JACQUES ET PIERRE BORDIER, ÉIAILLEIIRS
La lettre qui suit, adressée au secrétaire de sir François Windebank, par sir Théodore Mayeme^ présente un intérêt particulier ; car ce fîit à lui surtout que les Bordier et leur plus célèbre parent, Jean Petitot, durent les connaissances qui leur valurent une réputation si étendue comme émailleurs. Cet illustre savant, ayant dans le cours de ses expériences ^chimiques» fixé son attention sur la nature des couleurs , et les effets divers produits par Faction du feu, communiqua à ces artistes 9 le résultat de ses recherches.
Monsieur, Tay receu vostre lettre, dont ie vous remercye. Ce sera une grande œuvre de charité de tirer hors de peine deux enfons de Creneve mes compatriotes qui ont esté arrestés à Milan et sont prisonniers dans rinquisition. Le nom de Tun est Jacques Bordier qui le Boy cognoist fort bien ayant travaillé en esmail pour Sa Ma^. L'autre est son
cousin nommé aussi Bordier, dont je ne scay pas le nom de bapiisme K Ils ^ont allés en Italie pour traficquer et se rendre plus capables en leur profession d'orfèvrerie, et sans doubte ont porté quelque marchandize avec eux, que je croy estre la principale cause de leurs malheur. Nous implorons la bonté de Sa Haiesté pour leiir délivrance que nous aimons mieux obtenir par termes d'honneur et de foveur que par des voyes plus rildes comme de represaille qui nous est aisée en nostre ville en ce temps icy auquel le Roy d'Kspagne a plusieurs de ses sujects de la franche comté réfugié avec leurs biens pour se garantir de Tinvasion des François, comme aussi en tout temps les Milanois venant trafiquer parmy nous.
Je supplie Mr. le Seeretaii^ de parler effiactoellenient k Monsieur rAnbassadeor d'Espagne et vous de donner conseil du présent porstur comme il a à se eouduire à Tendroit de Monsieur l'Ambassadeur pour obtenir des lettres de Ëiveur pour faire tenir à son Eicellence Monsieur le Marquis de Leganos ou autres qa'il appartiendra. Vos peines seront recognnes par le d^ présent porteur comme vous desirerés et je vou» en aiurat une particulière obligalion par laquelle je demaircfrai.
Monsieur
Votre très affectionné serviteur,
Londres 12 Aoust 1040. The. Maykrne.
A M. Readé, iklon noble et respectable ami, à Otelands. Endossée : ^ Thëo(fore Hayerne , touchant deux Français retenus à Milan par
* C'était MBS doute Pierre Berdier qui grava et ëmailla la pierre précieuse offerte par le Parlement au vainqueur, le général Fairfai, après la bataille de Naseby. Ce joyas lot plas t»6 tendit part les e&éeuteurs tesiameataiFea de Fadrfax à Ralph Thoresby, et acheté lors de la dispersion de son cabinet , par Horace Walpole. A la dernière vente de Strawberry-tfîll , if tomba entre les mains de S. B. Beaven , Esq.
Corrections relatives au Mémoire sur Van Dyck.
Les notes suivantes sont extraites d*ttn exemplaire interfolié de ^LaViede$ PettUres fla$nand$^ etc., par M. J. B. Descampiy » en possession de Son Excellence monsieur Sylvain Van de Weyer, ministre de la Belgique, et augmenté de nombreuses notes manuscrites. Il est évident que Fauteur de ces additions, H. François Mois, natif d'Anvers et habitant de cette cité S pendant la majeure partie du dix-huitième siècle, a dà se donner des peines immenses pour recueillir ces matériaux. Au commencement du second volume, H. Mois dit que les registres qu'il a si fréquemment cités dans ses notes, sont ceux de la confrérie de Saint-Luc, (Académie d'Anvers) , et commencent en 1453 pour finir en 1736. Sur ces livres ne sont pas inscrits moins de 27 personnes du nom de Van Dyck, dont le premier, Pierre Yan Dyck, peintre, fut reçu maître en 4497, et le dernier, Henri Yan Dyck, sculpteur, admis chez Oywas Tan 1723. Antoine y est ainsi indiqué: « Antoine Yan Dyck reçu chez Henri Yan Balen en 1610, maître en 1618, mort à Londres en 1642. Il a passé de Técole de Yan Balen dans celle de Rubens dont il a fait le plus bel ornement. »
Quant à Fanecdote racontée au commencement de ce volume, M. Hols dit que cet accident n'arriva pas à la Descente de croix, ce tableau ayant été commencé en septembre 1611, et définitivement placé dans
< Il y mourut en 4790.
le courant de Tannée 46iâ, ce que prouvent les « Registres du serment de Tarquebuse » ; or à cette époque, Van Dyck n'avait pas acquis le talent nécessaire pour réparer si parfaitement le dégât ; ce n'est pas non plus le St.-Sébastien de Téglise des Augustins, qui reçut le dom* mage, car ce tableau ne fut pas achevé avant 16â8.
A l'assertion de Deseamps, que la Sainte Famille de Van Dyck, faite pour Téglise de Savethem, fut enlevée, M. Mois réplique : « Que ce fait est évidemment une en'eur, puisque le ts^bleau surmonte encore Tautel de la Vierge, dans la même église. »
M. Mois affirme que le grand tableau peint par Van Dyck pour le maitre^utel de Téglise des Augustins à Anvers, fut exécuté en i628. L*esquise en grisaille de ce tableau, citée à la page 22 de ce volume comme appartenant à lord Hethuen, Fauteur a récemment eu le bonheur de la voir. Ce chef-d'œuvre de Van Dyck , a sans doute été copié du tableau original pour Pierre De Jode qui , comme on sait , en a fait une magnifique gravure. L'esquisse est à la fois d'un fini et d'une hardiesse étonnantes ; les têtes y sont pleines d'expression, et les contours bien marqués. L'heureux possesseur de ce bijou est Sir Thomas Baring.
Quant à ce qui concerne le tableau de Van Dyck poui* l'église de Notre-Dame , à Courtrai , et la conduite des chanoines envers lui , H. Mois dit que quelque ait été le traitement infligé à Van Dyck, il est certain que les chanoines font de grandes difficultés pour montrer les lettres originales de Van Dyck, qui sont encore entre leurs mains : ce fait semble démontrer qu'elles ne prouvent pas à leur avantage. M. Mois cite aussi une lettre datée d'Anvers, le 8 mai i63i , et adressée par Marc Van Woousel à M. De Braye, un des chanoines de la cathédrale, par ordre duquel le tableau était exécuté; de cette lettre il résulte que le prix était fixé à 600 florins, et que la peinture était destinée non au mattre-autel , mais à une chapelle particulière de l'église ; qu'en outre Van Dyck n'alla pas surveiller le placement, mais envoya la toile par ce même Mure Van Woonsel.
Dans le Guide en Hollande^ etc., publié par Murray, page 108, daus un
passage relatif à celte anecdote nous tfouvosus : « Elle est rendue douteuse par la découverte à Gan4t d'una lettre autographe de Van Dyck, reconnaissant renvoi de la somme promise, ainsi que de quelques gan/m, gftteaux minces et sucrés , pour lesquels Coui'trai ^t encore renommée, et que lui avaient offerts les qhanoines ^. n
Par rapport au voyage de Van Dyok k Anvers après son mariage» ft. Mois écrit ;
« Van Dyck fut tHé tout particulièrement par ses confrères les peintres et membres de FAcadémie de Peinture. II faut que Van Dyck ait fait quelques autres voyages à Anvers » pendant qu'il fut ao service du roi Charles P**; car en 1634* il fut reçu doyen de l^ confrérie de St.^Luc, ^u des Peintres, i^
* Dans la 2« livraison dn T. !•' dn Bulletin 0I Annale» du l'Àçadén$ie (T Archéologie de Belgique, Anvers, 1S43, H. Âncifé Van Hasselt 9 ooroplétement démontré la fausseté de l*aneodote rapportée par Descampe et (oiijoiirs reproduite par les biographes qpi lui ont succédé. Il établit de |a manière la plus positive, 1« que Van Dyck n'a jamais eu affaire directement avec les chanoines oourtraisiens ; S» que tous ses rapports avec eux , ont eu lieu par Tintermédiaire de Van Woonsel ; 3<* que le peintre n*a pas mis le pied à Courlrjii, et que son tableau y a été expédié, déroulé et placé, lui absent.
Nous empruntons aux preuves dopnée^ par If. Van Hasselt, la lettf^ adjnesaée par Van Dyck au chanoine de Çourtrai, R. praye. (Nous en donnops seulement la traduction; voir, pour Toriginal pamapd, Touvrage cité,p. 140.)
N<vMeQr Braye,
Votre agréable lettre da 1 S de ce mois m'est bien panrepae aipsi qn'tine dooiaine de petites gaufm, do même qwe j'ai reçu, par llooa. Marcpi Y^p Moomel la wmme de cent llvrea do Flapdre en payement de la pièce de peinture faite par votre ordre, do laqoelle «omme j'ai donn^ due quittance au dit Uons. , remer* ciant Votre RéYëreuce dn payeneot aniM bien que de* petites gaufres. Tai fait tout ce que j'ai pu pour TOUS donner du contentement par'oet ouvrage, comme aussi (ce qui ^'est infiniment agréable), j'ai appris par votre lettre que Votre Révérence de même que Monsieur le Doyen et les siuli'es Messienn les Chanoines, vous en êtes pleinement satisfoito. Votre Révérefice désire avoir copime souvenir l'esquisse du dit tableau, laquelle je ne veux pu lui refuser, bien que je qe fasse cela pour personne d'antre. A cette fin je l'ai envoyée à Mons. Van Moonsel, pour qu'il vous la fasM parveplr. Après quoi je conclus le présent en m'offraot À vous servir selon mon pouvoir, et je demeure, Itopsieur, en vous priant d'agréer mes cordiales salutations r% les vœux que je fais pour que lo ciel vous donne une loqgue e^ heureuse vie.
Votre très- humble serviteur, Anvers, lo iO mars 1631 A. Vam Dti9(
|;'adreuc |-<orl3ii :
« Monsieur M Monsieur Roger Brayp .
• Chanoine, etc.,
V à Cni^rir.M •
(Note du Traducteur.)