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Memoires et Documents. /c publies

JNous pensons qu'on nons saura gré de la publication des monuments qui nous restent de la première législation locale de Montréal. Les documents qui suivent sont tirés des archives du Greiîe de cette ville, et nous montrent Pesprit qui animait ses premiers colons, les dangers auxquels ils étaient exposés et les mœurs du temps. Nous aurions vouiu y joindre une notice biographique de Mr. Paul Chomedey de Maisonneufve qui en fut le premier Gouverneur, mais l'absence de quelques renseignements nous force d'ajourner ce travail à une autre époque.

Nous devons cepen lant donner ici quelques explications sur cette fonction de Gouverneur de Montréal.

Loyseau, en son Traité des offices, nous dit que ces Gouverneurs particuliers n'avaient d'autres pouvoirs que ceux conférés aux Capitaines des places et châteaux, et seulement en ce qui concernait les armes. Ils consistaient à " recevoir et loger garnisons, fournir de vivres, munitions, " pionniers et autres choses nécessaires pour la guerre. . . . '* avoir et tenir l'œil ouvert à la garde, sûreté et conserva- '* tion des dites places, châteaux et forteresses, et, pourvoir ** aux choses pour ce requises et nécessaires."

Ces Gouverneurs n'étaient tenu? d'observer aucune

formalité de juslice, comme de verbaliser et rédiger par écrit leurs procédures et ordonnances.

Ils n'avaient cependant, pas la puissance de vie et de mort, et une ordonnance du 7 Mai 1679, leur défendit même " de faire arrêter et mettre en prison aucun des Français " habitués au pays, sans l'ordre exprès du Gouverneur et Lieutenant Général, ou arrêt du Conseil Souverain." Cette ordonnance leur ôta de plus le pouvoir de condamner aucun des habitants à l'amende.

Ils étaient subordonnés aux Gouverneurs et Lieutenant- Généraux, et tenus de faire exécuter leurs ordonnances.

Nous n'avons pu trouver aucune trace de la commission de Gouverneur qui avait été donnée à Mr. de Maisonneufve par les Associes de la Compagnie de Montréal ; mais il y a tout lieu de présumer qu'elle était conforme à ce que nous venons d'exposer ;

Mr. de Maisonneufve rendait aussi la justice, mais ce n'était qu'en vertu d'une commission spéciale, ainsi qu'ion le voit porté dans un jugement par lui rendu.

Les pouvoirs de Mr. de Maisonneufve ne s'étendaient pas au delà de l'Isle de ^lontréal, mais ses successeurs, qui tinrent leurs commissions du Roi, virent leurs pouvoirs étendus depuis Saurel jusqu'au dessus de l'Isle de Montréal.

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