ERASME
fit EN 1467, MORT 1536.
Erasme naquit à Rotterdam ; ses titres à la gloire littéraire sont établis à la fois par la beauté et le nombre de ses ouvrages ; mais ses talents comme peintre sont peu connus, et même ignorés du public. Descamps lui assigne une place dans les Vies des Peintres flamands et hollandais , et ajoute : c Dirck Van Blaeswyck nous apprend dans son introduction à la description de la ville de Delft, que lorsque Erasme se retira dans le monastère d'Emaus ou Tensteene près de Gouda, dont il avait fait choix uniquement à cause de sa superbe bibliothèque, il s'appliqua à la peinture, dans laquelle il obtint bientôt autant de succès que dans ses autres études. » Parmi les tableaux nombreux quil exécuta, le plus important fut un Calvaire, où le Sauveur était représenté au moment du supplice. Cette toile fut conservée avec le plus grand soin dans le cabinet de Corneille Muscius, le prieur du couvent. Les artistes de Fépoque ont rendu justice aux tableaux du savant hollandais.
M. Charles Butler, dans sa Vie d'Erasme, dit : c On prétend que dans une collection hollandaise se trouve la peinture d*un crucifix avec Tinscription suivante : Ne méprisez pas ce tableau, il fut peint par Erasme, lorsqu'il était un des religieux du monastère de Stein. >
Le voyage de Holbein en Angleterre est généralement regardé comme fait d'après les conseils d'Erasme, qui ne visita pas moins de cinq fois cette contrée, et resta toujours l'ami et le correspondant de tous les hommes de mérite qui y résidaient. Lorsque
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Holbein quitta Bâle, Erasme lui fournit des lettres d'introduction , et dans la lettre par laquelle il le recommande à Pierre OEgidius, il dit : Hic, artes frigent, petit Angliam ai corrodai Angellolos. > Faisant par là allusion aux monnaies d'Angleterre. Il écrivit aussi à Thomas Morus, auquel il envoya son portrait par Holbein» lui disant, que la ressemblance y était mieux saisie que si Albert Durer en avait été Vauteur.
(Eau-forte de Yan Dyck). — La douceur et Tintelligence qui brillent dans son regard , expriment parfaitement le caractère que Ton connaît au personnage , et il existe dans le dessin de la bouche et de la partie inférieure du visage, une vérité et une d^icatesse inouies. La tète est couverte d'un bonnet , et une robe doublée en fourrure , s'attache par une ceinture autour du corps. Devant lui se se trouve un livre ouvert, que soulève légèrement la main gauche, le pouce s'appuyant sur la page, où Ton peut reconnaître le mot RoTTERD. Les doigts de la main droite, se reposent sur la page opposée où sont tracées les lettres Er. La manche fourrée de la robe, tombe jusqu'au dessous de la ligne qui termine le dessin. Le bonnet, le front, l'œil et la joue gauches ne sont qu'esquissés, tandis que l'ombre de la joue droite est soigneusement achevée. Celle du menton et de la partie de la robe qui se trouve au-dessous de la joue gauche est très-fortement marquée. Les drapperies sont peu soignées ; de la main et du livre il n'existe vraiment que les contours , quoiqu'on ait introduit quelques ombres légères entre les doigts et les angles des pages du livre. Quelques lignes fortement marquées et peut-être trop dures, se trouvent dans la partie extérieure de la manche droite. On voit le corps jusqu'à la
ceinture.
Hauteur, 9 p. Va lig. — Largeur, 5 p. 9 V* lig.
1. Point d'inscription. Le bord inférieur est faiblement marqué; les autres ne sont pas indiqués. L'acide a endommagé Tun et l'autre Goté de la planche , surtout la manche droite , dans certaines parties de laquelle il n'a point mordu , à cause du mauvais état du métal , et en-dessous, la corrosion s'est étendue plus bas que la ligne qui termine le dessin.
2. De plus, les bords et l'inscription : Erasmus Rotterdamus.
3. Cette addition : Ant. Van Dyck fecit aqua forti , et les initiales G. H, La partie fautive à gauche , au-dessous du bord , est corrigée ; il en est de même de l'autre côté.