FRANÇOIS WALWYN, GRAVEUR SUR PIERRES
Ni Yertue ni Walpole, ne paraissent avoir connu François Waiwyn, comme graveur sur pierres fines ou de cachets, mais on ne peut douter que la pierre dont il est question dans le ci-joint acte du sceau privé, ne soit celle dont il est parlé dans le passage suivant :
« Tavernier (livre lY, chap. 17), nous dit qu'ayant eu un diamant aux armes de Charles P% le shah de Perse et sa cour ne purent s'expliquer comment il était possible de graver une pierre aussi dure ; mais, ajoutet-il, je n'osai avouer à qui il appartenait, me rappelant ce qui était arrivé jadis au chevalier de Reville, dans les états de ce prince. Le fait qu'il cite ici, et qu'il avait raconté plus haut, (livre II, chap. iO) est que Reville, ayant dit au shah qu'il avait commandé une compagnie des gardes de Charles I^, le prince lui demanda à quel effet il était venu en Perse? Pour dissiper, répondit-il, le chagrin que m'a causé la mort de mon maître, chagrin qui m'empêche depuis lors de vivre
parmi des chrétiens. Le shah furieux » dit à Reville, qu'il ne comprenait pas comment lui , capitaine des gardes du roi, n'avait pas ainsi que ses soldats, versé jusqu'à la dernière goutte de son sang pour la défense. de son souverain I Reville fut jeté en prison, y demeura 22 jours, et n'échappa enfin que par Tintercession des eunuques de Sa Majesté ^. »
Registre de la IVésorene, N. 11^ page 142.
rr»coi» WâiwyD Cïiarles by the grâce of God, king of England, Scotland, France and Ireland Defender of the Ëdth ic. To the Trer and Undertrer of o^ Excheq' for the time being greeting. Wee doe hereby will and Comand yo" ont of o' treasure remaining in the Receipt of o' Excheq' forthwith to pay or Cause to be paid vnto Francis Walwyn or his assignes Two huDdreA ^y^e some of two hundred threescore and seven pounds
Ibreacore and se-
wenpooBdi for engraWng poUishing Dyamond boart, and diuers other materialls for the Gutting and finishing of o' Armes in a Dyamound w*^ the 1res of the name of o** deerest Gonsort the Queene on each side. And thèse oT 1res shalbe yo' sufficient warr^ and discharg in this behalfe. Giuen vnder o^ privy Seale att o' Pallace of Westm' the sixtenth day iM8(s9). of January in the fonrth yeare of o' Raigne.
Jo : Packer.
Draduction.
FraDçnis wabrto. Charlcs,. par la grâce de Dieu, roi d'Angleterre, d'Ecosse, de France et d'Irlande, défenseur de la foi , etc. Au trésorier et sous-trésorier de notre échiquier, pour le temps présent,
« Waïpole, Anccdocies sur la Peinture , 3 vol. I2». Londres, tTSe. Vo!. % pp. 113-114
salut ! Nous, par cel acte voulons et ordonnons que vous de notre Trésor consistant en la recette de Téchiquier, payiez ou fassiez payer à François Walv^ ou à ceux assignés
MTiim». pj||. luî^ 12 somme de deux cent soixante-sept livres pour avoir taillé et poli un diamant et différents autres objets , ainsi que pour avoir gravé nos armes sur un diamant avec les initiales de notre chère épouse la reine, de chaque côté. Et celles-ci nos paroles vous seront une garantie suffisante à cet effet. Donné sous notre sceau privé, à notre palais
16 janvier dc Wcstmiuster, le seizième jour de janvier, la quatrième année de notre règne.
Jo. Packer.
JEAN TORRENTIUS.
Torrentius, d'après Walpole, fut condamné à un emprisonnement de vingt années, à cause de la dissolution de ses mœurs et de son impiété ; mais il fut rendu à la liberté, par Tinfluence de quelques personnages de qualité et surtout d'un ambassadeur anglais, probablement sir Dudley Garleton : car c'est ce dernier qui offrit à Charles I^ les deux seuls tableaux de ce peintre qui soient nommés dans le catalogue de la collection royale. La lettre suivante est adressée au prince d'Orange par le roi, qui y intercède vivement en faveur du prisonnier; cette lettre est copiée d'un manuscrit dont l'auteur doit la communication à H. Rodd de Great Newport street. Ce volume porte sur la première page ces mots : « Registre des lettres escrites en francois par Sa Majesté depuis le commencement de l'an 1617, » et parait avoir appartenu à un secrétaire du roi. Il contient les lettres de Jacques I*' et de Charles I*', jusqu'au mois de janvier 1638-9.
Au Prince éP Orange.
HoN Cousin,
Ayans enteudu qa'un nommé Torenlius peintre de profession, aurois depuis quelques années tenu prison à Harlem par sentence de la lustice de delà pour quelque profanation ou scandale par lui commis contre Fhonneur de la Religion, creoyez que nous ne doserions pas le favoriser contre la teneur du ladit sentence pour abréger le terme ou mitiguer la rigueur de la dit punition laquelle nous croyons luy avoir esté justement imposée pour si énorme crime, toutaffois la réputation qu'il a d'exceller en la faculté de son art, laquelle ce seroit dommage de laisser perdre ou de périr en la prison, nous a meu par le plaisir que nous prenons en la rareté de ses œuvrages de vous prier come nous faisons affettueussement ayaus la pouvoir de son enlargessement en votre main, de lui vouloir en notre faveur ottoyer son pardon et nous renvoyer par deçà ou nous aurons soing de le bien contenir dans les bornes du debvoir et de la révérence qu'il doit a la religion pour l'employer près de nous en l'exercise de c'est Art. Ce que nous nous promettons d'obtenir tant plus facillement de vous, puisque la longueur de la prison et les autres chastiments qu'il a soufferts à cette occasion doivent avoir déjà aucunement satisfait à la justice pour l'expiation de son forfait. Et ce sera une Courtoisie que nous tiendrons à obligation particulière en votre endroit pour la recognoistre et nous en revanger en autre chose dont nous vous pourrons gratifier. Et sur ce nous demeurons, Hon Cousin etc.
A notre palais de Westminster le de Hay 1650.