‹ Mémoires et documents inédits sur Antoine Van Dyck, P.P. Rubens, et autresChapitre 42 sur 48 · LE PLAFOND DE LA SALLE DE WHITEHALL · texte numérisé non relu

LE PLAFOND DE LA SALLE DE WHITEHALL

Il résulte des actes suivants qu'un espace d'environ six années s'écoula depuis le séjour de Rubens à la cour de Londres, jusqu'au moment où il eut achevé et envoyé les tableaux que Charles I^ lui avait commandés pour le plafond de la salle des Banquets , du palais de Whitehall. Ce fait excitera peut-^tre la surprise de la plupart de ceux qui connaissent le génie inventif et la rapidité d'exécution du grand maître. Mais que l'on se rappelle qu'à peine de retour à Bruxelles, en mars 1 630, Rubens fut envoyé en Espagne pour communiquer en personne à Philippe lY, la nouvelle du succès de ses démarches à la cour de Londres ; cette mission le retint à Madrid, jusqu'à la fin de la même année , et revenu à Anvers , il y épousa la jeune et belle Hélène Froment *.

Une si grande partie de son temps, ayant donc été consacrée aux

* Tous les documents concernant les peintures de Rubens pour ie plafond de la salle de Wbileball, sont conservés aux Archives royales.

* U texte anglais dit Hélène Foreman, mais cette manière d'écrire le nom, D*élant admise qu'en Angleterre . on a cm devoir lui restituer son orthographe ordinaire : Froment.

^yVo/p rfw Tradtteleiir.i

travaux diplomatiques, on peut aisément s'imaginer qu'en quittant sa demeure, il avait écarté bien des demandes importantes, et qu'un plus grand nombre encore, l'attendaient à son retour. Michel nous cite plusieurs grands ouvrages, qu'il commença aussitôt qu'il fut à même de reprendre ses travaux. Mais un nouvel événement vient interrompre ses études ; le marquis d'Aytona, premier ministre de l'Infante Isabelle, l'envoie à La Haye entamer des négociations pour la paix avec les États-Généraux. Elles sont toutefois arrêtées par la mort de Maurice, prince d'Orange; de là , de nouvelles hostilités ; Rubens reçoit pour la seconde fois une mission secrète pour La Haye, et la paix avec la Hollande est enfin conclue.

La mort de l'Infante étant survenue, en décembre 4653, le roi d'Espagne confia le gouvernement des Pays-Bas à son frère le prince Ferdinand, qui visita Anvers au commencement de 1655; les magistrats voulant célébrer avec pompe son entrée dans cette ville, employèrent les talents de Rubens, à l'exécution des différents arcs de triomphe qu'ils érigèrent dans les rues que le cortège devait traverser ^.

Le jour de l'arrivée du prince, Rubens forcé par une forte attaque de goutte, de garder la chambre, ne put malheureusement assister à l'entrée du gouverneur dans la cité. Lorsque, à son lever, Ferdinand apprit la cause de l'absence du peintre, il l'honora d'une visite dans sa propre maison, où il passa même quelque temps à examiner les différents tableaux que renfermait l'atelier, et les précieux trésors de l'art, qui ornaient la demeure du grand maître.

Cette longue suite d'événements importants, suffit pour expliquer la durée du temps qui s'écoula, avant que Rubens pût exécuter la commande dont l'avait honoré le roi d'Angleterre.

Les lettres qui suivent , ne portent pas d'adresse , mais on suppose qu'elles furent écrites par Lyonell Wake, négociant d'Anvers, au secrétaire Windebank.

* Le récit de cet éyénement forme un fort intéressant Tolume, orné de vingt-neuf gravures d'après les dessins de Rubens. Ce livre écrit par un des amis intimes du peintre, Gaspard Gevarsius, est intitulé :6revar«it pompa introïtn$ Ferdinandi Aiutriaci,Hispaniar. infantit, etc. in Urb^m Antverpiam cnm inscripl. et comment. Folio » Antverp. 164Î.

RiGHT Honorable»

According to the comandment w"^ y' honner was pleased to gîve me by your Itre of the 28 August, I vent presently to speak W^ S' Peter Rubens about the pictures w^ be is to make for bis Mag^ wbo tells me that tbey are ail finisbed, onely ooe peece w*^ will not be througbiy dry in 8 or 10 dayes, so soeoe as they are ready I will desyre him to be présent him selfe« to looke to the packing of them, that they maye receave no hurt, and then when they are delivered to me, I will not be wanting to do my dewty to send them safely to Duynkirk, wbich I conceave is y* surest and speediest waye, whereof I will render unto y' honnor the particuler decompt, what mony shall be disburshed for the charges thereof : And so I humbly take my leave ever resting, y' honners most humble servant»

Antwerp» y* J of september, 4035. Ltonell Wake.

Endossée, ^ sept. 1035, Lionell Wake, Antwerp, re 40th pictures.

Traduction.

Très-Honorable, Conformément aux ordres qu*il a plu à Votre Honneur de me donner, par sa lettre du 28 août, je suis allé sur le champ chez S^ Pierre Rubens lui parler des tableaux qu'il doit exécuter pour Sa Majesté ; il m'assure que tous sont finis, excepté un seul qui ne sera entièrement sec que dans 8 ou 10 jours. Aussitôt qu'ils seront prêts, je le prierai de veiller lui-même à ce qu'on les emballe avec soin, sans leur causer aucun dommage, et lorsqu'ils me seront remis, je me ferai un devoir de les faire parvenir en sûreté à Dunkerque, ce qui me parait être le chemin k la fois le plus court et le moins dangeureux. Je ferai également parvenir à Y. E. le compte particulier des dépenses et des frais

nécessaires ; sur quoi je dis humblement adieu , restant toujours

De Votre Honneur, le très-humble serviteur, Anvers, J de septembre i635. Lyonell Wake.

Endossée, ^^ sept. 1635, Lionell Wake, Anvers, re iO tableaux.

RiGHT Honorable,

Upon Saterday last , in y* afternoen , Sir Peter Rubens , delivered unto me the case of pictures for his Mag*^ the w*^ I hâve sent to Duynkerk by wagen, and I doubt not but by this tyme, it is there arrived, and it will be sent from thence by y* first shipp that goeth to Londen : and I gave order that it should be sent unto M' Willim Cokayn, marchant, to the end that he may give your honner notice of the arrivai of it, that thtts you maye sende for it, and présent it to his Mag*^ : I caused it to be packt in the pressence of monsieur Rubb^s» in the best manner we could , so I doubt not but that it v^ill com well conditioned. Monsieur Rubbens intended to bave send one of purpost along v^ the case and I gave him a Itre to our Êicter at Duynkerk, to assist him in taking his passage to goe allong v^ y' case, but he send me word that the party was fallen sycke, and so made some doubt whether he vroulde goe or not.

When I hâve the note of the charges w"^ is payde ont at Duynkerk, I will send y' honner the pticulers of what I hâve layde out in ail : and so I humbly take my leave, ever resting,

Y' honners most humble servant, Lyonell Wake.

Antwerp, y* jj 8ber, 1635.

Endossée : p, october, 1635. Lionell Wake, pictures, Rubens from

Antwerp.

Traduction.

Très-Honorable»

Samedi dernier» dans le courant de Taprès-midi , M. Pierre Rubens m'a remis la caisse de tableaux pour Sa Majesté ; je Tai aussitôt expédiée pour Dunkerque par le roulage» et ne doute point qu'elle ne soit en ce moment arrivée ; elle doit partir par le premier vaisseau qui fera voile pour Londres : j'ai donné ordre de l'envoyer à M. William Cokayn, négociant; celui-ci pourra avertir» de son arrivée, Votre Honneur, qui la fera prendre» pour la faire parvenir à Sa Majesté. J'ai exigé que les tableaux fussent emballés en présence de monsieur Rubbens» et le mieux possible, de sorte que je suis certain qu'ils arriveront en bon état. Monsieur Rubbens avait l'intention de faire accompagner la caisse * par un agent, auquel j'avais remis une lettre pour notre commissionnaire à Dunkerque» priant celui-ci de faciliter le passage» lorsque je reçus la nouvelle que notre agent , étant tombé malade, il était douteux s'il pourrait ou non se rendre à sa destination.

Aussitôt que j'aurai la liste des dépenses faites à Dunkerque, j'enverrai à Votre Honneur , le compte de toutes celles que j'aurai défrayées : sur quoi, je dis humblement adieu, et reste.

De Votre Honneur, le très-humble serviteur,

Lyonell Wake.

Anvers, p, octobre 1635.

Endossée : ,-' octobre 1635, Lionell Wake» tableaux , Rubens d'Anvers.

Extrait d'une lettre de Lyonell Wake, datée d'Anvers, le 26 X*^ 1685.

RiGHT Honorable,

Having understoode that the 2 cases of pictures , which I receaved by your honors appoyntment from Sir Peter Paulo Rubbens, are ^rell arrived att London, and delivered according y' to honnors directions , tbe sayde cases being for bis Majesty 's use; I make boulde hereby to letl you know that I bave disbursed in regard tbere of , the some of tbirteene pounds sterling , the w*^ it my please y' bonnor cause to be paid to H' Willim Cokayn.

Endorsed : Lyonell Wake, 15*' disbursed by Wake about the pictures.

TVaduction.

Très-Honorable , Ayant appris que les deux caisses de tableaux, que par ordre de Votre Honneur, j'ai reçues de la part de M. Pierre Paul Rubens, sont heureusement arrivées à Londres , et ont été remises , conformément aux avis de Votre Honneur, pour être envoyées ensuite à Sa Majesté; j'ose joindre à cette lettre le chiffre de la somme que j'ai déboursée, et qui monte à 15 livres sterling, en priant Votre Honneur de les faire payer à M. V^illiam Cokayn.

Endossée : Lyonell V^ake, 15 livres déboursées par Wake pour les

tableaux.

Procuration envoyée par Rubens , et autorisant Lyonell Wake Jun, à recevoir le prix des tableaux exécutés pour le plafond de WhitehalL

Scaichent tous ceulx qui ce présent instrument verront ou lire oyront, que le troisième jour du mois de novembre. Tan de grâce mil six cent et trente sept, Pardevant moy Toussein Guyot Notaire et Tabellion

Publicq par les consaulx de Sa Msl^ Catholique Privé et de Brabant admis et approuve résident en Anvers et les tesmoings soubz escripts comparust en personne le S' Pietro Paulo Rubens chevalier, Seig' de Steene et secrétaire du Conseil Privé de Sad*. Ma** résident en cested** ville d'Anvers a moy Notaire cognu et a de sa franche et libre volunte foict crée constitue et commis par ceste son procureur gênerai et «spécial. Asscavoir Leonel Wacke le jenfne demeurant a Londres en Angleterre, luy donnant plain pouvoir authorite et mandement absolut, pour au nom et de la part dud^ S' constituant, demander recouvrir et recepvoir les trois mille livres esterlins que Sa Ma*^ Royale d'Angleterre at este servie d'ordonner par son seel Privé a son Eschecquer ou Trésorerie de payer ou satisfaire audict constituant en recompence des peinctures faictes de sa main pour le souffict ou plaffon de la Sale Royale à Withal. De son receu bailler passer et recognoistre telles quictances ou actes que besoing sera, et généralement et spécialement de es choses dessusd*^* et dependences d'icelles aultant foire dire procurer et besoigner que led^ S"*, constituant mesmes feroit faire et dire ponrroit si pnesent en personne y estoit. Promectant en bonne foy d'avoir et tenir pour bon ferme et agréable a toujours tout ce que par sondict procureur constitue en tout ce que dessus sera faict dict procure et besoigne, sans jamais aller faire ny venir allencontre en aulcune manière soubz l'obligation de sa personne et bien ; ce que fust ainssi faict et passe en Anvers au comptoir de moy Notaire joindant la boursse des marchants en présence de Melchior Van Schoonhoue et Jehan Van Gheele comme tesmoings a ce requis. Et a led^ S^ constituant signe de son nom la noto de ceste au registre de moy Notaire.

Quod atlestor signo meo manuali solito ^.

(Signé). ï. Guyot Nof. Pub".

Nous soubsignez certifions que Toussein Guyot ayant soubsigné ce précèdent Instrument, est Notaire et Tabellion Publicq résident en

< Ce que je reconnais par celle-ci ma signature ordinaire.

(Note du Traducteur,)

ceste ville d'Anyers, et qu'aux actes et instruments par lui ainssi signez Ion a toujours donne et donne entière foy et crédit endroict et dehors. Actum ut ante.

(Signé). P" Dr Breuseghan, No***.

(Signé), A. Van Couwembergh, Nol\

jj

Recettes de Paiement,

Re* y* iSth november A* 1637 of Endymion Potter Esq. y* someof eight bundred ponnds starling for soe muche rec^ by him of bis Ma^'* this présent daie for y^ accompt of S*" Paule Rubens Knigbt in pte of paiment of 3000 li due to him by bis Ma"* for pictures y* w*^ money y* said S' Paul Rubens hath authorised me to receave by a k.|jjj letter of attorney under his hand ^ of november Anno 1657 as by the said letter appeareth. I soi rec''.

Wittness : Lyonell Wake Junior.

P. Stephen De Yonge.

Richard Harvey.

Traduction.

Reçu ce 18 novembre 1657, d'Endymion Porter Esq. la somme de huit cents livres sterling, à lui remises en ce jour de la part de Sa Majesté, pour le compte de S*" Paul Rubens, chevalier, comme partie de payement d'une somme de 5000 livres à lui due par Sa Majesté, pour des tableaux, laquelle somme, ledit S** Paul Rubens m'a autorisé à recevoir par une procuration signée de sa main et datée ^-l de novembre f ^"•'^ ' anno 1657, comme le prouve ladite procuration. J'accuse réception.

Témoins : Lyonell Wake Junior.

P. Stephen De Yonge.

Richard Harvey.

M. Harvy you maye be pleased to paye unto the Bearer heere of 300" for Sir Peter Paulo Rubens and I do send you hère w* the Carta di poder of w*^ you maye pleased to take a copy and when you please to appoynt me a tyme I shall give a receit for 1500* to remain.

Yrs at command, Lyonell Wake, Junior

Traduction.

Je prie H. Harvy de payer au porteur de la présente, la somme de 500 livres pour H. Pierre Paul Rubens ; je lui envoie en même temps la Carta di poder ^ dont il pourra prendre copie , et m'engage à lui faire pour Tépoque où il la désirera, une quittance de 1500 livres. Je reste Tout à lui,

LvoNELL Wake, Junior.

From my l<odging,

Receaved of M. Endimion Porter to the some of seaven hundred pounds ster. by the hands of his servant Richard Harvey for the ace' of S' Peter and Paulo Rubens by vertu of a Ire of Attomey from him dated the i? of november 1637 in Antwerp. I saye receaved 700 li. Lyonell Wake, Junior.

London 22 X*" 1637.

Teste Richard Harvey.

— ii7 —

Traduction.

De chez moi, âl décembre 1637.

Reçu de M. Endymion Porter la somme de sept cents livres sterling par l'entremise de son agent Richard Harvey, pour le compte de S' Pierre Paul Rubens, en vertu d^une procuration par lui signée, et datée d'Anvers, l| de novembre 1657. Je déclare avoir reçu 700 livres.

Lyonell Waile, Junior.

Londres, â2 décembre 1657.

Témoin , Richard Harvet.

Receaved of H'' Endimion Porter and agent for S*" Pietro Paulo Rubbens knighte the some of AJeaven hundred three skore and ten pounds by vertu of a Ire of Attorney send me by ditto Rubbens concerneeng a preev7 seale of 1500^*.

London 14 maye 1658. Lyonell Wake.

Traduction.

Reçu de M. Endymion Porter, comme agent de S** Pierre Paul Rubens, chevalier, la somme de onze cent vingt-trois livres, en vertu d'une procuration à moi envoyée par le dit Rubens pour un brevet de 1500 livres.

Londres, 14 mai 1658. Lyonell Wake.

Extrait tFune lettre datée, " Oreenwich ce 29 may 1638, *' écrite par

Endymion Porter, partant pour adresse :

« To niy loveing friend H'' Richard Harvie thèse wilh speed. Richard Harvie I would hâve you presently goe to M' Raylton and receave the remaender of Sir Peter Rubens bis monnies, they are now reddie and let H' Wake hâve them to make over to Antwerpe for him. »

Rec* y' A of June A^ 1638 of y« ho"' Endymion Porter Esq. y* some of three hundred and tbirty pounds starling in fuU paim^ and discharge of three thousend pounds due by bis Ha''* unto S" Peter Paule Rubens knight for Pictures w^ hissaid Ha^ bought of hîm long since» of y* w^sonie of HMM** and of every p*' and parsell there of I doe hereby acknov^iedge satisfaton and 1 doe hereby cleerely acquite his said Ma^*and y^said M' Porter of y"^ same by virtue of a letter of Attomey from y* said Rubens. In Witness where of I bave heere unto set my hand y* dai yearabovesaid. 1 saie rec"^.

Wittness heereunto, Lyonell Wake, Junior.

P' Stephen De Yonge. — Richard Harvey.

Traduction.

A mon cher ami, H. Richard Harvie, ceci en toute hâte. Je désii*erai8^ Richard Harvie, que vous alliez immédiatement chez H. Bayiton , toucher le reste de la somme due à sir Pierre Rubens ; elle est prête à être remise, et M. Wake pourra la lui faire passer à Anvers.

Reçu ce 4 juin 1638, de M. Endymion Porter, Esq., la somme de trois cent trente livres, formant parfait et total payement des trois mille livres dues par Sa Majesté à S' Pieri-e Paul Rubens, chevalier, pour des tableaux à lui achetés depuis longtemps par Sa dite Majesté ; de laquelle somme de MMM" et de toutes ses parties je reconnais par ceci la réception ; et j*en décharge clairement sa dite Majesté et le dit M. Porter, en vertu d'une procuration du dit Rubens. En témoignage de quoi j'ai apposé ma signature, le jour et Tannée cités ci-dessus. J'accuse réception.

Témoins : Lyonell Wake, Junior.

P. Stepuen De Yonge. — Richard Hakvey.

Une lettre du Sceau Privé, indiquant le payement de 3000 livrée à sir Pierre Paul Rubens,fut émise le 28 mai 1636, mais F ordre de payement ne fut donné que le 18 avril 1637 ; ce que prouve le passage suivant extrait des Registres de la Trésorerie.

Luned xxij May 1637.

8irP«i6rH«b«* gy Qrder dated xiiij^ Aprii i637. To Sir Peter Paul

kDigbt, for certen MM M"

pfeiQretbybîimoki Keubens. kniglit the some of iij iij iij" in fuU satisfacton

for certen pictures by him sold unto bis Ha^'* without accompt imprest as p Ire de prw : Sigillo dato xxiiij may

Traduction.

Lundi xxij mai 1637.

Sir Pierre RobeiM pa,. ordpe daté du xiiij avril 1636. A sir Pierre Paul

cbeTtUer, pour cer- MMM"

uîM ubieaaK parRubeus, la somme de iij iij iij livres » à titre de pleine

satisfaction pour certains tableaux par lui vendus à Sa Majesté, sans autre quittance qu*une lettre du seing privé, datée du xxiiij mai 4636.

Receaved the 24 March 1638 of bis Mag^* By the hands of Endimion Porter Esquier one cheane of gould waying fower skore and tow"' V Waytes for the use of Sir Peeter Paulo Rubens the w* bis Mag'*« dotb bestow upon him and I ame to convoy itt unto him w"* ail convenient speede in Witnes heere of I bave beere unto set my hand.

Lyomell Wakb.

Traduction.

Reçu le 24 mars 1638, de Sa Majesté, par les mains d'Endymion Porter^ Esquire, une chatne d'or, pesant quatre-vingt-deux onces ^, 7 deniers,

< Le texte anglais porte: 82 Vi onces, 2^ penny weight. Or, Tonce anglaise renferme 20 penny weight. Un quart d*once faisant donc 5 penny weight, auquels il faut sgouter 2 , Ton parvient à S2 onces 7 deniers. (iVote du Traducteur,)

pour Tusage de sir Pierre Paul Rubens, laquelle lui est offerte par Sa Majesté^ et je suis tenu à la lui faire parvenir en toute bâte. A quoi comme témoin, j'ai apposé ma signature.

Lyonell Wake.

Au-dessous est écrit d'une autre main, et probablement par M. Porter : « This cheane was delivered at y* OGSce of y* FuU-house to weigh 82 Va ounces. »

TVaduction.

Cette chaîne fut déclarée au bureau de la Trésorerie, comme pesant 82 Va onces.

Jewell House.

A Preseoi.

Tréior.

Un présent .

Entrait des Registres du Lord-Trésorier.

A Warrant to the Jewell House for a cheane of 300" presented by bis Ma"^ unto Sir Peter Paul Rubens. Sept 27

Traduction.

Mandat sur le Trésor, pour une médaille valant 300 livres, offerte par Sa Majesté à Sir Pierre Paul Rubens , sept. 27

DANIEL NYTENS.

Lettre aâreiiéepar Daniel Mytena à sir Dudley Car le ton ^

London, this 18 of August a 16i8 selondît.

RiGHT HONNORABLB MY VERT GOOD LORD,

Hy dutie first beeing remembered, wishing y"^ Lordship much heaith and happiness, thèse feuwe lynes are to advise you that I send you by this bearer that pîcture or portrait of tfae L^ of Arundel and his lady, together in a small forme, it is rowled up in a smai case. I hâve donne my endeauver to perswaide his Lordship to send your faonour tbose great pictures, butt he is not willinge to parte from them by reason they doe leyke his hon"* so vfell that he mil keep them, and he willed my to make thèse in a smaller forme, w^ I trust your Lor** will accept and esteem as a smal présente donne by my L^ of

* L*original est conservé aux Archives royales.

Arundel and for the paines and care I hâve done therein to the most of my power , I leave the judgment to your lordship*s good discrétion.

I hâve binne ai Sharckney (sic orig.) to see wether I could fynde occasion to drawe the Princes highnes picteure,but the Prince beeing a hunting and suddainly to départe farther in progrès 1 am retorned for London , so that I must wayte for a better opportunity at his Retorne back, and this is for the présent the effect of my writting to your honour the w*^ it maye please you to accept as from your pore and onworthie servant, v^ho will ever be reddie in my bounden dev^tie when your honner shall hâve occasion to take tryal, in the mean while I pray unto the Lord to préserve and keepe your Hon*^ in heaith and prosperitic to the end of everlasting glorie.

And your Honour to command, Daniel Mytens.

Traduction.

Londres, ce 18 août 4618.

Très-bon et très-honorable Lord,

Je viens vous présenter mes respects , et vous souhaite santé et bonheur : ces quelques lignes sont pour vous avertir que je vous envoie par le porteur, les portraits de lord Arundel et de sa dame, exécutés dans des proportions assez petites et roulés dans une petite caisse. J'ai fait tout mon possible pour déterminer Sa Seigneurie à vous offrir les grands portraits qu'elle possède ; mais elle n'aimerait pas de s'en séparer, à cause de leur extrême ressemblance, et compte pour cette i*aison les garder. Elle a alors commandé ceux-ci sur une échelle moins grande, et j'espère. Monseigneur, que vous les accepterez, et les estimerez comme un léger présent de Son Excellence lord Arundel, en considérant aussi les peines et le soin que j'ai pris pour les exécuter. Quant à leur appréciation, Monseigneur, je m'en rapporte à votre tact et à votre sagesse.

J'ai à été Sharckney (sic) pour chercher à saisir l'occasion de

faire le portrait de S. A. R., mais le prince étant à la chasse et dans la nécessité de quitter immédiatement après, je suis retourné à Londres, et devrai attendre à son retour , un moment plus favorable. Voilà , pour aujourd'hui, Monseigneur, le contenu de ma lettre, que je vous prie d'accepter de votre pauvre et indigne serviteur ; il sera toujours prêt à vous rendre ses faibles services, aussi souvent que vous voudrez en faire usage; en attendant. Monseigneur, je prie le ciel de vous conserver et vous garder la santé et le bonheur, et vous accorder

une gloire éternelle.

Tout à vous. Monseigneur,

Daniel Mytctis.

Extrait d'une lettre écrite de la main de sir Dudley Carletan et adressée à Lard Arùndel, sous date de La Haye, le 28 septembre 1618 ; elle a rappcrt aux deux portraits dont il est question dans la lettre précédente '.

« The picture your Ldp desired at Amsterdam I hâve formerly dealt for but w*^ intention to make it y' Ldps,and of I can recover it (wherein I still use my best endeavo**) yo' Ldps shall not fayle of it. Those I hâve lately receaved from yo"" Ldps painter in one table, I humbly thanke yo^ Ldp for, and I wish he had been so happie in hitting my Lady as he hath perfectly done your Ldp, but I observe it generally in woemmens pictures they hâve as much disadvantage in y art as they hâve advantage in nature. »

TVaduetion,

« Le tableau que Votre Excellence désirait lors de son séjour à Amsterdam, je ne m'en suis défait qu'avec Fintenlion de le lui oflVir,

' L*original se trouve aux Archives de la reine.

et si je puis le ravoir, (ce pour quoi je fais tous les efforts possibles) Votre Excellence ne manquera pas de Tavoir en sa possession. Je la remercie humblement pour les deux portraits sur une même toile que j*ai récemment reçus de son peintre ; je désirerais qu'il eât aussi heureusement saisi la ressemblance de mon épouse, que celle de Votre Excellence; je remarque d'ailleurs que dans leurs portraits. Fart donne aux femmes autant de désavantages, que la nature leur a donné d'attraits.

Lettres de sir Dadley et de lady Garleton \

Les deux passages suivants tirés de lettres écrites par sir Dudley et lady Garleton, sont intéressants en ce qu'ils nous montrent combien le goût et l'amour du prince Charles pour les tableaux , lui avait inspiré de zèle à les rassembler parmi la noblesse anglaise. Cest un spectacle étonnant que de voir l'épouse d'un ambassadeur s'aventurer sur mer, par un temps orageux, dans le froid et lugubre mois de novembre, pour aller acquérir des tableaux à une vente publique.

Fraffment d'une lettre écrite par lady Carleton à sir Dudley Carleton.

Flushing, this 21 of november i624, new stile. My sweete Hart, 1 hâve receved thine of the 6th, and am very glad to heere thou art well , and I hope before this you hâve receved mine that will tell you we cam ail tafe hether. I writ to you from Middellbrough which I hope you hâve likewise receved. Plannaker is a proude scurvie kokkescome, and his virife a fitt wife for him. I pray let madam Vandernote know her letters hâve bin of verry littell use to

* L'original est conservé aux Archives royales.

me 9 no more then yours : the conselare Hulson hath helped me to by some pîcturs to day, but heere is such keching for them that I kuow Dot wbal to doe; and som times on must bye good and bad to gether. I bave bought nine to day, good and bad, but in tnith none verry bad without it be one as bige as halfe my hand. They are sold exstreme deere and yet there are infinit Hère. I hâve some very raire peeces, on of titianes» it cost me ali most 30 1. I bave anotber littell peece which cost me 40 1. and ode. My iord Willibye is heere, and he is a great byer. Yet if I bad not thèse picturs the painters of Antwarp would hâve given the mony. I never saw picturs sold soe deere in my iife, especially trash, I wish ail owrs ware sold as well — it would paye our deates. I cannot but once tell you I am sorry my Lord of Buckingham had not at présent of thèse tbinges, heere are great store of verry faire picturs. I cold haven chosen htm a verry faire pre9etU oui of thèse goodes and plate, d

Signed, Ant<ia Carleton.

l'o my deere busband S*" Dudley Carleton , knight, Lord Ambassador for his Ma^« with the States at the Hagh.

Traduction.

Flessingue, ce 21 novembre i624, nouveau style. Mon bon ami.

Je viens de recevoir ta lettre du 6, et suis charmée d'apprendre que tu es en bonne santé ; f espère aussi que tu as déjà celle qui t'annonce mon heureuse arrivée dans cette ville. Je f ai aussi écrit de Middelbourg, une lettre qui, j'espère, t'est parvenue. Plannaker est un fat, plein de fierté et d'insolence, et sa femme partage ces mêmes qualités. Je te prie défaire savoir à madame Vandernote, que ses lettres m'ont été aussi peu utiles que les tiennes. Le consul Hulson m'a aidée aujourd'hui, dans l'achat de quelques tableaux, mais on se les dispute tellement que je ne sais vraiment que faire, et me vois parfois obligée d'accepter à la fois les bons et les mauvais. J'en ai acheté aujourd'hui neuf, de différentes qualités, dont aucun n'est entièrement à dédaigner, quoiqu'il

y en ait un de moitié moins grand que ma main* Malgré leur énorme quantité» on les vend à un prix très-élevé. J'ai acquis quelques pièces assez rares, entr*autres un Titien, que j'ai payé à peu près 30 livres. Un autre , de dimensions moindres , m'en a coûté quarante. Lord Willibye est ici et fait des achats considérables. Certes, si je n'avais acheté ces tableaux, les peintres d'Anvers en auraient donné le même prix. Jamais je n'ai vu des peintures se vendre aussi cher, et surtout de telles croûtes ; je désirerais seulement qu'il en fût de même des nôtres, ils payeraient en partie nos dettes. Je dois te dire, que je suis bien au r^ret de ce qu'on n'ait pas fait ici un choix pour en faii*e cadeau au duc de Buckingham. Gomme on trouve ici un très-grand nombre de beaux tableaux, j'aurais pu lui en choisir un fort beau parmi le nombre ou une pièce d'argenterie.

(Signé) Anna Carleton ^.

A mon cher époux, S^ Dudiey Carleton, chevalier, lord ambassadeur de Sa Majesté près les États, à La Haye.

Extrait d'une lettre écrite par rir Dudiey Carleton à M. Chamberlain , sous date de La Haye, ce^~de novembre 1624.

ff My wife is now in Zeeland at an incanto Italian and Spanish goods, taken by a freeboother of that province, frô a Viceroy of Napels as they were transporting into Galicia (where is seems his habitation is) by the cape S* Vincent, and having seene the list of thé, I more comiserate his family then himself ; whose gaines of the whole time of theyr service, in clotbes and trinkets, are lost in that one prise, wherein is much wayting-gentlewomans ware; but withali

* Cette dame, épouse en premières noces , de sir Dudiey Carleton , éuit Glle et cohéritière de George Gerrard, Esq.

store of hangings and goode howsehold stnff, Spanish and Italian bookes (w^ are my marchandise) , and pictures of the best hands ; about w^ my wife hath chiefeiy understaken this Jomey, to doe service to owr chiefe persons at home who looke after them ; and it is well yf she can purchas thanks answearable to her paines ; for she hath an ill passage thether beingh fower dayes and three nights on ship boord in tempestuous wether. »

Traiaction,

« Ma femme est en ce moment en Zélande, où elle assiste à une vente d'effets italiens et espagnols, saisis par un flibustier de cette province, sur un navire du vice-roi de Naples, qui les transportaient en Galice (où se trouve, dit-on, sa demeure), par le cap St.-yincent. J'en ai vu la liste, et d'après ce qu'elle porte, je plains moins le vice-roi que ses gens : car tout ce qu'ils ont gagné pendant la durée entière de leur service, autant en habits qu'en bijoux, ils l'ont perdu dans cette seule prise, qui consiste pour la plus grande partie en effets des femmes de chambre de la vice-reine; il y a aussi des tapisseries, meubles, livres italiens et espagnols, (marchandise qui me convient) et peintures des plus grands maîtres. C'est expressément pour ces dernières que ma femme a entrepris son voyage, voulant rendre service à des amis qui désirent avoir quelques-uns de ces tableaux. EUle pourra être satisfaite, si les remerciements répondent à la peine qu'elle s'est donnée. Car elle a eu une traversée des plus dangereuses , ayant passé quatre jours et trois nuits à bord , par un temps orageux. »

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