INTRODUCTION
Comme Bartsch dans son grand et précieux ouvrage intitulé : c Le Peintre Graveur > n'a donné aucun détail sur les eaux-fortes de Yan Dyck, Fauteur ose espérer qu'un catalogue descriptif de celles qui sont dues à l'illustre peintre , causera quelque plaisir aux connaisseurs et aux amateurs de l'art. Son but principal a été de donner une description aussi exacte que possible , du degré de perfection des différentes épreuves de chaque planche, et partout où il y a eu occasion de les comparer , il l'a fait avec le plus grand soin. Il est à regretter que ces eaux-fortes soient en si petit nombre. Elles se distinguent par la même délicatesse » la même correction de dessin» par la même grâce d'exécution qu'on trouve portées à un si haut point dans les tableaux du grand peintre ; et comme
ce sont pour la plupart les portraits d'hommes qui vivaient dans son intimité y quelques-uns» ceux de ses anciens compagnons d'étude , lorsqu'il travaillait encore à l'atelier de Rubens, sont remarquables par leur hardiesse de touche et leur force d'expression.
On ne trouve sur aucune épreuve des eaux-fortes de Yan Dyck, le nom de Martin Van den Enden , ce qui nous porte à supposer que celui-ci ne posséda jamais aucun des cuivres originaux. L'auteur présume que ce ne fut qu'après la mort du peintre que Giles Hendrickx en devint possesseur ; il y fit graver ses initiales G. H. et elles se trouvent sur les gravures des portraits de Yan Dyck , formant un volume publié par lui à Anvers en 1645. En voici le titre : c Icônes Principum, Virorum doctorum, Pictorum, Chalcographorum , Statuariorum, nec non amaiorum pictoriœ artis numéro centum ah Antonio Van Dyck pictore ad vivum expressœ etjtAS que sumptibus œri incisœ. » Plus tard , ces mêmes cuivres passèrent en d'autres mains et les initiales de Giles Hendrickx en furent effîicées, de sorte qu'il existe des épreuves faites avant qu'elles y fussent ajoutées et après qu'on les eût fait disparaître.
Les épreuves en assez grand nombre , tirées avant l'époque de
cette inscription » sont les premières » et les plus belles que l'auteur
ait jamais vues ; elles sont sur papier portant une empreinte
semblable à la figure ci-jointe ; quelques-unes ont pour
cachet un aigle aux ailes déployées; d'autres une guirlande
frappée dans le papier, et le reste se distingue par un écusson à fleurs de lis , surmonté d'une couronne. Celles tirées
ultérieurement» moins remarquables aussi par leur beauté, portent
l'empreinte d'un bonnet d'âne, ou sont sur papier très-grossier
sans aucune marque distinctive.
L'auteur s'empresse d'adresser ses remerciements, aux nobles et aux particuliers, qui lui ont si généreusement offert l'accès de leurs galeries, et l'ont aidé de tant d'utiles conseils dans le cours de ses recherches; mais surtout à cet amateur distingué, John Sheepshanks Esquire, qui, avec sa complaisance et sa libéralité ordinaires, lui laissa le libre usage de son Memoranda, fait après une visite aux diverses collections célèbres de gravures du continent. Sans le secours d'avis aussi précieux, l'auteur n'aurait jamais pu ofiGnr au public ce catalogue. Il doit en outre, exprimer sa satisfaction à son fils aine pour l'exécution des deux belles eaux -fortes, qui se trouvent annexées à ce volume.