MESURE MESURE
NATURE DU SOL LOCALE (l) DU ROI
Terres labourables 378.53.10 230.19.1/2
Prés 54-37-ia 44.93-7/8
Vignes 167.91.06 137. 1 1.3/4
Bois 77.10.18 63.73.7/8
Maisons, bâtiments, cours, jardins. 53. 3.14 43.99.7/8
Étangs 35.14 39.5/8
Communs, terres, prés et bois. . 110.77.00 91.54.1/3
Chemins, rivières, ravins. . . . 36.86.08 33.30.1/8
Totaux 765.95. a 633. 3.1/8
(i) Dans un procès-verbal de bornage dressé en 1775 > par Desforges, arpenteur à Corbeil, il est dit qae d'après la mesure locale, l'arpent vaut cent perches, de chacune 20 pieds, soit en valeur actuelle 42 «• 21 c
Orographie
Le point le plus haut au-dessus du niveau de la mer est situé aux Brosses, à une altitude de 89 mètres. L'allée de Saintry, en face Champlâtreux, est à la cote de 38 m.
L'altitude de la Seine au droit de Saintry est de 33 m. 06.
Hydrographie
En outre du fleuve, deux ruisselets arrosent le village : le ruisseau des Flamouches ou Flamèches, le Rû de Vital.
Population
D'après les déclarations au terrier faites en 1636, devant M« Hideulx, notaire à Corbeil, 136 habitants payaient à cette époque le cens au seigneur de Saintry. La population était évidemment un peu plus élevée. En 1678, ^i habitants payent la taille ; ^ sont exemptés. Le dénombrement de l'élection de Paris, imprimé en 1709, y a marqué 40 feux et le dictionnaire universel de la France publié en 1716 comptait que cela pouvait faire 146 habitants.
La dépopulation à cette époque doit être attribuée aux maladies contagieuses qui ont décimé ces contrées de 1630 à 1660 et aux méfaits de la Fronde.
Dans un autre dénombrement de Tan 1743, publié par le sieur Doisy,le nombre des feux de Saintry est fixé à 33. A cette époque la population ne devait pas être inférieure à doo âmes.
Les dénombrements faits depuis la Révolution donnent les résultats suivants :
Le chiffre de la population a donc presque doublé depuis un siècle. Il faut espérer que la progression sera la même à l'avenir
(i) Ce dénombrement se décompose ainsi ; français 6ii, étrangers 17.
et que les habitants de Saîntry tiendront à honneur de mériter toujours le bon renom de leurs aïeux.
Le nombre des maisons en 1901 était de 171 occupées par 197 ménages ; elles étaient ainsi réparties :
Grande Rue 83
La Ferme i
Rue du Cimetière 34
Rue de TÉglise d
Route de Melun 27
Rue des Brosses 34
La proximité de Paris, le voisinage de la rivière, la salubrité du climat, les mœurs douces et paisibles des habitants, 7 ont fait élever plusieurs maisons de plaisance et bâtir plusieurs villas. De nombreux bourgeois de Paris 7 ont habité de tous temps. Des poètes Tout chanté, entre autres Âved de LoizeroUes, qui 7 résidait avant la Révolution^ et qui appelait Saintr7 le séjour de la paix y de r innocence et du bonheur*
Dans un poème qui eut deux éditions, il s'exprimait ainsi au sujet de Saintr7 :
O charmante retraite ! ô champêtre Saintry / Tu m* offrais la douceur de ton paisible abri.
Je crois cueillir encor la fraise rougissante^
Le raisin a^uriy la poire succulente,
La figue qui se cache en son feuillage obscur ^
Et la noix que protège un bois épais et dur.
T assiste en souvenir à ce banquet rustique ;
Je crois voir^ comme au temps de la Cérès antique ;
Les filles du hameau^ les villageois chantant ^
Entasser ^dans Poster le raisin abondant.
Quand d*un muscat doré la vue enchanteresse
Retarde de mes pas l'excusable paresse,
Je reviens, rappelé par le cercle joyeux^
Ecouter leurs bons mots^ me milerà leurs jeux / (i)
(i) François Simon Aved de LoizeroUes, avocat et littérateur, conna surtout par la légende de la mort de son père, né à Paris en 1772, mort en 1845, P^^^ ^^s beaux jours de son enâuice ï Saintry, dans la propriété qu'y possédait son père et qui appartient aujourd'hui à Mme Goujet. Les vers que nous citons sont extraits du poème qu'il consacre à la mémoire de son père, mort victime de la terreur, poème qui eut deux éditions, 181 3, in-12 et i8a8 in-8*.
— lO —
Madame Guittard-Ancelin, qui vécut aussi à Saintry, fait dire à un vieillard de ce village dans une poésie qu'elle y consacre, restée manuscrite :
€ Nous avons la forêt, des bois, une cascade, « De r ombre, des prairies, de belles promenades.
« Nos champs sont cultivés^ nos bons cultivateurs % Vivent en paix ici du fruit de leur labeur ; % Les femmes sont actives, propres^ laborieuses ; « Les jeunts gens rangés^ les filles vertueuses j € Les enfants sont polis, studieux, enjoués.
« Notre village est gai, pas du tout monotone
« La nature est riante, et l'aisance est partout,
« La j'oie dans tous les cœurs, et le bonheur che:^ nous I
Saintry n'a ni industrie, ni manufacture.
En 1780, le 1/4 du territoire était planté en vignes et fournissait un vin des plus estimés qui était la principale ressource des habitants ; mais cette culture, qui était alors pratiquée en grand, tend à disparaître de plus en plus, soit sous l'influence des changements météorologiques, soit par suite de maladies de l'arbuste.
C'est ainsi que moins de 40 hectares sont cultivés en vigne actuellement.
Mais les habitants ont donné surtout depuis 30 ans une plus grande extension à l'agriculture, et s'initiant peu à peu aux nouveaux moyens de cultiver la terre, ils font rapporter davantage à leur mère nourricière.
Ils n'ont aucun marché dans leur commune, mais celui de Corbeil leur fournit en abondance tout ce qui leur est nécessaire ; de temps immémorial, ils viennent vendre aux habitants de cette ville le lait très renommé de leurs vaches.
Géologie
Le sol de Saintry, comme presque tout le bassin de Paris et la vallée de la Seine, est à base jurassique, au-dessus de laquelle s'étend le terrain crayeux et, plus haut, le terrain tertiaire provenant d'alluvions soit marines, soit fluviales.
Outre le sol géologique originel, il en existe un autre de formation factice, composé de sable et de cailloux roulés et charriés avec d'autres débris par le fleuve, ainsi que d'une couche de limon provenant d'atterrissements anciens. Telle est notamment la composition de la partie du territoire deSaintry dénommée les Cailloux et les Friches.
Sur le coteau, à la base du terrain tertiaire, on trouve une couche de calcaire jaunâtre, tendre, crayeux, dont la partie supérieure passe quelquefois à la meulière. Depuis un temps paraissant remonter au i^^^ siècle, ce calcaire qui fournit de la chaux de bonne qualité, a fait l'objet d'une fabrication relativement importante à Saintry. Les extractions avaient lieu notamment dans la partie du territoire qui a reçu en souvenance le nom de Champlâtreux.
Un procès-verbal avec plan dressé par M. Jean Beaussire, conseiller du Roy, architecte. M» Général des bâtiments du Roy et de l'Hôtel de Ville, inspecteur et contrôleur, ayant charge des eaux et fontaines, qui s'est transporté à Saintry, le vendredi i6 Juin 1713, en vertu d'une sentence interlocutoire de la Ville de Paris, du 14 du même mois (i), nous apprend que Haudry, marchand de chaux à Corbeil, pour la provision de la Ville de Paris, y possédait un four à chaux alors en bon état et « une montée en rampe pour conduire en haut (Ticelui » ; ce four se trouvait au fond de la cour de sa maison, laquelle avait sa porte d'entrée sur la grande rue du village ; de plus, dit-il, à certaine distance est une autre pièce de terre, d'un arpent environ, contenant en masse des pierres propres à faire de la chaux, et au surplus toutes les pièces des environs.
Des carrières de meulière sont exploitées actuellement dans les champtiers de la Garenne.
Le sol des prairies dans la vallée de la Seine est composé d'un banc de terre végétale et alluviale reposant sur une couche argileuse.
Usages locaux
Locations verbales (maisons).
Pour les habitations ayant des jardins, la durée régulière de la location est d'une année commençant le i*' janvier.
|i) Aich. Nat. q i$io.
— lu —
Le congé, s'il y a lieu, doit être donné 6 mois à Tayance, c'est-àdire avant le i^ Juillet, sinon la location continue.
Pour les logements ou appartements simples, les termes de location sont de 3 mois et commencent le P^ de chaque trimestre, soit les !•" Janvier, Avril, Juillet et Octobre ; le congé doit être donné 3 mois à Tavance.
Les paiements doivent s'effectuer par trimestre dans les deux genres de location, en tenant compte, toutefois, d'un délai de i; jours, accordé au locataire pour se libérer et faire les réparations locatives ; celui-ci jouit également du même laps de temps pour remettre les lieux en cas de congé.
Dans le cas où un locataire n'aurait pas de quoi répondre suffisamment du paiement d'un terme de loyer en entrant, le propriétaire aurait le droit de le faire payer d'avance et, en cas de non exécution, de donner congé seulement un demi-terme avant l'échéance du trimestre (i).
Locations verbaks (terres).
Les pièces de terre non réunies en corps de ferme ne se cultivent pas généralement par sole, mais, ainsi qu'on le dit dans les campagnes, à l'écorché ; leurs locations sont censées faites pour une année qui commence au 11 novembre et expire de plein droit à pareil jour, sans qu*il soit besoin de donner réciproquement congé. Quant aux terres dépendant d'un corps de ferme^ leur location fait toujours l'objet d'un bail écrit dans lequel sont stipulées toutes les conditions de durée et de mode de jouissance.
Domestiques. — Gens de service à gages.
Les domestiques pour le service de la maison ou de la personne sont ordinairement engagés au mois. Le maître et le domestique ont respectivement le droit de faire cesser l'engagement en avertissant de leur intention 8 jours à l'avance, ou en tenant compte d'une indemnité équivalente à 8 jours de gages, à moins de circonstances majeures, d'inconduite ou autres motifs légitimes.
Mode de culture.
La culture triennale ou par assolement est généralement abandonnée pour les grandes comme pour les petites exploitations. On
(t) Délibération du Conseil municipal du 28 mai 1893, approuvé par le préfet, le 7 juillet suivant.
fait produire la terre tous les ans en alternant, toutefois, la nature des emblavements.
Plantation d'arbres et d' arbustes. — Distances à observer.
Pour toutes les plantations d'arbres à haute et basse tige, quelle que soit l'essence de ces arbres, on observe les distances indiquées par l'article 671 du code civil.
Cependant et conformément aux droits communs, il est fait exception à cette règle pour les héritages enclos et les jardins séparés par des murs mitoyens ou non.
Vignes. — • Plantation^ distance.
La distance est de ço centimètres entre les derniers ceps d'une planche, et la ligne séparative d'avec la pièce contiguë n'est pas observée ; il est d'usage général de laisser simplement entre les deux pièces un sentier de o m. ^o c. dont Taxe forme la ligne de séparation ; les terres de ce sentier sont ordinairement relevées tous les ans alternativement par chaque voisin qui les rejette alors de son côté.
Ban de vendange.
On ne publie plus de ban de vendange ; chaque propriétaire ou vigneron fait sa récolte de vigne quand il lui convient. Mais elle cesse d'être surveillée contre le gaspillage lorsque les gardes messiers ont cessé leur fonction.
Glanage, — Grappillage,
Le glanage après l'enlèvement de la moisson, le grappillage après la vendange, sont usités à Saintry et réglementés par des arrêtés préfectoraux du 10 juillet 18 19 et années suivantes.
Bois. — Servitude.
Les coupes de bois ont lieu généralement tous les neuf, douze et quinze ans ; mais l'on peut dire qu'il n'existe pas, à l'égard de ces coupes, d'époques parfaitement uniformes.
Les bois ne sont pas assujettis aux servitudes de pâturages, parcage ou glandée. Â Saintry, des permissions sont données aux familles indigentes pour aller, à certains jours fixés, ramasser le bois
mort, mais ce n'est qu'un acte de simple tolérance de la part des propriétaires.
Cependant un arrêt rendu par le Parlement de Paris, le 8 décembre 1319(1) reconnaissait que les mananset habitans des villages et paroisses de Perray,Saintry, Morsang-sur-Seine,Tourailles, Lieusaint, etc. avaient le droit de mener paître leurs vaches dans les bois de Rougeau, et spécialement dans les bois dits de FuchiSy de Cauda, de Forgis^ de Vove, de Quinque Ramellis^ de Magna Venta, et de Fossatis.
Cet arrêt a été rendu à l'encontre du Chapitre de Saint- Spire de Corbeil ; cet usage que la Révolution n'a pas aboli est tombé en désuétude ; les habitants ont laissé prescrire leurs droits.
Vaine pâture.
Avant la loi du 9 juillet 1889, les habitants et exploitants non domiciliés jouissaient de fait du droit de vain pâturage, tant sur les jachères que sur les prés naturels, après l'enlèvement de la première herbe jusqu'au i®' mars. Le nombre des bêtes à laine qu'il était permis à chacun d'y envoyer était fixé, par arrêté municipal du II novembre 183a, à une tête de bétail pour 84 ares 42 centiares exploités.
Depuis la loi du 9 juillet 1889 modifiée dans ses articles 3,^ et 12 par celle du 22 juin 1890, le droit de parcours et celui de vaine pâture ne paraît plus s'exercer que sur les friches de la commune.
(i) BouTAUc. Actes du Parlement, tome II, p. 298.