‹ Mémoires et fragmentsChapitre 91 sur 212 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

UN OSTRACON ÉGYPTIEN'

Monsieur,

Un intéressant mémoire de notre savant confrère M. Egger * a dernièrement attiré l'attention des archéologues sur les ostraca grecs; ce genre d'antiquité que nous trouvons aujourd'hui en Egypte, dans les sépultures contemporaines de la domination des empereurs romains, consiste en tessons (ocrrpaxa) do vascs de terre cuite, portant quelques lignes d'écriture cursive se rapportant à un sujet quelconque.

Celui qui fait l'objet principal du travail de cet académicien contient un texte religieux écrit par un chrétien des premiers siècles de notre ère; on lit sur d'autres des formules épistolaires, et ce sont le plus ordinairement des quittances données par des receveurs publics à des contribuables, ou bien des reçus donnés par les soldats romains aux officiers chargés

1. Lu à la Société des Antiquaires de France, le 1" juin et le 6 juillet 1859; inséré aux Mémoires de la Société, t. XXV (3" série, t. V), p. 194-214.

2. Observations sur quelques fragments de poterie antique provenant d'Egypte et qui portent des inscriptions grecques; Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, t. XXI, première partie.

BiBL. KOYPT., T. IV. 9

130 LETTRE A M. CAILLIAUD SUR UN OSTRACON ÉGYPTIEN

de la paye militaire ou des approvisionnements de l'armée.

L'usage des osiraca existait en Egypte longtemps avant que la langue grecque n'y eût pénétré, celui que vous avez découvert à Thcbes et dont vous avez bien voulu me donner communication, Monsieur, en est, entre beaucoup d'autres, un précieux témoignage.

Aux époques antérieures à la domination macédonienne, ces pièces étaient ordinairement rédigées en écriture hiéra-

tique, quelquefois sur des fragments de pierre au lieu de tessons do terre cuite, et leur contenu était, comme dans les temps postérieurs, de nature très variée.

Celui-ci, écrit en effet sur un éclat de calcaire blanc, est analogue à ceux auxquels M. Egger assigne le nom d'âiroy'/;; c'est le reçu d'une redevance ou d'un impôt. Il porte sept lignes d'écriture hiératique présentant les caractères paléographiques du temps de la XIX^ dynastie, et tracées à l'encre noire par une main expérimentée. Sa hauteur et sa largeur sont de 14 centimètres environ.

La première phrase commence par une date malheureu-

LETTRE A M. CAILLIAUD SUR UN OSTRACON ÉGYPTIEN 131

sèment sans indication de rogne. Je transcris en hiéroglyphes et en sens inverse, c'ost-â-dire de gauche à droite, les sept lignes, do texte qu'il porte :

Mo Mi II ^^^^ yws/v>A ® nijrlA<cz> \ 15."^

RNF(Î) 6 ABT2 S*MU HRU 22 AÏ AR NB UBH

An VI, mois de Payni, jour 22, sont venus les pécheurs

N - SX.E NWR - HTPU ..AU StÏ

au scribe Newerhotepou. Pêches de Sôti,

îlÀT5,T,i-k^\

Page 1