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Van Dyck laissa une fille : elle était née le l*"' décembre, et fut baptisée le jour même de la mort de son père , ainsi que nous rindique un article du re^stre de St-Anne (Blackfriars) , c 1641; 9 décembre. Justiniana, fille de M. Antoine Van Dyck, et de son épouse baptisée. > Justiniana épousa sir John Stepney de Frendergast ^, dans la province de Pembroke, troisième baronet de ce nom : il avait été dans la garde royale à cheval (Horse Goards), lorsque ce corps fut organisé sous le règne de Charles IL Leur dernier descendant, sir Thomas Stepney, mourut le 12 septembre 1825, époque de Fextinction de leur famille. La veuve Van Dyck épousa plus tard sir Richard Pryse de Gogerddan dans la province de Montgomery, premier baronet; elle fut sa seconde
femme, mais d'elle il n'eut point de postérité.
Van Dyck par son testament déposé à Doctorss Gommons , et daté du 1^' décembre 1641 , dispose ainsi de son bien : il lègue quatre mille livres à une fille naturelle appelée Marie-Thérèse, en désignant sa sœur Susanne Van Dyck , religieuse dans^ un couvent à Anvers, pour sa tutrice. A une autre de ses sœurs, nommée Isabelle, il assure une pension annuelle de deux cent cinquante florins. En cas que sa fille Marie-Thérèse vint à mourir sans être mariée, il faisait passer les quatre mille livres à une autre sœur, qui avait épousé M. Dirrick et à ses enfants. A sa femme Marie et à sa fille récemment née, Justinlana-Anna, il lègue tous ses tableaux, biens, effets et sommes dues à lui en Angleterre par Charles 1*"', la noblesse et toute autre personne, pour être également
I « UI. Sir John Stepney, l)aronet , épousa Justine, fille et héritière de sir Antoine Van Dyck, chevalier, le célèbre peintre; il en eut un fils (Thomas) et deux filles, qui entrèrent comme religieuses dans un monastère à Bruxelles : elles devinrent abbesses et vécurent si longtemps, que le feu sir Thomas (qui mourut en octobre 1772). alla les visiter. » Betham's Baronciage, vol I, 4^ Ips^ich 1801.
partagés entre elles. 11 nomme pour exécuteurs testamentaires, sa femme , M. Âurelius de Meghem et Catherine Cowley ; il confie à la dite Catherine Cowley, Téducation de sa fille, à laquelle il alloue 10 livres par an , jusqu'à ce qu'elle ait atteint sa dixhuitième année. Il laisse des dons en argent à ses exécuteurs testamentaires, ainsi que trois livres aux pauvres de la paroisse de St-Paul, ainsi qu à ceux de Ste-Ànne (Blackfriars) et la même somme à chacun de ses serviteurs ^
Vu les troubles qui désolèrent ensuite F Angleterre, pendant plusieurs années, et la guerre avec la Hollande, il ne fut pris copie du testament qu'en Tannée 1663 ; alors toutes les parties intéressées se réunirent pour régler les comptes, et pour tâcher de recouvrer autant que possible le paiement des sommes qui leur étaient dues ; en 1668, et de nouveau en 1705, les héritiers assistés de Martin de Carbonell , qui avait épousé Justiniana , après le décès de son premier mari sir John Stepney, firent de nouveaux efforts pour obtenir la remise de tout ce qui revenait à la famille du défunt. Il ne nous reste pas de documents qui constatent jusqu'à quel point leurs démarches ont obtenu du succès.
Deux ans après la restauration , Charles II accorda à Justiniana Van Dyck, autrement Stepney, une pension viagère, * commençant à la St-Michel 1661; d'après deux pétitions sans date, que l'on trouvera dans le N** IX de l'Appendice, elle ne fut payée au commencement, qu'avec beaucoup d'irrégularité. Dans les registres de la trésorerie, il n'existe aucun acte, qui indique un paiement fait à la fille du peintre, depuis le jour de l'Annonciation de 1665, jusqu'en
• Voyez ia copie du teslamcnt. Appendice N" VII.
* Voyez l'acte, Appendice N» VIII.
1670, et c'est sans doute pendant cet espace de temps que fut présentée la seconde pétition , dans laquelle elle se dit réduite au plus grand besoin , cette pension étant sa seule ressource. Depuis i670 les paiements sont régulièrement indiqués, comme ayant été faits à chaque trimestre.
A en juger d'après ses portraits^ Van Dyck a dû être d'une grande beauté, son visage animé et intelligent, son œil plein d'expression. Il parait avoir été d'une taille médiocre, mais bien proportionnée; soQ port était gracieux, sa démarche élégante, ses manières plus que distinguées. Plein de bonté de cœur, il était indulgent pour les fautes des autres ; son caractère toujours disposé à une gaité que modérait cependant l'excessive sensibilité si commune au génie. Ses faiblesses dominantes étaient la vanité et un amour insensé pour le plaisir.
Comme peintre d'histoire, Yan Dyck montre un talent supérieur dans la composition de ses tableaux ; le dessin de ses personnages est toujours correct, et presque toujours gracieux; les têtes témoignent d'une délicatesse de goût rare parmi les peintres de l'école flamande, et sont souvent pleines d'expression et de sentiment. Ces qualités sont celles d'un grand peintre, et indispensables pour la production d'une œuvre digne du nom t d'un des plus beaux tableaux du monde entier » car c'est ainsi que sir Joshua Reynolds , comme on l'a vu plus haut , a jugé le tableau de Van Dyck, représentant le Christ entre les deux larrons.
Ses tableaux, il est vrai, n'ont point la richesse d'invention, l'énergie d'action, la force d'expression, que l'on trouve dans les
œuvres de son nlaître, mais comme le remarque un des plus sains critiques , Fuselli , Van Dyck , plus élégant , plus raffiné, joignait à ces grâces que Rubeus dédaignait d*invoquer, ce
goût exquis, que selon le principe du maître, il adaptait à toutes ses entreprises. *
Les portraits de Van Dyck ne le cèdent qu à ceux du Titien dans lesquels régnent la grandeur et la majesté, unies à une simplicité sévère qu'on ne trouve point dans ceux de notre artiste qui, en revanche , nous entraine par d'autres qualités : son génie reproduisait la nature sous sa forme la plus agréable et la plus séduisante. Quoiqu'il y ait dans la pose et le port de ses femmes, une majesté qui annonce une haute naissance, elle est toujours tempérée par une expr^on douce et tendre du visage, qui commande à la fois le respect et l'admiration, et pourtant il faut avouer que le sentiment du beau , n'était pas porté chez lui au plus haut degré. Ses portraits d'hommes sont remarquables par l'intelligence et la dignité, et l'on y retrouve pleinement l'âme passionnée ou sensible du personnage représenté. Les détails des trais se distinguent toujours par une délicatesse et une correction de contours, qu'aucun peintre n'a peut-être atteinte. Il y a bien un désir de paraître, dans l'action de la personne représentée, surtout dans la manière de placer les mains; mais si c'est là une faute, il faut reconnaître qu'elle est amplement compensée par le goût et le talent que dénote le dessin de ces importantes parties, dont la position ne manque jamais d'être en harmonie avec le reste du sujet.
Une différence considérable existe dans le coloris des tableaux de Van Dyck. Ceux qu'il peignit en Italie, et peu de temps après son retour, tiennent de la richesse et de la suavité de ton qu'on remarque dans les œuvres de Rubens, et dans celles de l'école
* Leçons sur la peinture , 4<» Londres, 1S20, p. Oi.
, vénitienne, et peuvent être désignés comme son premier genre, sur lequel Reynolds dit : « Il met le soleil dans Tappartement. » Plus tard il mêla à son coloris, une partie du ton brillant de l'école flamande, et les tableaux qu'il exécuta pendant les premiers temps de son séjour en Angleterre, se distinguent par l'éclat et la délicatesse des nuances, ainsi que par la fermeté des couleurs. C'est là ce que nous appelerons son second genre, et il nous répugne de dire que ses derniers ouvrages sont faibles, négligés, et prouvent clairement qu'ils n'ont été que très-peu travaillés.
Son exécution dénote de tout temps, un grand talent et une grande habileté. Entièrement maître de son art, plein de génie pour le dessin, il a donné à toutes ses oeuvres une vigueur et une légèreté de contour , qui lui sont particulières *.
* Les extraits suivants ont de Tintérêt , en ce qu'ils nous font connaître la méthode de Van Dyck et aussi Fimpression que ses tableaux ont fait sur un de ses contemporains.
« Le fameux Jabac, homme connu de tout ce qu'il y a d'amateurs des beaux arts, qui était des amis de Va&deik et qui lui a fait faire trois fois son portrait, m'a conté qu'un jour, parlant à ce peintre du peu de temps qu'il employait à faire ses portraits, il lui répondit qu'au commencement il avait beaucoup travaillé et beaucoup peiné ses ouvrages pour sa réputation et pour apprendre à les faire vite dans un temps où il travaillait pour sa cuisine. Voici quelle conduite il m'a dit que Vandeik tenait ordinairement : ce peintre donnait jour et heure aux personnes qu'il devait peindre et ne travaillait jamais plus d'une heure par fois 2k chaque portrait , soit à ébaucher soit à finir, et son horloge l'avertissant de l'heure , il se levait et faisait la révérence à la personne comme pour lui dire que c'en était assez pour ce jour-là et convenait avec elle d'un autre jour et d'une autre heure : après quoi son valet de chambre lui venait nettoyer ses pinceaux et lui préparer une autre palette pendant qu'il recevait une autre personne à qui il avait donné heure. Il travaillait ainsi à plusieurs portraits en un même jour, avec une vitesse extraordinaire. Après avoir légèrement ébauché un portrait, il faisait mettre la personne dans l'attitude qu'il avait auparavant méditée, et avec du papier gris et des crayons blancs et noirs, il dessinait en un quart d'heure sa taille et ses habits, qu'il disposait d'une manière grande et avec un goût exquis. Il donnait ensuite ce dessin à d'habiles gens qu'il avait chez lui , pour le peindre d'après les habits mêmes que les personnes avaient envoyés exprès , à la prière de Vandeik. Les élèves ayant fait d'après nature ce qu'ils pouvaient aux draperies, il passait légèrement dessus et y mettait en très-peu de temps, par son intelligence, l'art et la vérité que nous y admirons. Pour ce qui est des mains , il avait des personnes à ses gages de l'un et de l'autre sexe , qui lui servaient de modèles. » De Piles. Cours de Peinture par principes. i2<»°. Paris 4708. pp. 291, 292, 295.
Lorsque Richardson était très-jeune, il peignit le portrait d'une très-vieille dame, qui
D*après la masse de portraits peints par Yan Dyck, que Ton trouve épars dans les diverses collections d* Angleterre et des autres contrées, il est évident qu'il a dû être assisté par des hommes nombreux et d'un grand talent. Il en est nommé trois comme ayant été ses élèves, et constamment employés par lui. Le premier, Jean De Reyn , natif de Dunkerque , qui étudia sous Van Dyck à Anvers, raccompagna en Angleterre et fut avec lui jusqu'à sa mort ^ Il revint ensuite dans sa ville natale, où son talent était grandement estimé, et à juste titre, puisque ses tableaux ont souvent été confondus avec ceux de son maître. David Beek , né à Arnheim en 1621 , fut envoyé en Angleterre dès sa jeunesse, pour se former à Técole de Yan Dyck, et devint un de ses meilleurs élèves : il fut choisi pour donner des leçons de dessin au prince de Galles, plus tard Charles II, ainsi qu'à ses frères. Sa rapidité d'exécution était si grande, que Charles I""' lui dit un jour : c Ma foi, Beek, je crois que vous pour-: riez peindre en poste ^. > Jaccfues Gandy est cité par Pilkington , comme un élève de Yan Dyck , et cet auteur attribue son obscurité en Angleterre, à ce qu'il accompagna en Irlande le marquis d'Ormond, lorsque ce gentilhomme fut nommé lord-lieutenant; € Il existe aujourd'hui en Irlande, dit-il, beaucoup de portraits de nobles et de riches, peints par Gandy , qui sont très-peu
en posant, vint k dire par hasard , que lorsqu'elle n'avait que seize ans, elle avait fait faire son portrait par Van Dyck. Ce fait excita aussitôt la curiosité de Richardson, qui lui fît cent questions pour la plupart sans importance ; cependant la circonstance qui lui paraissait la plus inléressantc dans les détails de la dame, c'est qu'elle se rappelait très-bien , que lorsqu'elle avait posé pour son portrait devant Van Dyck , et avait vu ses tableaux dans sa galerie, ils avaient un aspect blanc et rude» en coniparaison du ton riche et doux, par lequel ils se distinguent aujourd'hui , et que le temps doit leur avoir donné , en ajoutant ainsi beaucoup à leur beauté. » rie de Northcote, par sir Joshua Reynolds. 4« iSi3, pp. 33J-7.
* Descamps.
- Ibidem.
inférieurs à ceux de Yan Dyck, autant pour Texpression que pour la noblesse et le coloris ; et plusieurs de ses copies des tableaux de Van Dyck qui se trouvaient dans la galerie d'Orniond à Kilkenny^ ont été vendus comme des ouvrages du maître lui-même.
C'est une chose remarquable, que le grand peintre de portraits» Reynolds, se soit inspiré des œuvres d*un fils de cet artiste, et qu'un élève qui avait pour ainsi dire, reçu par héritage, les fruits des leçons de Yan Dyck, quoiqu'il paraisse n'avoir pas suivi aussi fidèlement l'exemple de son père que celui du grand maître, ait été des premiers, si non le premier, à exciter l'enthousiasme, à former le goût, et à diriger le jugement de l'illustre Anglais. Tel parait pourtant avoir été le fait , selon le passage suivant , extrait de l'intéressante Vie de Reynolds, par Northcote : c C'étaient là le^ œuvres d'un artiste qui, quoiqu'il n'eût jamais été connu au-delà des limites du comté dans lequel il vécut et mourut, fut cependant un homme du premier mérite J'ai entendu moi-même sir Joshua Reynolds , parler des portraits de ce peintre , avec le plus profond respect: il ne se bornait pas à admirer ses talents, mais dans le commencement de sa carrière il adopta évidemment sa manière de peindre les têtes, et la conserva a un certain degré, pendant toute
sa vie.
< Ce peintre était Guillaume Gandy d'Exeter, que je ne puis m' empêcher de regarder comme un des premiers maîtres de Reynolds. Les tableaux de Gandy, furent selon toute probabilité, les premiers bons portraits qu'il connût avant son voyage à Londres, et il m'a dit lui-même, qu'il avait vu des ouvrages de ce peintre, égaux à ceux de Rembrandt ; un portrait surtout, d'un magistrat d'Exeter, qui est placé dans un des édifices publics de cette ville. Je lui ai aussi entendu répéter quelques observations de Gandy, qu'il avait
apprises, et qu^^il approuvait : Tune d'elles était, qu'un tableau devait être riche en couleurs , comme si elles étaient composées de crème ou de fromage y et tout- à- fait opposé au genre dur ou sec ^ . 9
La supériorité du talent de Van Dyck dans les portraits, et le patronage élevé et étendu qu'il avait reçu , firent adopter son style et son genre à beaucoup d'artistes de Tépoque , et il est presque certain que quelques-uns d'entre eux, sans être ses élèves, Faidèrent à achever ses tableaux. Henri Stone , généralement connu sous le nom du Vieux Stone, pour le distinguer de ses deux jeunes frères, obtenait un succès si remarquable dans ses copies de Van Dyck, autant en ce qui coneeme le caractère que pour l'exécution , que beaucoup de ses tableaux sont regardés maintenant comme les œuvres du maître. Il est bien connu que Dobson dût sa première réputation à Van Dyck, qui le présenta à Charles T' et lui permit sans doute avec générosité, l'accès de son atelier, pour avancer ses progrès. Les tableaux d'Adrien Hanneman ont aussi une ressemblance frappante avec ceux de Van Dyck; et c'est par cette raison, quoique Descamps prétende qu'il ne quitta jamais La Haye, que nous aimons mieux ajouter foi à Walpole, qui nous dit qu'il étudia sous Mytens et résida pendant seize ans en Angleterre. Il parait avoir eu assez de perspicacité pour découvrir la grande supériorité de Van Dyck, et le préférer à son maître ; car il est certain que Hanneman a suivi de plus près, avec plus de succès, les pas de Van Dyck, qu'aucun de ses imitateurs.
Il y a en Angleterre peu de familles de distinction, qui ne possèdent quelque portrait de leurs ancêtres, par Van Dyck. Ses
< Mémoires de »ir Joshua Reynoidë 4« London, lSi5, pt>. 15, 16.
plus beaux tableaux se trouvent dans les collections de la reine, des ducs de Bedford , Buccleugh , Devonshire , Grafton et Malborough ; des comtes de Clarendon, De Grey, Denbigh, Fitzwilliam, Pembroke, Radnor, Spencer, des lords Alford, François Egerton etMethuen, de sir Robert Peel, baronet, et du colonel Windham. Le grand nombre de ces ouvrages , ne permet point une énumération plus complète; mais les personnes qui désireraient avoir de plus amples informations, trouveront indiqué dans le catalogue raisonné des œuvres de Van Dyck , par M. Smith , le lieu où se trouve aujourd'hui chacun des tableaux connus de ce grand maître.
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