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mandé qu'il en fiil fait ni(>nlion expresse et détaillée dans la GtizotU- de Mitdrid.
(( Les (irands font imprimer leur adresse à S. A. R. J'aurai soin (|u'clle soil distribuée et qu'elle parvienne à Sévillc.
« J'ai obtenu de la Régence, malgi'é tout le cérémonial qui l'entoure, que j'irais, toutes les fois que jele croirais nécessaire, et sans être annoncé d'avance, conférer avec elle. J'ai trouvé le moyen de rendre nos communications amicales, et je m'en félicite.
(( Des difficultés d'exécution ont retardé le départ des courriers chargés de porter aux puissances étrangères la nouvelle de l'installation de la Régence. Ces difficultés son! aplanies. La Régence écrit ellemême aux souverains et le ministre des x-VlTaires Étrangères d'Espagne adresse sa lettre aux ministres des Affaires Étrangères des différents Etats, en leur témoignant le désir de voir se rétablir les relations qui existaient entre ces Etats et l'Espagne avant les événements.
(( Une lollre particulière était nécessaire pour le roi de France. Je me suis fait prier d'en faire le modèle ; je l'ai fait et il a été adopté, sauf quelques modifications du protocole final. Cette lettre part cette nuit et arrivera peut-être aussitôt que la mienne. Le courrier qui la porte a ordre de chercher le duc de San Carlos sur toute la route, et de lui remettre une dépêche qui l'engage à retourner à Paris comme envoyé extraordinaire chargé d'annoncer à S. M. l'installationde la Régence. Si le courrier ne le trouve pas, ou si le duc refuse, le courrier continuera sa route jusqu'à Paris. Les autres dépêches partiront
demain. Puissent-elles nous faire arriver bientôt des envoyés des puissances. Xous regardons tous cette arrivée comme un de nos grands moyens de succès, malgré les embarras qu'elle nous donnera.
« En attendant nous ne négligeronspas les autres. Monseigneur va envoyer un de ses aides de camj) à Saint- Sébastien et à Pampelune. J'ai déterminé la Régence à envoyer aussi un officier espagnol chargé de sommer la place au nom du roi d'Espagne. J'ai donné le modèle des instructions qu'il paraissait convenable de lui transmettre. Elles sont raisonnables et de nature à rassurer. La liégence promettait à tous les officiers la conservation de leurs grades et traitements ; elle promettrait à tous ceux qui voudraient quitter le service et rester chez eux, protection et sûreté en se soumettant aux lois. Pour les chefs, elle offrirait sa médiation auprès du roi afin d'obtenir une indulgence entière; dans tous les cas, elle promettrait qu'ils seraient libres de se retirer hors du royaume, oii bon leur semblerait, et que leurs biens ne seraient ni confisqués ni séquestrés. De son côté, le prince leur promet de garantir leur traitement, s'ils sont obligés de quitter lEspagne. Cette combinaison produira sûrement quelque effet sur des hommes qui commencent à sentir leur mauvaise position.
« La Régence ne s'est point encore expliquée; elle n'a pas fait de proclamation. Ce silence étonne et inquiète. Je m'en suis expliqué ce soir; j'ai vu quelque embarras pour s'entendre sur les bases de la rédaction. J'ai tout franchement olFert d'en rédiger un projet, en enveloppant ma proposition de
manière à ce qu'elle ne put choquer personne. Mon oiïre a été acceptée ; je vais donc m'en occuper demain. Je tâcherai de la faire do manière à ce qu'elle soit adoptée et qu'elle rentre en môme temps dans vos vues.
« Les bandes royalistes nous donnent de l'inquiétude. Il y a dans leurs chefs une insubordination et un esprit absolu d'indépendance qui préparent au gouvernement bien des difficultés. La Régence, à qui j'ai fait ce soir un rapport circonstancié à ce sujet, est disposée à prendre des mesures sévères et à les maintenir. C'est un des objets les plus difficiles, mais les plus urgents, dont elle ait à s'occuper.
« Tous les regards sont maintenant tournés vers Séville. Vous connaissez les dispositions militaires qui ont été arrêtées et qui vont s'exécuter. J'ai demandé à la Régence, et elle a désigné deux commissaires qui accompagneront les deux généraux, afin d'organiser les autorités royalistes dans les pays que l'armée va traverser. J'ignore ce que cette marche fera éclore dans la diplomatie. C'est sans doute à Paris que les négociations s'entameraient et vous savez ce qu'il faudra faire ; mais la connaissance que j'ai des lieux et des choses me donne la conviction que tout traité qui tiendrait à maintenir les Gortès, à modifier la constitution actuelle, serait repoussé par la grande majorité de la nation. La liberté du roi avant tout : ce sera après cela qu'on pourra faire venir du roi lui-même quelques institutions ; et encore croyez qu'il y faudra de la prudence et de la réserve.
« Sur tout cela, je n'ai qu'à vous dire ce que je
oli JUIN 1823.
pense et à m'en rapporter à votre sagesse, qui saura
bien tout concilier autant que faire se pourra. J'ai
l'honneur d'être, etc.
« De Maktignac.
« P. S. — On n'a rien décidé encore sur les communications à faire à l'Angleterre par la Régence : écrira-t-elle ou n'écrira-t-elle pas au Cabinet de Londres? »