TOME III
ol4 MAI 18 23.
de M. (le Talaru, la représentation qui l'accompagnera, sa (jualité de représentant du Hoi, les pouvoirs dont il sera chargé, ne me laissent ])lus ni place ni emploi. Vous reconnaîtrez donc que je dois cesser mes fonctions à son arrivée et retourner en France. Je crois pouvoir compter sur votre bienveillance, et je dirai même sur votre justice, pour que mon rappel ne paraisse pas le résultat d'un mécontentement.
« J'ai l'honneur d'être, etc.
«De Martignac. »
CCCLXXXIV. M. DE MAHTIGNAC AU COMTE DE VU.LÈLE.
« Madrid, le 28 mai i82:j.
« Monsieur le comte, la Régence a été installée. J'ai eu l'honneur de la présenter hier à S. A. R. M. le comte de Caux a été accrédité auprès d'elle. Elle a commencé ses opérations par la nomination du ministère.
« Jl a été impossible d'obtenir M. Casa Irujo pour les Affaires Etrangères. On lui fait des reproches de plusieurs espèces, qui ne permettaient pas. dil-on, de l'appeler à cette haute fonction. La Régence a nommé M. Vargas Laguna, ancien ambassadeur à Rome, homme tout à fait honorable, et dont la conduite a été parfaite dans les dernières circonstances. M. Vargas est encore à Rome. Il parait qu'en attendant son arrivée, le portefeuille sera confié à M. de Saez, ancien confesseur du roi. Ce choix paraît assez extraordinaire ; mais s'il a lieu réellement, comme je le crois, nous n'aurons pas à
LETTIIKS DE M. DE MAKTKINAC. 515
nous en plaindro. M. de Saez ost lonl h fait altuclié à la France, ol je suis sûr de ses oxcollentcs dispositions.
« M. Garcia de la Torro a le portefeuille de la Justice. M. Salazar, celui de la Marine. M. Erro est nommé conseiller d'Etat et ministre des Finances. M. le maréchal de camp San Juan a le ministère de la Guerre.
« Ce n'est pas tout : la Régence s'est déterminée aussi à nommer un ministre de l'Intérieur, et son choix a porté sur M. Aznarès.
« La question de l'Inquisition a été accidentellement traitée et décidée comme nous le désirions tous. Il s'agissait de rétablir les Conseils ou tribunaux. On parlait d'une mesure générale qui prononcerait leur rétablissement. Mais cette mesure comprenait l'Inquisition, ou il fallait l'excepter formellement : on a pris le parti de rétablir chaque Conseil séparément. On ne rétablit pas celui des Finances, qui est inutile et dispendieux, ni celui de l'Inquisition. C'est cette décision qui a amené à la création d'un ministère de l'Intérieur. C'est un bon début, dont j'espère que vous serez content.
« La Régence a nommé le lieutenant général Eguia capitaine général d'armée, et Monseigneur lui a donné, la commanderie de Saint-Louis. M. de Camposacrado est nommé capitaine général de Castille.
« Voilà les opérations de la Régence; elles ne sont pas encore connues officiellement, mais j'en suis informé par M. le duc de l'Infantado.
(( Je vous ai parlé, monsieur le comte, d'uneadresse