‹ Mémoires et documents inédits sur Antoine Van Dyck, P.P. Rubens, et autresChapitre 25 sur 48 · PIERRE STEVENS · texte numérisé non relu

PIERRE STEVENS

Les parents de Pierre Stevens étaient des négociants d'Anvers» qui 9 par leurs grandes entreprises commerciales avaient acquis des richesses immenses. Â la mort de son père, il hérita d'une fortune énorme, d'une superbe collection de tableaux, et sans doute en partie du goût qui avait présidé à leur choix. Son amour pour la peinture, lui fit prendre pour maître Otho Venius, sous les leçons duquel il acquit une habileté remarquable. Il eut les relations les plus amicales avec les hommes distingués de cette époque si glorieuse pour Vart flamand, et leur accorda sans cesse une généreuse protection.

Son activité, sa bienveillance, sa probité à toute épreuve, engagèrent ses compatriotes à lui conférer, en Fan 1632, la charge honorable de grand aumônier de la ville d'Anvers. Par l'emploi judicieux des fonds dont il pouvait disposer, et les nombreuses dépenses qu'il solda de sa propre cassette, il se montra un administrateur zélé des richesses que la Providence lui avait confiées.

Son portrait le représente à la fleur de l'âge ; sa figure est pensive et intelligente. Sa fraise à doubles froncis, est garnie de dentelles. Une riche et ample draperie de soie , jetée sur Tépaule droite, et drapée autour du corps, dérobe à la vue une partie de son pourpoint. Le bras est recourbé; la main qui repose sur la hanche tient un gant bordé de franges ; une bague orne le petit doigt, et une large manchette à la Van Dyck se replie sur le poignet. Le bras gauche pend le long du corps.

Cette eau-forte étant généralement attribuée à Van Dyck, l'auteur se ferait scrupule de l'exclure de son catalogue ; il ne croit point

toutefois y qu'elle soit de la main de cet artiste ; car rexécution est totalement différente de celle qui distingue les œuvres du grand peintre, et cette rare union de la vigueur et de la délicatesse du dessin qui les caractérise» ne se retouve aucunement dans le portrait de Pierre Stevens.

Le duc de Buccleugh possède l'esquisse en grisaille d'après laquelle cette estampe fut gravée.

Hauteur, 8 p. 8 lig. — Largeur, 5 p. 10 lig.

Simple eau-forte, la tète inachevée; la fraise indistinctement marquée, au-dessous de Tépaule droite. De ce côté la draperie est peu travaillée ; de la main et du gant on ne voit que de faibles contours. Dans le fond quelques lignes horizontales semblent devoir indiquer le ciel, et une autre ligne verticale qui, interrompue en quelques endroits, descend du sommet de la gravure jusqu'audessous de l'épaule gauche , montre le déplacement de la paroi qui devait retenir l'acide , pendant l'exécution de la planche définitive *.

Cette eau-forte fut faite, selon toute probabilité, par Vorsterman , qui l'acheva , et la fit insérer dans les CetUum Icônes.

* Celle description est faite d'après une épreuve réputée unique, faisant partie de la colleclion de feu William Seguier, Esquire.

JUSTE 8UTTERMANS,

La courte, mais intéressante biographie que nous donnons de cet artiste » est extraite de V Histoire de la Peinture , de Lanzi ^ traduite par M. Roscoe ^. t Juste Suttermans , natif d*Ânvers et ^ève de Guillaume de Vos, fut Fobjet d*une égale admiration. Ayant fixé son séjour à Florence» sous le règne de Côme II, il y fut retenu à la cour jusqu'à la mort de Côme III , et se rendit ensuite aux prières de plusieurs princes d'Allemagne et d'Italie , désireux d'obtenir quelque souvenir d'un peintre, dont les portraits étaient regardés comme peu inférieurs à ceux de Yan Dyck. Ce dernier ayant pour lui la plus haute estime, lui fit demander son portrait , accompagnant sa prière de l'envoi du sien. Pierre Paul Rubens nourrissait les mêmes sentiments à son égard, et lui fit présent d'une de ses propres compositions , le regardant comme une de& foires de sa patrie. Suttermans peignit tous les membres vivante de la famille des Médicis , dans une foule d'attitudes différentes , et lorsque le jeune Ferdinand II monta sur le trône, il exécuta un superbe tableau uniquement composé de portraits. Il y représenta la cérémonie du serment de fidélité fait au nouveau souverain, qu'il y plaça, non seulement avec sa mère et son aïeule, mais entouré de tous les sénateurs et des nobles qui avaient assisté à la solennité. Ce tableau est d'une grande dimension ; il a été gravé sur cuivre, et existe encore dans la galerie de Florence. Notre artiste se

( Vol. I. pp. 5:19 f 330.

distingue par une netteté et une élégance de contours qui parurent étonnantes même aux peintres de Técole à laquelle il appartenait ; il possédait de plus » le talent remarquable d'ennoblir les traits de ses personnages sans diminuer en rien leur ressemblance. Cétait son usage d'étudier les manières et le caractère distinctif de son modèle > pour les transporter ensuite sur la toile , de telle sorte que sans voir la ligure d'un portrait, les spectateurs devinaient sans la moindre hésitation» la personne représentée, diaprés la position des mains ou l'attitude du corps. >

Le portrait de Suttermans par Van Dyck, fut sans doute exécuté pendant le sqour de ce dernier en Italie. La figure pleine d'intelligence et de vivacité, nous dispose favorablement à l'égard de cet homme, dont l'aisance et le maintien distingué conviennent parfaitement au peintre favori de la cour de Toscane. L'exécution de cette eau-forte est d'une vigueur remarquable. La tète, le collet, une partie du pourpoint et le dessus du bras gauche sont presque entièrement achevés; mais des mains, il n'existe que les contours, et les draperies sont à peines esquissées. Un collet rabattu et garni de riches dentelles, laisse la gorge découverte ; deux rangées de boutons, se dessinent sur le devant du pourpoint, qui est orné de galons et de broderies et tailladé sur l'épaule. Le bras gauche est recourbé; la main repose sur la hanche, et une manchette de dentelles se replie sur le poignet. Le bras droit est levé, un léger manteau jeté sur l'épaule, sert de fond à la main, dont le pouce disparait sous la ceinture qui ceint les reins du personnage ; une bague brille à son petit doigt.

Hauteur, 9 p. 5 lig. — Largeur, 6 p. 2 lig.

1 . Point d'inscription : à la partie inférieure, un bord au-dessous

duquel le cuivre est fortement endommagé par Tacide. H Test aussi, mais légèrement , vers le sommet » au-dessus de Fépaule droite. Ce sont les inégalités de la planche , qui sont cause de ces accidents.

3« De plus, les bords et cette épigraphe : Judocas Citer mans Antverpiensis Pictor Hagni Ducis Florentini. AnL Van Dyck fecU 4tqua fortL Les taches «ont effiicées.

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