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aujourd'hui; c'est incroyable avec les bonnes nouvelles d'hier; ils fermenta 89 fr. 10.
« J'ai l'honneur, etc.
(( J" DE ViLLÈLE. »
cccxcii. li: comte de villèle a s. a. r. m'" le duc
d'angoulême.
« Paris, le :{| mai, C, heures du soir.
« Monseigneur,
« Je remercie V. A. R. de la lettre qu'elle a bien voulu m'adresser le 26 de ce mois; dès qu'elle approuve l'envoi de M. Joinville à Madrid, avec la mission spéciale de prendre connaissance des faits qui ont nécessité et nécessitent encore l'intervention du munilionnaire général, je vais m'empresser de faire adopter le moyen de terminer des difficultés qui ont dû fatiguer V. A. R., et dont, en mon particulier, je me trouverai heureux de n'avoir plus à l'entretenir.
« Je mettrai sous les yeux du Roi la demande que fait V. A, R. de n'avoir plus à se mêler de la politique, si ce n'est dans les cas extraordinaires ; lorsque une fois notre ambassadeur sera arrivé à Madrid, je m'empresserai de transmettre à Monseigneur la réponse du Roi, sur laquelle il ne m'appartient pas de rien préjuger.
« Je féliciterais seulement V. A. R., si le Roi consentait ainsi à la soulager du plus pénible fardeau que je connaisse. Nous n'envoyons d'ambassadeur à Madrid que pour donner plus de consistance et de crédit à la Régence ; nous ne désirons y
h ET Tin; s 1»K M. Di: VILI.ÈLE. "»37
voir aller les ministres étrangers que pour gêner les Anglais à Séville elles portor à contribuer à la délivrance (lu roi. Eh bien, nous éprouverons mille obstacles sur ce point, et Monseigneur ne se douterait pas qu'aujourd'hui nous avons eu des lances à rompre avec chacun des ambassadeurs étrangers, tous étant venus se plaindre que la proclamation de Madrid, qui est aujourd'hui dans le Moniteur, ne parlait pas du reste de l'Kurope.
« Ma lettre d'hier aura prouvé à V. A. W. (jue je partageais son avis sur l'emprunt d'Espagne. Que la Régence fasse ce qui lui conviendra sous ce rapport. J'ai pour ma part assez d'embarras à lutter pour la défense de nos finances : à d'autres le soin de défendre celles de leur pays. Le ministre de la Marine a des frégates et de petits bâtiments dans le golfe de Biscaye, et le Colosse va y être remplacé par le vaisseau le Trident.
« Nous recevons des nouvelles de la Catalogne du ^7. Le 26, nos troupes ont été simultanément attaquées sur presque tous les points qu'elles occupent; partout elles ont repoussé vigoureusement l'ennemi. A Vich, oii il paraît qu'était Mina, et où nous avions trop peu de monde, la défense a été fort honorable et l'ennemi a perdu beaucoup de monde; mais nous eu perdons aussi ; il parait que les troupes se fatiguent ; enfm, nous sommes sur la défensive. Je me hâte d'autant plus d'en avertir de suite Monseigneur qu'hier je lui avais transmis des idées bien différentes à la sortie du Conseil. C'est à V. A. R. do juger quels ordres elle doit donner à Molitor d'après ces avis différents et le changement dans la situation.
r3:J8 MAI 1823.
« Je termine en présentant à V. A. R. l'hommage, etc.
« .1" DK ViLLÈLE. »
(•(•(•.XClll. s. A. K. M LE DUC D ANGOULKME AU COMTE
« Madrid, ce 31 mai 182;5.
M J'ai reçu hier, mon cher comte, vos deux lettres du 24 et 25. Je crois que j'ai fait pour l'établissement do la Régence tout ce qu'il était possible pour allier vos instructions avec les circonstances dans lesquelles je me suis trouvé. Je crains un peu d'exclusif de la })art du président. Je lui ai déjà dit un mot hier sur l'oubli du passé et sur rétablissement d'institutions, comme par exemple de deux Chambres. Il m'a paru fort éloigné de ces deux points ; comme je lui avais cité notre exemple sur le premier, il m'a répondu que la punition des coupables eût mieux assuré la tranquillité. Sur le second point, il m'a dit qu'il était impossible de chercher à établir deux Cbambres en Espagne, (jue ce qu'il y avait de mieux à faire était de rétablir les anciennes Cortès. Je ne me tiens pas encore pour battu, et je reviendrai sur ce sujet dans une conversation que je dois avoir ces jours-ci avec lui. Je lui ai parlé aussi de L'Abisbal, qui est ici et caché ; il m'a dit que si on le voyait aller librement, il courrait des dangers.
<( Pour ce qui regarde la Catalogne, les derniers ordres que j'ai donnés à Molitor lui laissent beaucoup de latitude sur ses mouvements; mais il faut bien que vous sacbiez que Moncey a plus de forces
LETTRE DE S. A. It. M"" LE DlC. I» A N (i OU LÈME. 5:50
qu'il ne lui en faut pour détruire Mina et (^tre maître do cette province, sauf les places. Les affaires y ont été fort mal menées, et je verrais avec peine qu'on V envoyât des renforts qui me sont nécessaires ailleurs.
u Moncey, avec les Espagnols, a plus de ^oOOO hommes pour une seule province ; et moi je n'en ai pas 80000 pour occuper les dix-neuf vingtièmes de rKspagne, ce qui est bien insuffisant.
« Molitor n'a point manqué de fonds, il a eu tort de se plaindre, et je lui ferai passer tout ce qui lui sera nécessaire. Je suis extrêmement content de Bricogne ; il va s'entendre avec l'agent de M. Rothschild qui est arrivé.
« Il ne m'est venu jusqu'à présent aucune ouverture de Séville ; aussitôt qu'il m'en arrivera, je vous les ferai connaître. Quelques intrigants se sont présentés pour y aller, mais je n'y ai mis aucune confiance, parce que mes instructions ne portaient pas d'être le premier à faire des ouvertures ; je me suis borné à laisser connaître qu'un million serait assuré à ceux qui me ramèneraient le roi. Vous m'y avez autorisé. Je suis extrêmement mécontent du ministre de la Guerre ; il fait tout ce qu'il peut pour faire manquer le service de mon armée, vous en jugerez par les pièces que je joins ici.
« La Régence a nommé ses ministres qui doivent m'être présentés aujourd'hui.
« Je vous renouvelle, mon cher comte, l'assurance de toute mon estime et affection, sentiments qui vous sont bien mérités pour le soin que vous mettez (pour tout ce qui vous regarde) à contribuer
olO MAI 1823.
le plus possible au succès de l'cnlreprise qu'il a plu au Roi de me confier.
« LoLi s- Antoine. »
cc.cxciv. — M. iti: :\[ARii(;NAr. au comte de vu^lele.
« Madrid, le 3i mai 182:).
<c Monsieur le comte, j'ai reçu ce matin la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 2o. J'y ai vu avec bien de la peine l'inquiétude que vous a causée la détermination provisoire qui avait été arrêtée par Monseigneur. J'espère que celte inquiétude est maintenant dissipée et que vous aurez été satisfait du parti que nous avons pris et de la marche que nous avons suivie dans les circonstances difficiles où nous nous sommes trouvés. Je persiste à vous assurer que l'opinion générale s'est prononcée en faveur de ce qui a été fait, soit pour le mode, soit pour le choix, et que la bonne foi et la franchise, qui ont présidé à toute l'opération, ont frappé tout le monde. Il me tarde bien d'apprendre que le gouvernement français est satisfait et que ses vues sont remplies.
(( Le jour de Saint-Ferdinand a fourni une occasion toute naturelle de savoir quelle consistance la Régence aprise dansMadrid. Elle avait fait annoncer qu'elle recevrait à dix heures au palais en l'honneur de la fête du roi. J'ai assisté à la réception avec M. de Caux. Nous avons vu passer là tous les ordres, tous les tribunaux, tous les fonctionnaires civils et militaires. Jamais reconnaissance et adhésion ne furent plus manifestes et plus éclatantes. J'ai recom-