C.CCI.XXXV. LE COMTE DE VILLKLE A M. DE MAUTIGNAC
<( Paris, le 28 mai I8'2:{.
(( Mon cher monsieur, nous venons de recevoir votre lettre du 2!2, et Monsirnr celle de Monseigneur (lu 23. Nous sommessoulagésd'ungrandpoids; vous avez le duc de l'Infantado. Il est décidé à accepter la présidence de la Régence, et vous êtes disposés à procéder à cette formation delà manière la plus conforme possible aux vues que nous avions présentées comme les plus propres à satisfaire les Espagnols, à décider les cabinets étrangers à envoyer leurs ministres à Madrid, enfin à vous maintenir dans la ligne que nous avons crue la meilleure à suivre pour le succès de l'entreprise délicate dans laquelle nous nous trouvons lancés.
<( Je vous avouerai que nous avons passé deux jours assez tristes, entre votre première leLtreetcelleci, parce que nous étions dans l'incertitude sur le parti que prendrait le duc de l'Infantado, et que nous redoutions l'efTet sur l'Espagne et sur l'étranger, d'une nomination directe de la Régence par Monseigneur.
« Nous sentons bien, je vous assure, tous les obstacles et toutes les difficultés dont vous êtes entourés; nous en avons pas mal nous-mêmes; mais c'est à les surmonter que nous sommes appelés les
uns et les autres. Soyez assurés de tous nos efforts pour y concourir et de notre justice pour distinguer le possible de ce qui ne Test pas.
(( Monseigneur recevra par l'estafette de ce jour le cordon rou^e pour le général Eguia; le lloi vient de signer sa nomination; en même temps que nous apprécions l'incommodité et quelquefois lexigence et l'injustice de ces auxiliaires, nous reconnaissons aussi les services rendus. Nous sentons les ménagements nécessaires, les concessions indispensables, et vous pouvez être assuré que nous appuierons toujours auprès du Roi ce que Monseigneur fera ou demandera pour payer cette dette.
« Les renseignements qui nous parviennent de toutes parts sur la situation de l'Espagne nous portent à vous engager plus que jamais à suivre la ligne de conduite dont nous vous avons donné les bases.
« 1 " Dans le discours du roi : que Ferdinand soit libre, vous ne devez entendre à rien qu'à cela.
« 2" Dans la proclamation de Monseigneur: Nous ne sommes pas venus vous dicter des lois.
« Vous éviterez ainsi de vous prononcer directement sur une seule des questions épineuses et difficiles; ce qui n'exclut pas l'autorité des conseils qui, dans notre position, ne peuvent manquer d'avoir un grand poids, et vous vous donnez le temps d'étudier le pays, l'opinion, et de voir les événements lever eux-mêmes une partie des obstacles et des inconvénients auxquels vous auriez été exposés, si vous aviez pris la difficile commission d'organiser
LEiruK r>i; m. ni: vii.f.kle. 'il!)
vous-mêmes la restauration do cotte malhouroiisc monarchie.
« Nous avons do meilleures nouvelles de Gulalogne, où cependant nos affaires sont en moins bon état que partout ailleurs.
'< Nous espérons toujours pouvoir vous envoyer les ambassadeurs de TEuropc, aussitôt que l'établissement de votre Régence et sa proclamation à Madrid seront connus.
« Enfin, quoique l'Angleterre paraisse plus en intimité que jamais avec Séville, nous continuerons à préparer avec elle le retour de Ferdinand dans sa capitale sans aucune intervention des Cortès, sans contracter aucune autre obligation que celles que l'honneur nous impose déjà, c'est-à-dire, do ne pas donner notre appui à des réactions ou à des prétentions subversives.
« Au reste, les Anglais se tiennent fort en observation, nous n'avons d'eux rien de positif, et vous serez toujours informés de ce que nous saurons ici, afin que vous puissiez en faire votre profit pour votre conduite là-bas.
« Recevez, mon cher monsieur, mes sincères compliments sur l'ainéliorationdontle séjour de Madrid m'est un gage pour votre situation physique; le moral doit être aussi bien soulagé par la conclusion de la grande affaire que vous devez avoir terminée maintenant.
« Comptez, etc.
(( J" DE ViLL ÈLE. »
(XCLXXXVl. S. A. R. M"'- LK DUC D ANLlOULEME AU COMTE
<' Madrid, ce "28 mai 1823.
« J'ai eu le plaisir de recevoir hier, mon cher comte, votre lettre du 21. Voilà notre Régence installée, ses ministres nommés. C'est beaucoup en si peu de temps. Il a été impossible d'y faire admettre les ducs de San Fernando et de San Carlos, ni MM. Casa Irujo et Anduaga : Martignac vous en dit les raisons. Le duc de l'Infantado, que vous m'aviez recommandé avant tout et qui le mérite bien, a les plus belles qualités; mais il est un peu exclusif. Au reste, il a un esprit sage et j'espère qu'avec la grâce de Dieu tout ira bien.
« Tous les Grands d'Espagne réunis doivent me présenter aujourd'hui une adresse, qu'on dit très bien et faite pour faire bon effet partout. Martignac doit vous l'envoyer.
« Je m'occupe de faire partir sous peu jours deux corps d'armée pour Séville et Badajoz sous BordesouUe et Bourmont. Je n'ai jusqu'à présent reçu aucune ouverture de Séville. Aussitôt que j'en aurai je vous en donnerai connaissance. Je vous remercie toujours de l'argent que vous tenez à ma disposition àBayonne. La discipline admirable de l'armée tient à l'exactitude de la solde et des rations.
i< Je vous renouvelle, mon cher comte, les assurances de toute mon estime et affection.
(( Je viens d'apprendre dans lo moment que le général Vallin a alleinl hier le général Zayas à Talavera, Ta culbiilé, lui a fait soixante prisonniers et pris quinze voitures chargées d'armes et d'argent. »
cr.CLXxxvn. — i.k comte de villèle a s. a. r. m""' le duc d'angoulême.
u J'aris, le 28 mai 182:].
(( Monseigneur,
« Nous sommes heureux aujourd'hui des nouvelles que contenait votre lettre du 23 à Monsieur. C/est un point bien important que vous puissiez à votre arrivée à Madrid substituer une Régence présidée par le duc de l'Infantado, à une junte trop faible pour vous seconder puissamment et administrer avec une autorité suffisante une aussi grande partie de l'Espagne. C'est aussi, je crois, un grand bonheur que vous preniez, pour former votre Régence, des moyens ([ui décèlent le moins possible, aux yeux de l'Espagne et de l'Europe, l'influence étrangère sur sa composition.
« Vous aurez atteint ce but par les moyens qui se sont trouvés praticables; peu importe que ce soit, ou ne soit pas, d'après le mode que nous avions cru devoir vous indiquer; l'essentiel était qu'une Régence composée d'hommes considérables, reposant sur une base espagnole, s'organisât à Madrid après votre arrivée. Vous ne pouvez faire d'acte politique plus propre à hâter la délivrance du roi, en diminuant l'intérêt des ennemis à la prolongation de sa captivité.
.•i22 MAI 182:J.
« Aussitôt que nous aurons ici les détails de l'organisation et de rinslallation de cette Régence, nous ferons tous nos eli'orts pour faire envoyer auprès d'elle les ministres des autres grandes puissances. Vos succès nous seconderont beaucoup dans cette opération, et comme les cabinets cherchent assez ordinairement <à combiner leurs démarches avec l'issue probable des évéuements, c'est en réussissant dans notre entreprise que nous appelons le plus puissamment leur concours à cette réussite.
« J'ai parlé à Y. A. R. de toutes les intrigues, dont j'apercevais les traces ici, de la part de plusieurs des hommes dont elle a à se servir à ^ladrid ; c'est un de mes devoirs afin que Monseigneur connaisse le mieux possible le terrain sur lequel il opère; mais en même temps, je dois lui dire combien j'aperçois de faiblesse dans les moyens proposés ou employés pour contrarier ses opérations. Ainsi Mataflorida commence à être considéré comme ayant presque perdu la tête par amour-propre froissé. L'archevêque de Tarragone est obligé de désapprouver lui-même dans son intimité la lettre d'Erro et sa tentative de fonder une existence à la junte, indépendante du gouvernement français; enfin ces pauvres gens se trouvent arrêtés tout court suivant mes rapports d'aujourd'hui, faute de l'argent que leur demande Joulfroy pour faire le voyage de Londres. Y. A. R. surmontera facilement tous ces obstacles, mais je crois qu'il ne faut pas négliger les salutaires avertissements que ces mauvaises intentions nous donnent; ainsi, [)uisque c'est surtout dans l'intenlion do conchu'e un emprunt et do se procurer de
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l'argent, qiio toutes ces juntes on Régences tentaient de trouver nu appui hors de nous, il conviendra peut-être que V. A. II. se montre plus facile et plus large envers la Régence qui va s'établir, et qu'au moyeu clés ell'orts à faire pour conquérir la liberté du roi, elle facilite à la Régence les moyens de lever, d'organiser et de payer une armée plus considérable; ces dépenses ayant une analogie parfaite avec notre mission, peuvent sans obstacle être rattachées aux dépenses de notre propre armée, et devenir économiques en abrégeant la durée de nos sacrilices. Quelques fonds prêtés à propos peuvent aussi nous servir puissamment au maintien de l'influence que V. A. R. doit toujours conserver sur ce gouvernement, ('/est un moyen difficile à justifier, dont on ne doit user qu'avec une extrême réserve, mais qu'il y aurait de la démence à ne pas laisser à la discrétion de Monseigneur, puisqu'il peut être un de ses plus puissants auxiliaires.
«Enfin, Monseigneur, nous n'allons pas en Espagne pour y faire prévaloir telle ou telle théorie politique, mais pour y détruire un gouvernement révolutionnaire, notre ennemi; rétablir sur son trône un roi, votre parent et notre ami; y fonder, si nous pouvons, un ordre de choses qui, en donnant le repos à l'Espagne, assure notre propre tranquillité. 1! faut donc y ménager nos amis sans faiblesse et sans seconder leurs folies, mais aussi sans nous exposer au danger de les mécontenter ou de leur inspirer de la méfiance par trop de bonté pour nos ennemis, qui ne nous en sauraient pas meilleur gré pour cela. l\ faut surtout, ce me semble, nous abstenir de nous
prononcer sur les questions politiques qui peuvent diviser les Espagnols royalistes, nous réservant d'inlluer sur leur décision après la délivrance du roi, par les conseils et les secours que nous serons alors en si favorable situation de donner à ce malheureux monarque.
« Monseigneur va dire que je suis un rabâcheur avec tous mes conseils, dont il n'a nul besoin. Je le reconnais avec lui, mais je réclame de sa part cette justice, c'est qu'ils partent d'un cœur tout dévoué à sa gloire et au service du Roi.
« Wellesley est encore ici. J'ai dîné avec lui hier. Stuart et lui avaient l'air de savoir quelque chose de Séville; mais ils paraissaient ne vouloir en accoucher qu'après la nouvelle de l'établissement de la Régence. Je ne prévois pas que ces ouvertures, s'ils en ont, puissent être bien ditlérentes de celles faites par L'Abisbal. Nous les rejetterons comme l'a fait Y. A. R. Nous n'avons rien à gagner désormais et beaucoup à perdre à écouter les Cortès, mais nous entendrons toujours ce qui aurait trait à la délivrance du roi ; nous dirons toujours franchement ce que nous soutiendrons, ce que nous conseillerons; ce que nous ne conseillerons pas, ce que nous ne soutiendrons pas après la délivrance du roi; mais on ne nous amènera pas hors de cette ligne de sagesse tracée par votre proclamation elle-même, nous ne voulons point imposer des lois à l'Espagne.
« La Prusse a nommé son ministre à Madrid; c'est un M. Grenam, qu'on dit avoir beaucoup de mérite.
« L'action en baisse sur nos rentes n'a pu prévaloir
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aujourd'hui; elles se sont relevées ju.squ'à89fr. 20 c., (jnoiquc formées senlemenl à 88 fr. 7;) c.
« Nous avons aujourd'hui de meilleures nouvelles de la Catalogne ; on espère avoir enfin poussé Mina dans Barcelone; maintenant, il faut l'empêcher d'en ressortir, car quand il court les champs, on ne peut l'atteindre, et sa liberté tient tout le pays en contrainte.
« Je finis en priant V. A. R. d'agréer, etc.
<( J" DE VlLLÈLE. »
«XCLXXXVni. — LK COMTE Dli VUJ-ÈLE A S. A, R. M'''' J-E DUC
d'angouléme.
« Paris, le 29 mai 1823.
« Monseigneur,
« Je n'ai que le temps de remercier et de féliciter V. A. R. Nous recevons le rapport de M. de Martignac du 23 et la dépêche télégraphique que Monseigneur a bien voulu m'adresser le 2o.
« Tout s'est arrangé à merveille. V. A. R. n'aura qu'à se féliciter, je crois, de n'avoir pas nommé ellemême la Régence ; cette conduite est bien plus dans le noble rôle de libérateur qu'a si bien rempli Monseigneur jusqu'à présent. La Régence, avec une origine plus espagnole, n'en réussira que mieux à l'intérieur, et au dehors l'effet de cette mesure inspirera moins de défiance et encouragera mieux ce concours moral, qu'il importe tant que nos opérations obtiennent des cabinets de l'Europe.
« Je pense que V. A. R, a merveilleusement fait aussi de borner la convocation aux deux Conseils
principaux, puisque ainsi elle a évité de se prononcer inutilement sur une des questions qui paraissent le plus controversées en Espagne.
« Maintenant, Monseigneur devra, co me semble, donner tous ses soins à ce que cette Régence ne commette point d'imprudence dans ses proclamations et dans ses actes ; qu'elle s'occupe le plus promptement possible à organiser son gouvernement et son administration; qu'elle nomme son ministère, ses capitaines généraux de provinces ; ([uelle organise ensuite les autorités locales, ses petites forces publiques locales, les plus propres à y maintenir l'ordre et à nous ôter la nécessité d'y laisser des troupes françaises. Enfin, Monseigneur, il me semble que la Régence doit surtout et constamment se montrer dominée de la vue d'obtenir la délivrance du roi : ce but, qui est aussi le nôtre, maintiendra l'union entre nous, distraira les esprits des questions propres à les diviser, enfin placera la Régence dans une position désintéressée et consé- (|uemment forte et populaire pour les membres qui la composent.
(( Si la question de l'argent et d'un emprunt arrivait avant le temps et que la majorité vous réduisit à tolérer qu'on lui donnât quelque suite; il convient que V. A. R. nous fasse consulter sur les conditions. afin que nous aidions à obtenir les meilleures possibles, et surtout, il faut restreindre autant qu'on le pourra une mesure aussi ruineuse.
« Je finis, Monseigneur, en vous remerciant de nouveau des bien bonnes nouvelles que vous nous avez transmises aujourd'hui; je vais les donner tou-
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les fraîclios iiW'clk'slcy el au corps diplomatique qui dine chez moi aujouidliui.
« La renie s'usl fermée à la Bourse de ce jour à 89 t'r. 20; onyij;norail ccpendanl loul ce que nous venons de recevoir.
« Yolre, etc.
<( .1 " DK VlLLKLK. »
CCCLXXXIX. M. Di: -MAUTKiNAC AU COMTE DK Vnj.ÈLK,
<. ^[adrid, le 20 mai 1823.
« Monsieur le comte, j"ai reçu l'avis officiel de la nomination du ministère. Elle est parfaitement conforme à la note que j'ai eu l'honneur de transmettre hier à Y. Exe. M. don Antonio de Vargas y Laguna est nommé ministre des Affaires Etrangères. M. Victor Damien Saez, chanoine de Tolède, ancien confesseur du roi, est chargé du portefeuille pco' intérim. Ce choix est tout à fait bon pour nous. M. Saez est plein de reconnaissance pour le gouvernement français, et il a en moi une confiance que j'entretiendrai de mon mieux. Nous avons ensuite : M. Garcia de la ïorre à la Justice ; M. don Louis de Salazar à la Marine ; M. Erro aux Finances ; M. José de San Juan à la Guerre; M. José Aznarès à l'Intérieur.
« Je me suis plaint vivement de ce qu'on n'avait rien fait pour le duc de San Carlos, M. Casa Irujo et M. d'Anduaga. On est dans l'intention de vous envoyer le premier comme ambassadeur, el on voulait prendre ce parti sur-le-champ. J'ai demandé le temps nécessaire pour avoir votre réponse. Un ne
fera rien jusque-là. Dites-moi le plus tôt possible si le duc de San Carlos vous convient comme ambassadeur. M. Casa Irujo ira, je crois, à Vienne ou à Pétersbourg. M. d'Anduaga sera aussi placé.
« L'adresse des Grands d'Espagne a été remise aujourd'hui à S. A. R. Elle porte neuf signatures de plus que la note que je vous ai adressée; ce qui fait monter les signataires à trente-sept. Je vous envoie ci-jointe la liste exacte des noms qui se trouvent au bas. Je vais faire imprimer l'adresse avec les signatures. Je persiste à espérer beaucoup de la publicité de cette pièce.
« Je sors du palais, où j'ai passé trois heures avec la Régence pour tâcher d'expédier les affaires qui vont lentement.
« Demain, on fera partir les courriers quidoivent porter aux différents cabinets de l'Europe, l'Angleterre et le Portugal exceptés, l'avis officiel de l'installation de la Régence. Cet avis sera accompagné des documents suivants : la proclamation du 23, la déclaration de reconnaissance, le procès-verbal d'installation et la nomination du ministre d'Etat. Ces pièces seront adressées par le ministre d'Etat espagnol aux ministres des Affaires Etrangères des divers cabinets. La note adressée au ministre français contiendra l'avis formel que des notes pareilles sont expédiées à toutes les puissances. Cette marche remplira vos vues.
« La Régence n'a point fait encore de proclamation ; elle va s'en occuper. J'ai sa promesse qu'elle se bornera à y faire connaître que le but principal de son institution est la délivrance du roi, et qu'elle
LETTRK DK M. 1>K MAliTKiXAC. 320
s'abstiendra de prendre l'initiative sur niicune des Jurandes qneslions politiques, qu'il faut laisser entières à rautorilé du joi. Je crois pouvoir compter sur cette convention. Dans tous les cas, j'y veillerai. Malgré l'établissement d'un ministère, j'ai cru important de me réserver les communications directes avec la Régence. Cela est incomparablement plus avantageux.
'( Après la question de la proclamation est venue celle des subsides. La Régence m'a annoncé qu'elle était sans aucune ressource. Les ennemis ont prélevé toutes les contributions jusqu'à la fin de juin. Ils ont emporté tout ce qui pouvait être de quelque valeur. Ils ont vendu à vil prix tout ce qu'ils ne pouvaient pas emporter, et ont ainsi privé le pays de tout moyen et de toute ressource. La Régence demande de l'argent et déclare qu'il lui est impossible d'administrer, si on ne vient pas à son secours d'une manière efficace. Je rendrai compte demain à Monseigneur de ce qui s'est passé à ce sujet, mais je crois nécessaire de vous le dire aussi, monsieur le comte, parce que tout le succès de notre entreprise est attaché aux opérations qui vont être faites pour l'organisation de l'administration et de l'armée.
(( J'ai fait part à la Régence de la reconnaissance consentie par la junte, que les sommes qui lui ont été comptées l'ont été à titre de prêt ou d'avance. Elle confirmera et renouvellera cette reconnaissance.
« Je ne vous ai pas rendu compte d'une des dernières opérations de la junte, qu'il est peut-être utile que vous connaissiez. Je vous ai parlé, le 1"