CCLV. LE COMTE DE VILLÈLE AU VICOMTE
DE MOXTMOREN'CY.
« Paris, le 8 novembre 1822.
« Mon cher collègue, je profite d'une occasion que m'offre M. Rothschild, pour vous donner avis que par suite d'indiscrétions et de mensong-es débités hier à la Bourse au sujet des dispositions du Congrès, nos fonds publics ont éprouvé une baisse de deux francs sur les cours cotés et de trois francs cinquante dans les affaires qiw suivent la tenue de la Bourse. Comme ce que vous m'aviez marqué n'était connu que du Conseil, que j'avais eu l'attention de garder chez moi et sous clé les dépèches et les pièces que vous m'aviez transmises ; comme enfin aucun ambassadeur, ni aucun banquier étranger, n'avait reçu de courrier en même temps ni depuis, j'ai du rechercher d'oii pouvaient être partis* ceux de ces bruits qui avaient quelque analogie avec les dispositions du Congrès, et je me suis assuré,
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par des pièces que j'ai sous les yeux, que M. Achille Jouffroy eulretient ici, sur ce qui se passe au Couvres, la correspondance la plus exacte, la plus suivie, puisqu'elle est en forme de journal, et la plus dangereuse par la direction violente qu'il lui imprime. Il court dans Paris une pièce intitulée : « Note remise « le 23 septembre, à Vienne, àM. de Montmorency par - « M. Achille de Joufîroy », qui n'a pas peu contribué à accréditer le bruit que le dernier courrier nous avait apporté la nouvelle que, mettant vos instructions de côté, vous aviez signé avec l'Autriche, la Russie et la Prusse, une déclaration de guerre à l'Espagne. Le journal dont je vous ai parlé porte, sous la date du 28 octobre, la note que vous avez remise, son objet, et les dispositions des divers cabinets sur la réponse à vous faire. Le Roi et moi y sommes représentés comme ayant laissé surprendre nos secrets ici par Wellington, à son passage. Enfin le danger et l'inconvenance, soit pour vous, soit pour le gouvernement, de l'existence de pareilles intrigues, sont tels que je me hâte, aussitôt après les avoir découvertes, de vous les communiquer pour que vous en préveniez la continuation. Cette lettre n'étant à d'autre fin, et n'ayant qu'un moment pour vous écrire, je finis en vous assurant, ainsi que tous nos messieurs à Vérone, de tous nos sentiments.
« Les nouvelles d'Espagne portent à croire que Quesada a été battu du côté de Vittoria; que la perte de Castelfollit a beaucoup coûté aux troupes de la Régence, repoussées aussi sur un autre point où était Millans, et attaquées par les habitants du