par plusieurs points à faire cause commune avec cette Régence.
« Que Monseigneur calcule bien ses démarches; qu'il tienne avec fermeté à tout ce qu'il aura résolu, et tout sera déjoué.
(( J'en étais là de ma lettre quand je reçois de Chateaubriand celle ci-jointe, que je prie xMonseigneur de garder pour lui seul. Je réponds à ce collègue en lui demandant s'il est fou, et en l'avertissant