Les articles additionnels, (datés du 7 mai +627) de la
charte donnée à la Compagnie de la Nouvelle-France ou des Cent Associés, contiennent ce qui suit :
Art. 21. Le Receveur rendra compte général par chacune année et enfin d’icelle “ en présence du sieur Intendant des affaires du dit pays de la Nouvelle-France, &c.”?
Art. 26. Le Cardinal de Richelieu sera supplié de donner l’Zntendance des affaires du dit pays de la Nouvelle- France et de la dite Compagtiie au sieur de Lauson, ‘“ Con--
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“eiller du Roien ses Conseils d'Etat et privé, Maître des Requêtes ordinaires de son Hôtel, et Président au Grand
J' Conseil.”
| 4 Art. 29. Les Associés seront tenus de s’assembler en la | | ville de Paris, le 15 Janvier de chaque année, en la maison | | du sieur {n!tendant.
Art. 31. Les Directeurs ct Administrateurs prêteront serment ès mains du dit sieur {ntendant.
Cette Intendance fut donnée à ce Monsieur de Lauson, | qui s'appelait Jean de Lauson.
2. Charlevoix : t. 1, p. 308,“ M. de Lauson, un des principaux membres de la Compagnie du Canada, fut nommé pour succéder à M. D’Aillebout (1650) dont les trois ans étaient expirés ; mais il n’arriva à Québec que l’année suivante... Le nouveau Gouverneur avait toujours eu plus de part que personne aux affaires de la Compagnie. C’était lui principalement, qui avait ménagé en Angleterre la resüitution de Québec.,,, Il avait toujours paru s'intéresser beaucoup à ce qur regardait le Canada.”
Ce n'est pas en 1650, comme le dit Charlevoix, mais bien en 1651, que M. de Lauson fut nommé Gouverneur. Ses Provisions sont datées du 17 Janvier 1651. Elle constatent qu’il fut ainsi nommé sur la présentation qui fut faite au Roi de sa personne par la Compagnie de la Nouvelle- France, (Edits et Ordonnances, Ed. in-80, t. 3, p. 16.) M. PAbbé Ferland dit que M. de Lauson “ s'était offert pour être Gouverneur de la Nouvelle-France, et que cette offre avait été acceptée par le Roi.”
3. Le nouveau Gouverneur arriva à Québec le 13 Octobre 1651. (Journal des Jésuites, et Relations des mêmes pour cette même année, p. 1.)
On lit, dans l’Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec, p. 92 : M. de Lauson vinten 1651 prendre possession du Gou-vernement, C’était un homme de qualité, très vertueux, qui était Conseiller d'Etat, et qui avait été Intendant ds:
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Guienne ; il emimena lrois de ses tils qui, dans la suite, s’établirent dans ce pays. L’ainé portait le nom de Mon sieur son père, Il avait servi en France dans le régiment de Navarre, et dans celui de Picardie, et il était fort considéré de M. le Duc d'Espernon, On le fit Senéchal ici, Mais il fut tué par les Iroquois en l’année 1660 et laissa deux filles qui ont été Religicuses aux Ursulines, Le second s'appelait Lauson de Charni ; il épousa une fille de M, Giffard ; et le troisième que l’on nommait Lauson de Is Citière se maria avec une demoiselle de Pau qui nous fut envoyée de France par Madame Ja duchesse d’Aiguillon, en 1655, pour être religieuse chez nous ; elle avait beaucoup d'esprit et de piété, mais point du tout de vocation. Elle se vit bientôt veuve par un triste accident, car Monsieur son époux se noya le 4 (mai) de l’année 1659.” Il y a dans ce prssage quelques erreurs qui seront relevées dans le cours de cr't écrit.
On lit dans le Journal des Jésuites, à la date du 13 Oct. 1651: ‘# Le 17, arriva la flotte de 3 navires, le Sf. Joseph, ia Vierge, et un 3e, navire hollandais. ...,.,..M. de Lauson mit pied à terre, Il alla droit au Fort, où, ayant présenté sa commission, on lui présenta les clefs, et entra dans le Fort...,.Le 18.,.M.le Gouverneur vint diner en notre réfectoire, M. Du Plessis, M. le Senéchal et M. de la Silière (Citière,) M. de IHautville, M. de Tilly, M. de Repentigny, M. Robineau, M. Dauteuil.”
Il n’y eut done que deux fils de M. le Gouverneur, qui vinrent avec lui, M. le Sénéchal, et M. de la Citière. Quant à M. de Charny, il n’aïrriva à Québee que l’année suivante, ainsi que nous l’apprend le Journal des Jésuites :
‘ Le 23 (Jnin 1652) arrive la chaloupe du premier navire
venu de France, commandé par Mtre Jean Pointel, lequel mavire échoua à l'Isle aux Coudres...,Le fer (Juillet 1652)
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arrivée de M. de Charny, et les hommes venus par ce premier navire.”(1)
Nous voici donc en Canada avec le père ettrois de ses fils. Il faut maintenant reprendre les choses d’un peu plus baut.
4, M. de Lauson, père, longtemps avant de venir dans la Nouvelle-France, avait acquis l’Isle de Montréal. M. l'Abbé Faillon, dans son introduction à la vie de la Sœur Bourgeoys, dit, p. 35, en parlant des Associés de la Compagnie de Notre-Dame de Montréal : “ La première démarche qu'ils firent fut d'acquérir la propriété de l'Isle de Montréal. M. de Lauson, qui l’avait reçue de la Grande Compagnie du Canada, la leur céda, quoique contre ses intérêts et ses premières intentions ; et cette cession fut confirmée bientôt par Pautorité du Monarque.”
& Il désirait, remarque M. l'Abbé Ferland, établir sa famille en Canada, et il obtint à cet eflet de vastes concessions, entre autres, la seigneurie de Lauson, l’Isle de Montréal qu’il céda, comme nous lavons vu, et une étendue considérable de terrain sur la rive sud du fleuve en face de PIsle de Montréal.”
Cette étendue considérable de terrain ne lui fut pas concédée à lui-même, mais ilen fit faire la concession par la Compagnie de la Nouvelle-France, à un autre de ses fils, le 15 Janvier 1635. L’acte de concession n’a encore pu être trouvé ; mais celui de mise en possession de cette seigneurie est transcrit dans les “ Questions Seigneuriales,” t. 1, p.84 Ce dernier acte constate la date de la concession, et que cette concession a été faite ‘ au profit de François
(1) On trouve, au Grefle de Montréal, un acte de vente fait par Lambert Closse à Charles d’Aïlleboust, Sieur des Musceaux, Gouverneur de l'Isle de Montréal, “ acceptant pour et au nom de Charles de Lauson, Escuyer, Sieur de Charny.” Cet acte porte la date du ler Juin 1652, c’est-à-dire un mois avant l’arrivée de M. de Charny à Québee.
de 'Lauson, Ecuyer, fils de Messire Jean de Lauson (on y écrit Lauzon) Chevalier, Conseiller du Roi en son Conseil d'Etat.” Voici donc un autre fils du Gouverneur de Lauson, qui ne parait pas être venu en Canada. On donna à sa concession le nom de la Seigneurie de la Citière. Elle commençÇait à la Rivière St. François, sur le Lac St. Pierre, et s’étendait au-dessus du Sault St, Louis, en montant le dit Fleuve St. Laurent. La Seigneurie de Laprairie de la Magdeleine, presque vis-à-vis Montréal, en faisait partie, de même que l'Ile Ste. Hélène et l'Ile St. Paul. La Seigneurie de la Prairie de :4 Magdeleine fut concédée aux RR,. PP. Jésuites, par ‘ nous, Francois de Lauzon, Conseiller du Roi en sa Cour de Parlement de Bourdeaux.... Fait et concédé en notre Hostel, à Paris,le ler jour d'Avril 1647.” Dans un titre confirmatif de cette concession, dont il est fait mention dans les Questions Seigneuriales,” t. 1, p.p. 86 et 87, et qui doit avoir été donné postérieurement au 9 Février 1676, par l’Intendant Duchesneau, il est dit que la Seigneurie de la Citière était ‘ d’une étendue de plus de soixante lieues de pays,” et que la dite Seigneurie était de présent réunie an domaine de Sa Majesté.” (1)
5. Le titre de concession de la Seigneurie de la Prairie de la Magdeleine, nous fait voir que le ler Avril 1647, la Seigneurie de la Citière appartenait encore à M. François de Lauson, fils du Gouverneur. Il parait néanmoins que dans l'intervalle entre cette date et le 15 Octobre 1648, elle avait cessé de lui appartenir, et était devenue la propriété de son père. C’est ce qu’établit un acte de concession fait, à Paris, le 15 Octobre 1648, de deux cents arpents de terre
(1) On voit, par un titre de concession du 8 Juin 1672, qui se trouve au Greffe de Montréal, donné par le R. P. Frémin, que les Jésuites avaient été mis en possession de la Seigneurie de la Magdeleine, le 13 Juin 1649, par Monsieur d’Ailleboust, Gouverneur et Lieutenant-Général pour le Roi en toute la Nouvelle- France.
dans la Seigneurie de £auson. La minute de cet acte de
concession se trouve dans Pétude de feu Maître Becquet,
Notaire, déposée 4 Québec. La concession est faite à François Bissot, Sieur de la Rivière, par‘ Jean de Lauson, Conseiller ord "aire du Roi en ses Conseils d'Etat et Privé, et Direction « ses finances, Seigneur de Lauson et de la Citière en la Nouvelle-France.”
Une autre concession de mème date, est faite, dans notre terre de Lauson,” par L: même, prenant les mêmes qualités que dans la première, à Guillaum2 Couture. Il y signe : ‘6 De Lauson.”
6. Venons maintenant à l’arrivée de M. le Gouverneur de Lauson à Québec, le 13 Octobre 16514, avec deux de ses fils, c’est-à-dire Jean et Louis. Pès Je 18 du même mois, M. de la Citière dine au Réfectoire des RR. PP. Jésuites. C’était Louis. Si c'était à raison de la seigneurie de la Citières située en Canada, qu’il portait ce nom de la Citière, et non
à raison d’une terre Gu même nom, située en France, (et
il y a tout lieu de le croire), il fallait que son père lui eût cédé la Citière du Canada, lui qui voulait établir ses enfants dans la Nouvelle-France. La même remarque s'applique; en ce qui concerne la seigneurie de Lauson, à M. le Sénéchal, qui portait le nom de son père, c’est-à-dire qui s’appelait Jean. Les actes dont suit la mention, et qui se trouvent tous à Québec, le prouvent.
D'abord, quant à M. de la Citière, Louis de Lauson :
lo. ‘ Titres des Scigneuries”? imprimés, p. 383, une concession est faite par “ Jean de Lauson, Conseiller ordinaire du Roi en ses Conseils d'Etat et Privé, Gouverneur et Lieutenant Général pour sa Majesté en la Nouvelle-France, étendue du Fleuve St. Laurent,” à ‘“ Louis de Lauson, Ecuier, Seigneur de la Cilière et de Gaudarville”.... “ Sur la certitude que nous avons,” que le dit Louis de Lauson ‘‘ aurait la volonté avec le temps de s’habituer en la Nouvelle-France, et de faire défricher et déserter, et ensuite habiter le plus
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de familles qui lui serait possible afin de fortifier le pays contre ceux qui y voudraient entreprendre.” Cette concession, donnée au Fort St. Louis de Québec,” est du 8 F£vrier 1652, c’est-à-dire environ quatre mois après leur arrivée en Canada.