‹ Mémoires et correspondances du comte de VillèleChapitre 58 sur 158 · CC.LIV. LE VICOMTE DE MONTMORENCY AU COMTE · texte numérisé non relu

CC.LIV. LE VICOMTE DE MONTMORENCY AU COMTE

« Vérone, ce 1 novembre au soir.

(( J'apprends, mon cher collègue, qu'un jeune homme attaché à la légation russe part pour Paris dans une heure ; quoiqu'il doive s'arrêtera Milan, et peut-être dans quelques autres endroits, j'en profite pour vous accuser réception de votre lettre chiffrée du 31, que j'ai reçue hier par l'envoi qu'a fait M. le baron Vincent. Je suis charmé des bonnes nouvelles de l'intérieur que vous voulez bien me donner. C'en serait une qui m'affligerait, que l'obligation imposée à M. de Corbière de se séquestrer des affaires pour soigner uniquement sa santé ; je ne veux pas suppo- .ser, même comme possible, qu'un tel parti puisse être pris avant mon retour, et que le Conseil puisse avoir la grande et difficile tâche de proposer au Roi des candidats pour des fonctions si importantes. Yeuillez parler à lui et à M. de Peyronnet de mon intérêt bien sincère pour leur santé. Je ne traiterai pas ici les matières politiques, sur lesquelles votre dernière dé pèche ne renferme pas de nouvelles notions. On est toujours occupé ici du travail dont je vous ai parlé. J'ai eu l'honneur encore aujourd'hui de causer plus d'une heure avec l'empereur Alexandre ; mon premier courrier vous portera le récit de cette conversation, dans laquelle j'ai répété et confirmé l'explication que j'avais déjà eue avec le général Pozzo, et de plus opposé respectueusement quelques graves considérations à l'ardeur trop gêné-

reuse de l'empereur. Adieu, mon cher co]lèg^ue,ilme tarde de vous annoncer une ou doux conférences de plus, et puis mon départ. J'ai fait remettre par une bonne occasion au Pont-de-Beauvoisin, en la faisant recommander au directeur de la poste, une lettre que j'avais reçue du duc de Laval pour vous, par le retour du courrier qui a porté les pièces attendues à Rome. Les nouvelles du pape, du 4, sont toujours très bonnes. Vous connaissez, mon cher collègue, mes inviolables sentiments.

« Montmorency. »

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