‹ Mémoires et correspondances du comte de VillèleChapitre 99 sur 158 · CCXC.VI. LE MARÉCHAL DUC DE BELLl'NE AU COMTE · texte numérisé non relu

CCXC.VI. LE MARÉCHAL DUC DE BELLl'NE AU COMTE

DE VILLE LE

(( Bayonne, le 4 avril 1823.

'( Monsieur le comte, la lettre que vous avez adressée delà partduRoi à M*''"" le duc d'AngouIème, n'a rien changé à la résolution qu'il a prise de ne

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pas me recouiiaitre comme major général de l'armée et de maintenir en cette qualité M. le lieutenant-général comte Guilleminot. Le prince, s'autorisant de la faculté «jue cette lettre lui donne, de faire à ce sujet les dispositions qu'il jugera convenables, me propose, si je veux rester à Farmée, une condition nouvelle, moins admissible encore que celle dont j'ai eu l'honneur d'entretenir V. Exe. par ma dernière dépêche. Ce n'est plus les fonctions de major général, réglées journellement par le prince et M. le général Guilleminot, qui me sont offertes; le titre honorifique, mais nul et dérisoire, de commandant en second de l'armée, est le dédommagement qui m'est présenté. Je fais observer, mais en vain, que ce titre sans fonctions n'a aucun rapport avec la mission qui m'a été confiée ; qu'en l'acceptant, les intentions du Roi et de son Conseil ne seraient pas remplies; qu'enfin je n'ai pas été envoyé à l'armée pour être le témoin passif de ses opérations, mais bien pour y participer directement en ma qualité de major général. Ces réflexions simples et vraies ne sont pas écoutées, et la nécessité de me retirer est aujourd'hui dans toute son évidence. Agir autrement serait de ma part une imprudence et porterait peut-être le trouble dans l'armée, ce qu'il faut éviter. Mais pour atténuer autant qu'il peut dépendre de moi l'eiïet de ma retraite, je me propose de voir les troupes, de prendre des notes sur leurs besoins et de les accompagner au passage de la Bidassoa. Je ne les quitterai que lorsqu'elles seront en pleine marche en Espagne et au delà d'Irun. Je parcourrai ensuite la ligne jusqu'à Perpignan, où je verrai également le

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4^ corps, ainsi que ses approvisionnements de toute espèce. Je ne vois que ce moyen de détourner l'attention de la malveillance sur ce qui se passe ici, et de rempêcher d'en tirer parti à notre désavantage.

« L'armée franchit décidément la Bidassoale 7 du courant. Diverses circonstances se sont opposées à ce qu'elle la passât plus tôt. Cette armée est une des plus belles que la France ait eues depuis longtemps; elle est animée du meilleur esprit et tout fait espérer qu'elle remplira honorablement l'objet de sa destination. Agréez, etc.

« Le maréchal de I^ellune. »

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