‹ Mémoires et fragmentsChapitre 139 sur 212 · LISTES HIÉROGLYPHIQUES · texte numérisé non relu

LISTES HIÉROGLYPHIQUES

A M. le Directeur de la Reçue Archéologique\

Monsieur,

En lisant, clans ravant-dcr nier numéro de la Revue Archéologique, l'intéressant article de M. le vicomte E. de Rougé, intitulé : Étude sur divers monuments du règne de Toutmès III, découverts à Tlièbes par M, Mariette (suite et fin), j'ai remarqué que Tauteur conservait des doutes sur l'exactitude de certaines parties de la copie des listes hiéroglyphiques des nations vaincues qu'il avait eues entre les mains, en affirmant qu'on ne pourrait acquérir une certitude absolue sur ces passages difficiles ou à demi effacés qu a l'aide d'empreintes ou de reproductions photographiques.

Je suis, heureusement, à même de faire disparaître la plupart de ces incertitudes, par deux raisons : la première, c'est qu'ayant assisté, en février 1859, à la découverte que fit mon savant collègue et ami, M. Mariette, de la partie des palais de Karnak qui contient ces listes, j'en fis plusieurs

1. Écrit en 1861 et demeuré Inédit : le mémoire envoyé à la Rerue Archéologique ne fut pas publié. — G. M,

"«TES HIÉROGLYP„,Q„^^

^^ .^^ aussitôt que les déblai, f

seconde, c .^f ^r^ - f eVécatT'''^"'*'^'^ ^« "^a n.ain ^'^^^ ^ «"« à sadisposi*»^ ^^ ^^ ,: T^' moi-même d'anr^?! " ^ "^epre- !nLcopi^ -^ t;^t^*«ï '-attention possible ef ^^ «'«nument

ïinsi presque ^^ ^ue je pu,s affirmer :

VoUdouc ^ ^^ des peuples d'Afrique, Ja ,em«

1« Pour la l'-^^^uelB,rch', cet égyptoi^ 7« Qui ait été

pubUéepar "^^ -Jf osi^^^^ Q» «ne copie fort iSel'^f ^«^«aine-

ment eu à sa di^F ^ ^gs noms a été interverti • vof *^ **^«s la-

queUe l'ordre ^l ^r qu'ils se trouvent disposé, '''''^^^nt

il faut les placer P^ ^15 (52), 14 ^ gj 3^ ^p^'^\coinx„e sur

le monument : 1 » ;^ y;^ gs. 69, 77, 78, 113 ^n^.^O- 32 à 44

'''' ',f «?' S'of '^«' ^^^' ''• ''' ''^' ^5'' ui" ^' 70, 7i; 73 à 76, 85 a 89, Si£, • .jons de M. de Rm, J

20 Toutes les transc^pU e Rougé au contraire

sont certaines à très peu d ^\l ^^^ > *®' ^««s y son/ pkuîés dans le même ordre que sur le monument. ^ '°«*

30 Mes reproductions photographiques ne me fournissenf que les rectifications suivantes : n° 2 ^^ar, n» 3 Ata,T;tu' n» 5 A« . . . ^-rf, n» 8 Barbarta, n SoAnmuââ ', n» ig />am«/ (la première syllabe est incertaine), n» 83 f/asa(?), q» jj? Avtesa, ce dernier en transcrivant l'hiéroglyphe de 1 jambe par un V comme le fait ordinairement M. de Rougé*

1. BiRCH, Ohsereations on the newli/ '^^scovered fragments of th Statislical Tablet of Karnak, dans les Transactions of the Rq / Society of Literature, nouvelle série, vol. VII. ^'*'

2. Le quatrième nom est Maiu, comme l'a transcrit M. de Rouga

sorte que le troisième est composé des mêmes éléments oup u «I ' *? ,...,.- 1 "° »o second

et le troisième réunis.

3. En suivant le système adopté par M. de Rougé qui transcrit deux A seulement les trois aigles du n* 40. P*'

qui cependant le transcrit deux fois par un B dans le n^ 8.

4° Il est intéressant de savoir* qu'au-dessus de la légende horizontale qui sert de titre à cette liste do conquêtes, on remarque encore. la partie inférieure d'un bas-relief dans lequel -le roi Toutmès III était représenté debout, frappant de son arme victorieuse une dizaine de captifs agenouillés, qu'il tenait probablement tous ensemble par la chevelure et qui représentaient les nations vaincues, comme cela se voit dans d'autres monuments. De plus, tous les noms des peuples sont comme de coutume encadrés dans des enceintes crénelées surmontées chacune de la partie supérieure du corps d'un prisonnier, les bras liés derrière le dos, et peint de la couleur propre à sa race. Les cheveux sont longs, et pour les quatre premières rangées, rejetés derrière les épaules; la tôte est ceinte d'un bandeau, mais la barbe n'est pas la même partout ; la première et la quatrième série (n®* 1 à 23 et 70 à 92) la portent coupée court, et carrément sous le menton, à la mode égyptienne; la seconde, la troisième et la cinquième (n°* 24 à 69 et 93 à 115) la portent entière et pointue comme d'ordinaire les Asiatiques; la cinquième série a de plus une partie de la chevelure tombant sur la poitrine et un urœus royal sur le front.

5** La fin de la légende horizontale qui surmonte la seconde liste, celle des peuples d'Asie, n'est pas détruite, mais seulement masquée par le montant d'une porte construit postérieurement et qui, chose étrange, porte les cartouches de Toutmès III, le roi même qui fit enregistrer ses conquêtes sur la muraille '.

6° La faute qui existe dans ma copie pour le mot Tema,

1. Voir la lettre de Mariette, Reçue Archéologique, juillet 1860.

2. Cette porte peut être, malgré cela, postérieure à la XVI II* dynastie et appartenir au règne de quelque souverain qui aura voulu changer les dispositions intérieures du palais, tout en respectant le nom de ses prédécesseui*8, et le faisant graver dans ses propres constructions. J'ai entendu M. Mariette formuler cette opinion depuis Timpression de sa

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à la Im duquel le signe de la main est inutilement répété existe aussi sur le monument. ^ '

7» Les trente noms entièrement cachés, comme la fin de la légende supérieure, et les cinq à demi masqués par la porte dont j'ai parle ne sont heureusement pas non plus détruits, et on les retrouvera le jour où l'on voudra déplacer cette construction qui ne se compose que de quelques assises de pierre.

8° Le troisième nom porte, après une lacune, le signe de

aigle A et non pas celui de l'épervier ni du poulet; on doit

e lire Xâ. . .ai, et c est probablement par suite d'une faute

typographique quon ht H... ai dans les transcriptions de

M. de Rouge. Le dixième nom est malheureusement très peu

distinct dans mes photographies, mais ma copie porte bien

clairement keret-sen^enâ, et il me paraît difficile que les

deux signes sy lab.ques sen et nés, suivis de N, puissent

former les syllabes sensen; la lecture régulière de ce groupe

donnerai , je crois, plutôt sen-nes-n, car ordinairement,

deux syllab.qi.es ne se servent pas de complément l'un à

1 autre , et il est peu probable que le second nés, qui est

polyphoue, aurait ete employé dans la transcription d'un

nom étranger sans être accompagné de ses compléments

alphabétiques, puisque le signe n, par la position qu'il

occupe, ne me paraît pas pouvoir être considéré comme tel

On ne peut donc suivant moi, accepter qu'avec auelaue

réserve la correction proposée. La forme sntna Zr^Z

répondre au même radical que l'hébreu nj.j,, urni, vascu-

lettre à M le vicomte de Rougé, datée du 30 mars 1860 et inséra la môme année dans la Hecue Archéologique. La porte ,.» ! !

=ettL""^ '' ''-' ^" ----eVarna^X:: -jr-ï ^■C^^^ZS^^^^S^JZ^^-^r. a amené de carac^œs : les signes pu..ment alpha^ «quï d^iH' r'^^'^'^l servent de compléments aux autres/tand s\ue les svl LT '^"^ Tt ceux qui peuvent recevoir ces mêmes complëmente. ^"^'*"ï"e« **°'

lurriy car on sait que les permutations du tsade avec le samech et le sin sont assez fréquentes dans les idiomes sémitiques. Les photographies semblent donner comme ma copie la leçon Makes pour le vingt-neuvième nom. Le signe initial du n^ 31 est en sens inverse sur le monument. Le dernier caractère du n° 47 n'a laissé dans la pierre que de légères traces qui ne permettent pas de le reconnaître. Le n** 48 porte de la même manière la plus évidente Krîmmâ, Le n^ 76 est écrit avec Taigle et non pas avec Tépervier. Le n° 86 enfin n'est pas détruit, mais seulement en grande partie caché.

9° Cette liste était aussi accompagnée d'un bas-relief à peu près semblable à l'autre, mais en sens inverse et dont la partie conservée est encore moins considérable; on ne voit plus que les pieds du roi et une partie des jambes des captifs agenouillés. Les figures de prisonniers qui surmontent les enceintes crénelées, comme dans la première liste, présentent toutes le type asiatique ordinaire et ne sont un peu variées que par les nuances de la peau.

J'ai passé en revue, je crois, tous les points de transcription qui prêtaient à quelque hésitation, et comme les heureuses recherches de notre savant professeur, M. le vicomte de Rougé, donneront certainement naissance à d'autres travaux sur une matière aussi intéressante que l'est la géographie biblique restituée par les monuments, je n'ai pas cru inutile de vous offrir. Monsieur, pour les lecteurs de la Revue, les quelques indications qui précèdent et dont je puis garantir l'exactitude.

Veuillez agréer, etc.

Th. Devéria.

ni

DO

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