FRANÇOIS SNYDERS
Cet habile collaborateur de Rabens, était natif d'Anvers , et reçut son éducation artistique de Henri Van Balen , le premier maître de Van Dyck. Au commencement de sa carrière, il n'employa ses talents qu'à peindre des fleurs et des fruits, ou à traiter des sujets de la vie privée; mais plus tard il tourna ses regards vers l'étude des animaux , et produisit dans cette nouvelle branche des ouvrages de la plus grande beauté. On a longtemps prétendu qu'il ne dirigea ses vues vers cette partie de l'art, qu'après avoir admiré en Italie, les œuvres de Giovani Benedetto Castiglione.
Cest là évidemment une erreur ; si Snyders visita en effet l'Italie, ce qui n'est pas hors de doute, ce dût être à une époque antérieure à celle où Castiglione acquit sa réputation, car né en 1616, ce peintre n'avait pas encore atteint l'âge mûr , lorsque déjà l'artiste flamand était parvenu au comble de sa gloire. Telle fut l'estime que Rubens ressentit pour ses talents, que bien des fois il s'en rapporta à lui , pour l'arrangement et l'exécution d'une partie de ses grandes chasses ; et sa manière pittoresque de grouper les animaux, la vivacité et le naturel de leurs mouvements , s'accordent parfaitement avec l'énergie et l'action des personnages de Rubens. Snyders fut généreusement protégé par l'archiduc Albert. Celui-ci lui commanda plusieurs grandes compositions , qu'il offrit à Philippe III d'Espagne , et qui décorent aujourd'hui l'antique palais de Buen-Retiro. De plus, notre peintre publia une série de dessins d'animaux , qui participent tous du caractère distinctif de ses grandes toiles.
Sa tète est d'une expression calme et majestueuse, et se distingue par la délicatesse et le fini de Texécution. Cette eau-forte est peut-être la plus soignée et la plus parfaite de celles qui nous restent de Van Dyck. La figure est vue à-peu-près de face ; un collet rabattu et garni de dentdles, laisse la gorge en partie découverte; le pourpoint, quune rangée de quatre boutons, attache sur le devant, n'est que faiblement indiqué. Quelques lignes horizontales occupent le fond, et s'étendent derrière la tête, d^uis le milieu de l'oreille gauche jusqu'au-dessous du collet.
De cette planche, Jacques Neefe fit plus tard une gravure adievée, tout en laissant la tète telle qu'elle avait été faite par Van Dyck.
Hauteur, 9 p. Va lig. — Largeur, 5 p. 9 Va lig,