‹ Mémoires et fragmentsChapitre 24 sur 212 · De Rougé, Journal asiatique, t. VIII, p · texte numérisé non relu

De Rougé, Journal asiatique, t. VIII, p

3. Inventorié comme faisant partie du carton 6 bis dans la division des objets Jins de l'ancien catalogue manuscrit de la collection; il est porté sous le n" 956 du catalogue de vente.

Le centre est occupé par une fleur astéroïde dont le cœur saillant est entouré de pétales droites et serrées; autour, cinq poissons dans une sorte de guirlande formée de douze fleurs de lotus réunies Tune à l'autre par les deux extrémités d'une même tige. Dans le champ, en dehors, la légende hiéroglyphique suivante occupe environ un tiers de la circonférence :

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MH HT N NB T8-TY (?) H8Y NTR

Celui qui emplit le cœur du seigaeur des deux mondes le loué du dieu

NFR SU(TN) a'N MR SBY-U (?) M II -TE TT-T

bon s le basilicogrammate, le gouverneur des pays septentrionaux, Teti.

Ce plateau a malheureusement été brisé, mais il paraît n'avoir jamais eu de rebord ; c'est ce qui explique la présence de la légende dans le champ, car celle du plateau d'or du Louvre est gravée extérieurement sur le pourtour du rebord. L'inscription que je viens de traduire s'est conservée entière malgré les fractures, et pas un seul des signes qui la composent n'est douteux. On y reconnaît facilement une dernière variante des titres du même personnage, car, outre le titre de basilicogrammate, commun à presque tous les monuments que j'ai signalés, celui de gouverneur ou chargé des pays septentrionaux, et la ressemblance des deux plateaux ne laissent subsister aucun doute sur l'identité d'origine des deux objets, identité qui du reste a parfaitement

1. Les expressions sc'ujueur des deux mondes et dieu bon sont des synonymes du mot roi. M. Birch traduit le mot hsy par sujets mais i'acoeptation de loué me parait présenter ici un parallélisme plus conforme aux habitades égyptiennes.

46 LE BASILICOGRAMMATK THOUTH OU TETI

été reconnue dans le catalogue rédigé à l'occasion de la vente de la collection \

Je noterai aussi que le nom du personnage est suivi du signe ^ qui détermine toujours le nom d'un mort, et que ce fait confirme pleinement la supposition de M. Birch, suivant laquelle la patère d'or donnée par Toutmès III au basilicogrammato Teti, aurait reçu l'inscription dont elle est ornée seulement après la mort de ce dernier pour être déposée dans son tombeau. Il est très probable, en effet, d'après la ressemblance des deux objets, que le plateau d'argent avait été une première rémunération accordée au basilicogrammate. et que le pharaon voulant donner ensuite au même personnage une nouvelle preuve de sa satisfaction, lui aura fait présent de la patère d'or comme deuxième récompense plus importante que la première, et enfin que les légendes de l'un et de l'autre de ces deux objets auront été gravées en même temps. Le même fait a dû se présenter assez souvent, car on connaît un certain nombre d'objets qui paraissent avoir servi et qui portent néanmoins des formules de consécration funéraire.

Je dois, avant de terminer cette notice, ajouter quelques

1. François Lenormant, Catalogue d*une cofleciion dC antiquités égf/ptiennes, Paris, 1857, 8*, p. 80. L'auteur prévient lui-même, dans une courte préface, qu'il a été obligé de faire son travail dans un espace de temps beaucoup trop restreint. On ne s*étonnera donc pas de trouver quelques dissemblances entre sa description et la mienne. De plus, comme il résulte clairement du travail de M. Birch que le basilicogrammate Teti n'était pas intendant de Tor, de l'argent et de Tétain, mais bien gouverneur des possessions égyptiennes sur la Méditerranée, et le mot h'sbt, dans lequel Cbampollion avait cru reconnaître le nom de rétain, désignant le lapis-lazuli, il ne faut pas s'attendre à retrouver la coupe d'étatn dont l'existence est mentionnée comme probable dans ce catalogue. Les deux plateaux d'or et d'argent paraissent d'ailleurs avoir été donnés comme récompense, ce qui ne serait pas admissible pour une coupe d'étain.

mots sur le nom du basilicogramraate Thôth, ^, Thoûth, /%y Toutty ou Teti, qui, comme je Tai dit, est le même que celui de l'Hermès égyptien.

Ce nom propre, très rare sur les monuments, n'est cependant pas en dehors des usages adoptés au temps des Pharaons pour la formation des noms d'hommes; car, bien que les Égyptiens ne fussent pas dans l'habitude de donner à leurs enfants le nom d'une grande divinité sans y ajouter une épithète, ils pouvaient porter celui d'un dieu du second ou du troisième ordre : ainsi, ils s'appelaient Chonsou aussi bien qu'Horus et Imouthès, du nom de ces dieux qui ont le rôle de fils dans les triades. Or, le dieu Thôth ne peut pas être considéré comme un dieu du premier ordre puisqu'il s'assimile et s'identifie au dieu Chonsou jusqu'à ne faire plus qu'un avec lui. Je ne connais cependant que deux autres exemples de l'emploi du nom de Thoûth ou Teti comme nom d'homme; l'un sur une momie du musée britannique (n^ 6699), l'autre dans les légendes d'une statuette de la collection Abbott \ encore le personnage qui le portait est-il ordinairement désigné par un surnom, ^cs^v^yW, comme dans la légende de son scarabée funéraire *.

1. Voir le catalogue de cette coUection, New-York, 1854, 8% p. 17, n' 170. Je dois à l'obligeance de M. Edwin Smith la copie de Tinscription de cette statuette.

2. N' 1042 de la môme collection. — La transcription s'a ou s'u, pour ^^ç^f me paraît contestable, et de nombreuses variantes semblent indiquer plutôt aV. Ce signe se retrouve, il est vrai, suivant Salvolini, à la place de r^^ (Alphabet, 196)^ mais la prononciat ion s *u, pour ce

dernier, ne me semble pas mieux établie La variante .. fl*î^3i pour

2:^ *î^âî citée par M. de Rougé {Inscription d'Ahmès, p. 116),

doit être fort rare, et je crois que c'est une transcription fautive du signe jm^ (Louvre, pap. 3092, c. 363, = ^C^, TocU^. 64, 16), forme

abrégée de K (m^me pap., col. 262, = f^-> Todt,, 82, 5; 87, 1), et qui remplace également f^^ (môme pap., col. 533 = Todt., 110, a).

jr ' aa "V -^fc- i s

fois jo^^ "" •'"'•«on, q.;. ^^suitT^ ^"Q^^ ^««Qem/^^'-Ns

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L'inscription de cette statuette qui donne un abrégé de la formule des proscynèmes plus complet que celui de la palette funéraire dont nous nous sommes occupé, commence par ces mots :

SU[tn] ta HTP AMN-Ra' NB k'R ^ TE-TY (?)

Proscjnème à Ammon-Soleil, seignear de la région des deux mondes

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