TOME III
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pourquoi ils cherchent par tous les moyens à nous mettre en guerre avec l'Espagne.
(( Yous verrez que nous venons d'écrire à notre ministre à Madrid, que si. lors de la réunion des Cortrs, le gouvernement espagnol so permettait des accusations ou des provocations contre nous, il eût à demander ses passeports. Nous lui avons aussi ordonné de se retirer dans le cas oii la faction voudrait entraîner le roi et la famille royale à Cadix, comme nous savons que c'est son projet.
<( Vous verrez, par la lettre de notre ministre à Lisbonne, que la situation du Brésil amènerait le gouvernement du Portugal à s'unir avec la France et l'Angleterre pour régler le sort de cette colonie. Yous savez que depuis longtemps mon opinion est que les affaires d'Espagne et du Portugal doivent être traitées d'ensemble avec celles de leurs colonies. La force des choses amène déjà ce que j'avais prévu : il me semblerait utile de donner cette direction aux délibérations du Congrès à l'égard de ces deux pays : ce n'est qu'ainsi qu'il est permis aux grandes puissances d'arriver jusqu'à des questions intérieures, dans lesquelles elles ne peuvent intervenir directement qu'en se donnant la couleur d'abuser de leur force. Le Congrès a le droit de prévoir une rupture entre l'Espagne et la France, et de dire que dans ce cas il fait avec ce dernier pays une alliance offensive et défensive, dont vous connaissez les conditions admissibles. Le Congrès peut demander à l'Espagne et au Portugal de prendre un parti sur leurs colonies d'outre-mer, dont l'état actuel trouble la paix du monde, ou déclarer que les puissances seront obli-
gées d'y pourvoir en cessant de reconnaître l'état dépendant de ces colonies. Eiiliu le Congrès peut faire un acte digne de lui, en cherchant par des résolutions sages, pacifiques, mais fermes, à pourvoir, suivant les événements qui peuvent résulter, soit de l'insurrection dos Grecs, soit de l'insurrection des Amériques, à ce que les liens qui unissent les grandes puissances ne soient pas rompus, et le meilleur moyen pour cela, c'est de convenir de la conduite qu'on tiendra en commun, c'est de se lier par des traités qui resserrent et utilisent l'union.
« Tout ce qu'on fera, soit relativement aux sociétés secrètes, soit relativement aux institutions de l'Espagne et du Portugal, ne me parait pas aussi efficace, et aurait le danger de paraître faire intervenir les souverains dans des questions intérieures, que les ennemis delà civilisation représentent avec quelque avantage ne pouvoir être soumises aux décisions des étrangers sans compromettre les droits et l'indépendance des Etats.
(( Qu'on nous laisse mener notre affaire d'Espagne comme nous le jugerons convenable selon les événements; notre intérêt est le même que celui de l'Europe ; elle n'a rien à compromettre en s'unissant à ce que la nécessité nous imposera. Vouloir que nous agissions selon les décrets du Congrès, serait nous avilir et par conséquent nous affaiblir: vouloir nous laisser arbitres de la conduite à laquelle on s'associerait, c'est nous témoignerune confiance que nous méritons, nousreleyer, nous renforcer et servir ainsi la cause commune. Ce serait une faute que de s'associer, soit à la régence d'Urgel, soit à toute
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autre agrégation insurgée; la guerre s'ensuivrait sans aucun doute et on aurait ajouté à ses dangers et ses embarras ceux de la direction passionnée et souvent peu éclairée des organes d'un parti, tandis que, si on est réduit à faire la guerre, il faut rester maîtres d'agir comme on le jugera utile, sûr que ceux dont on protégera les opinions no peuvent manquer de nous seconder.
« Relativement à la Grèce, je crois que Tempereur Alexandre ne peut faire plus que ce qu'il propose, qui est de ne pas attaquer les Turcs, mais de ne leur renvoyer d'ambassadeur qu'après qu'il aura vu comment ils finiront leurs démêlés avecles Grecs; il pourrait, ce me semble, exiger des autres puissances dans cette situation le même traité éventuel que nous consentirions à notre égard vis-à-vis de l'Espagne. La crainte do voir toutes les puissances coopérer avec la Russie, si les Grecs n'étaient traités avec humanité, contiendrait sans doute la Porte et ferait un bon etTet pour le Congrès en utilisant cette auguste réunion.
« Enfin le soulagement des Napolitains et l'évacuation du Piémont, en donnant la preuve du désintéressement des grandes puissances, mettraient le comble à la confiance que leur union doit inspirer si on veut qu'elle soit durable.
« Nous sommes dans une assez bonne situation intérieure, et les collèges électoraux, qui vont être convoqués pour les premiers jours du mois prochain se réuniront sous une influence d'opinion assez favorable pour que nous espérions éliminer douze ou quinze députés de l'opposition et accroître