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puissances se fussent expliquées et entendues, pour profiter de la diversité de leurs avis et rendre nulle toute action qui ne serait pas la sienne propre. Elle a pris une autre voie, et l'on a profité de l'espèce d'initiative qu'elle a réclamée, pour lui donner l'apparence d'être venue réclamer l'appui des puissances, et avoir été gênée par l'opposition de l'Angleterre. D'un autre côté, au moyen de ces démarches communes, qui ont été proposées simultanément avec cette promesse vague d'un appui assez inutile pour elle, on a à peu près donné à ce qu'elle peut se décider à faire en Espagne, le cachet d'un arrêt de la Sainte-Alliance.
(' La démarche que les alliés vont faire, que nous nous y joignions ou non, auprès du gouvernement espagnol, va très probablement les conduire au rappel de leurs agents diplomatiques. Elles le désirent toutes les trois et l'ont déjà proposé. La Russie, parce qu'elle y voit le prélude d'un état de guerre; l'Autriche, parce que c'est une mesure qui n'a pour sesintérêts aucune conséquence, bonne ou mauvaise, qui la débarrasse de tout rapport gênant avec un gouvernement révolutionnaire, et qu'il offre un moyen facile de paraître partager les idées de la Russie, qu'elle veut ménager. Elle se trouvera à l'égard de l'Espagne précisément dans la même situation qu'à l'égard du Portugal, d'où elle a rappelé son ministre sous un prétexte fort léger.
« Si la France juge qu'il y ait trop d'inconvénient pour elle à prendre part à cette démarche générale des puissances du continent, elle est placée avec moins d'avantage pour refuser, depuis la manière
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dont elle a paru réclamer l'apiuii de ses alliés; mais il n'en arrivera rien de fâcheux de la part des trois puissances continentales. L'Autriche et la Prusse en seront probablement fort aises ; l'empereur de Russie en aura seulement de l'humeur. Il a déjà trouvé la France trop peu décidée dans cette queslion-là.Dans le moment actuel, il paraît compter que les démarches convenues vont nous conduire à la guerre, il nous promet tout son appui et celui de ses alliés. Peut-être voit-il là une occasion de mortifier l'Angleterre, contre laquelle lui et son cabinet paraissent avoir de jour en jour plus d'aig-reur,
c< Si au lieu de cela la France se décide à rappeler son ministre et à faire la guerre, l'Autriche ne s'y opposera pas et se réservera pour l'avenir. L'Angleterre, à moins que des raisons très fortes ne l'y contraignent, ne prendra pas ouvertement la cause des Cortès, de peur des conséquences qu'un pareil parti pourrait avoir en Orient. Elle se tiendra prête à profiter de nos fautes ou de nos malheurs, et s'occupera des arrangements favorables à son commerce qu'elle se flattera de faire ratifier par le gouvernement futur d'Espagne quel qu'il soit.
<■<■ La France peut donc prendre le parti qui lui semblera le meilleur, sans avoir beaucoup à craindre de l'effet qu'il produira sur les cabinets du continent. II lui reste à juger les nouveaux rapports de l'Angleterre avec le gouvernement espagnol, et ceux qui se sont établis entre ses sujets et ce même gouvernement, rapports qui pourraient peut-être devenir assez importants pour gêner le ministère anglais, ou lui fournir des prétextes.
« En résumé, c'est à Paris et à Londres que l'affaire va se traiter. Le Congrès se sépare dans la meilleure intelligence possible; et les affaires de l'Italie ne fournissent de sujets de mécontentement à aucune des puissances qui y sont représentées. »