Mémoires et documents relatifs à l'histoire du Canada [microforme]
La Société Historique de Montréal, fondée en 1857, n’a été définitivement organisée qu’en 1858, sous la Présidence de feu M. le Commandeur Viger, dont elle ressent aujourd’hui vivement la perte. Cette société se propose de recueillir et de publier tout ce qui pourra jeter un nouveau jour sur notre Histoire et rendre plus facile et plus sûre la tâche de ceux qui l’écrivent. Il n’y a personne, en eflet, qui ignore combien d’erreurs sont imprimées tous les jours, et combien de difficultés on rencontre, pour ainsi dire, à chaque page, quand on étudie sérieusement l’Histoire du Canada. Et cela ne doit pas nous surprendre ; car pendant longtemps on s’est mis peu en peine de conserver les documents et les pièces originales. Nos pères, contents d’avoir fait leur devoir, ne songeaient guères à transmettre leurs belles actions à la postérité ; voilà ce qui explique la perte de documents vraiment précieux. Tous les jours encore la vétusté, les incendies, la négligence et une foule d’accidents qu'on ne saurait prévoir, diminuent le nombre de ceux qui nous restent. Ces derniers même se trouvent dispersés dans les papiers de famille, dans les différentes archives de la province et jusques à l'étranger. Il est donc très difficile de se procurer aujourd’hui tous les renseignements dont on peut avoir besoin pour étudier avec avantage l'Histoire du Canada, si féconde en actions héroïques et en nobles dévouements dont les détails sont encore ignorés, C’est ce qui a engagé la Société Historique de Montréal à commencer la
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mission qu’elle s’est imposée. Elle sent bien que cette tâche est aussi difficile qu’ingrate, car les documents qu’elle publiera ne sont que des matériaux pour l’histoire, et par conséquent, ne peuvent avoir rien d’émouvant ni de bien attrayant pour la plupart des lecteurs. Cependant si ses recherches peuvent être utiles, si elles peuvent rectifier quelques I} inexactitudes touchant des faits saillants de notre histoire, la Société Historique croira avoir atteint son but. Elle est d’ail-
*f leurs encouragée par le noble exemple des Sociétés Historiques de France, d'Allemagne et d’Italie, où plus que jamais fl on s'efforce d’arriver à la vérité, jusque dans les moindres ji détails de l’histoire. Du reste, elle n’aura pas besoin d’aller fil à l’étranger pour trouver un modèle à suivre, il lui suflira de marcher sur les traces de la Société Historique fondée à Québec il y a nombre d’années. Elle n’a d’autre ambition
que de devenir son auxiliaire à Montréal. Nous n’avons pas
fi) besoin de dire qu’elle accueillera toujours avec plaisir et fl avec empressement toute rectification qu’on pourra lui sug-
gérer.
La première livraison qu’elle présente au public contient l un travail sur la question de l’existence de l’esclavage dans }) le Canada, commencé par feu M. J. Viger, et complèté par Sir L. H. LaFontaine, savant jurisconsulte dont le pays s’honore à plus d’un titre.
ni Nous nous empressons de le publier, parce que cette / Il question de l’esclavage en Canada, très importante en # | elle-même, se trouve actuellement controversée dans l'Etat
i du Missouri et que d’elle dépend l’issue de procès intéres- Dh ° sants chez nos voisins. M. Viger avait dû communiquer son 4 travail, tout imparfait qu’il était, et une grande partie des j documents qui l’accompagnent, à des avocats distingués de | DRE . cet Etat, et à quelques-uns de nos jurisconsultes, entre autres à l’Honorable Juge Badgley, dont le témoignage a été ( invoqué sur ce point.