A SA MAJESTÉ LOUIS XVIII
« Sire,
« Avant que de m'acquitter de ma dette envers la nature, ma fidélité et vos bienfaits me font prendre la liberté, en vous présentant les portraits gravés de vos augustes tantes, d'offrir en même temps à Votre Majesté quelques-uns de mes derniers travaux littéraires. Puisse ce recueil, en attestant votre amour, votre goût et votre protection pour les arts et les lettres, être agréé de Votre Majesté comme un témoignage de ma sensible reconnaissance.
« Je suis avec respect, de Votre Majesté, le fidèle serviteur et le très-obligé pensionnaire.
« Miger,
« Ancien académicien, âgé de quatre-vingt-un ans. »
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dans sa lettre deux tableaux, et je les accepte, et lui demande aussi quelques desseins de sa main. .
Le 5. Toute l'Académie royale alla souhaiter la bonne année à M. le marquis de Marigny, notre directeur général, de la manière accoutumée. Au sortir de là, je menai M. Leprince dîner au logis.
Mon fils aîné m'a présenté, le jour de l'an, un dessein fort joli de beaucoup de figures, et Frédéric un dessein selon son âge.
M. le chevalier de Damery, étant de retour de sa campagne (d'où il m'avoit envoyé un tonneau de cent bouteilles de vin de Champagne), nous vint voir sur-lechamp. Je l'ay remercié de son bon présent.
Le 5, qui étoit le dimanche avant les Rois, dix-neuf artistes, tous académiciens, et dont j'étois du nombre, dînèrent ensemble dans une maison sur le quay de l'École. Nous étions tous de la meilleure humeur du monde et ne nous séparâmes qu'après neuf heures du soir.
Le 8. Répondu à M. Wagner, à Dresde. Je le prie d'ajouter encore deux desseins aux douze que je lui ai demandés, et qu'il m'a promis de faire, comme aussi deux tableaux à l'huile. Je lui parle aussi des deux tableaux que j'aurois désirés de madame sa mère.
Le 9. Répondu à M. Hutin1, directeur de l'Académie électorale de Dresde. Je le remercie de son œuvre a l'eau-forle qu'il m'a envoyée.
Répondu à M. Dietrich. Je lui mande que j'aurai soin des estampes qu'il désire, comme aussi du portrait de
1 Charles Hutin, né à Taris le 4 juillet 1715, mourut à Dresde le 29 juillet 1770.
M. Boucher. Je lui dis aussi qu'il n'y a aucun pinceau de Lyon dans Paris, elc.
Répondu sur deux lettres de M. de Hagedorn. Je le remercie d'abord d'une petite eau-forte de sa main. Je lui parle du départ de M. Zingg, ou plutôt de ses préparatifs pour son voyage de Dresde, comme aussi de mon grand désir de posséder les deux tableaux que M. J. Roose m'a promis de sa main, etc. Que l'œuvre de Gravelot seroà difficile à former, que, etc. Ces quatre lettres ont été emportées par M. Rivière, secrétaire d'ambassade de Saxe, qui part le 11 pour Dresde.
J'ay envoyé douze bouteilles de vin de Grave, très-excellent, à M. Vien, professeur de l'Académie royale, comme une espèce de petite reconnoissance de ce que mon fils aîné étudie dans son école.
J'ay rendu à M. de Damery la somme que j'avois touchée pour lui.
Le 25. Répondu et écrit à M. Winckler, à Leipzig. Je lui dis que les estampes que M. de Hagedorn m'a envoyées par ses soins me sont parvenues; que je lui ferai faire encore deux bras de cheminées; que j'ay touché de l'argent chez MM. Papelier et Eberls, que j'aurai soin de tout,, etc.
M. le comte de Moltke, fils du premier ministre du roi de Danemark, m'est venu voir.
Le 1er. Répondu à M. Wirsing, graveur à Nuremberg. Je lui dis que son grand papier est parti pour Strasbourg, à l'adresse de M. Eberts, le 31 janvier; que l'argent qu'il me doit, il pourroit l'offrir à mademoiselle Ditsch, si elle en veut, pour les pièces que je lui ay commandées.
Écrit à M. Bilsch. Je me plains du retard de l'ouvrage de mademoiselle sa sœur, et le prie d'ajouter encore quelques oiseaux aux pièces déjà commandées: que M. Wirsing, qui me doit, a ordre de payer le tout.
J'allai avec notre Académie royale, en corps, aux R. P. de l'Oratoire, rue Saint-Honoré, où elle a fait célébrer un service pour feu monseigneur le Dauphin.
Le 7. Répondu sur deux lettres de M. Lienau. Je lui fais un détail comment doivent être les anciennes estampes, et lui demande un catalogue raisonné des quatrevingts tableaux. Ich spreche ihm mtch von der Zueignung der neuen Platte \
Le 15. M'est venu un pe.tit tableau peint sur cuivre par Rreughel de Velours. Je l'ay fait venir d'Allemagne. 11 est des plus fins, des plus clairs et intéressants de ce maître. Il y a des gens sur le devant qui dansent au son d'un violon. Un homme mène une charrette auprès d'une eau remplie d'oiseaux aquatiques. Ce tableau me fait grand plaisir.
M. Falbe m'est venu voir, m'apportant de la part de M. Schroeter, gouverneur du chevalier de Rroemsen, actuellement à Strasbourg, une monnoie d'or de Toscane, un Ridder hollandois, et me fit présent d'un ducat turc; ce dernier m'a fait plaisir.
Le 18. M. le baron de Rautenfeld, de Riga, m'apporta des lettres de M. Schroeter, de Strasbourg. J'avois déjà connu le frère aîné de ce baron il y a une couple d'années.
Répondu à M. G. Winckler. Je lui dis que sa caisse est partie.
1 Je lui parle aussi de la dédicace de ma nouvelle planche.
Le 20. J'ay acheté un tableau de Wouwermans. 11 n'y a qu'un cheval et un cavalier qui relève sa botte auprès d'une chaumière. Ce tableau est bien touché.
Le 21. M. Greuze m'a dédié un petit cahier de six têtes qu'il m'a fait graver d'après ses desseins. 11 me les a dédiées en qualité d'ancien ami \
Le 24. J'ay retiré de chez M. Greuze un dessein de trois figures qu'il m'a fait pour être gravées. Je l'ai payé cent vingt livres. Le lendemain, je l'ai remis à M. Moreau, qui en doit faire l'eau-forte.
Me sont venus voir MM. Falbe et de Hemert.
Tous ces jours-cy j'ay assisté à la vente de desseins et estampes que M. Basan a fait et dont j'ay acheté plusieurs choses.
Le 29. M'est venu voir M. Lautz, conseiller intime du prince de Nassau-Saarbruck; mais je n'étois pas au logis.
Le 2. Après avoir visité M. Massé, ancien et respectable ami, je me rendis au repas que font ordinairement les académiciens entre eux le premier dimanche du mois.
Le 5. Me vint voir le fils de l'architecte du prince de Nassau-Saarbruck, m'apportant des lettres de recom-
1 Ce cahier est dédié à Wille en ces terme? : « Têtes de différents caractères dédiées à M. J.-G. Wille, graveur ordinaire du roy, par son amy J.-B. Greuze, peintre ordinaire du roy, et se vendent à Taris, chez J.-B. Greuze, rue de Sorbonne, la première porte cochère à gauche en entrant par la rue des Mathurins. 1766. » C'est P.-C. Ingouf qui a gravé cette suite de six têtes.
mandation de la part de M. de Samhammer, peinlre du même prince, et que j'ay connu autrefois.
Le 4. Le prince Nassau-Saarbruck m'a fait l'honneur de me venir voir, mais j'étois absent, dont j'en suis bien fâché; je me propose de l'aller voir.
M. de Cronstern, gentilhomme danois, m'est venu voir, m' apportant force compliments de beaucoup de personnes de ma conuoissance, qu'il a rencontrées dans ses voyages d'Allemagne et d'Italie.
Nous reçûmes le billet d'enterrement de M. Àved l, peinlre et conseiller de l'Académie royale.
Depuis peu de jours, M. le général de Fonlenay m'ayant remis les deux volumes de la galerie de Dresde, reliés de la manière la plus superbe, et dont S. A. E. l'électeur de Saxe me fait présent, comme il m'avoit déjà remis de la part de ce prince, l'automne passé, une magnifique tabatière en or, il étoit de mon devoir d'écrire une lettre de remercîments à l'électeur, tant en réponse à la lettre qu'il m'a fait la grâce de m'écrire de sa propre main que de ses présents considérables.
Lettre que j'ay écrite à ce prince, en date du 4 mars 1766:
« Monseigneur,
« Un des événements les plus heureux de ma vie étoit lia réception de la réponse que Votre Altesse Électorale a daigné faire à la lettre que j'avois pris la permission de lui adresser. Qu'il est flatteur pour Lame sensible d'un artiste, lorsque ses faibles travaux ont le bonheur d'être approuvés par un prince qui trouve sa
1 Jacques-André-Joseph Aved, peintre du roi, était né à Douai le 12 janvier 1702. Son portrait a été gravé d'après lui-même en 1762, par G. Be-
.noist.
JËÀN-GEORGES WILLE. 315
véritable gloire dans le plaisir d'accorder sa protection aux arts en général; qui en établit une académie dans sa capitale; qui veut être seul son chef, son protecteur; qui désire que la nation qui a le bonheur d'être gouvernée par lui soit encore plus illustre par les sciences et les arts, et dont plusieurs productions attirent déjà les regards de l'Europe! Que Votre Altesse Électorale est véritablement grande à mes yeux ! Sa lettre seule étoit pour moi une faveur, une grâce distinguée, mais elle ajoute des présents considérables. Us m'ont été remis depuis peu de jours par M. le général de Fontenay. Rien de plus superbe que ces monuments constants de la générosité et munificence de Votre Altesse Électorale envers un artiste qui en conservera la mémoire aussi longtemps que sa vie avec autant de sensibilité que de gratitude !
« Je suis avec le plus profond respect, Monseigneur, de Votre Altesse Électorale, le très-humble et très-obéissant serviteur,
« Wille. »
Le 7. Répondu à monseigneur l'évêque de Callinique, sur plusieurs de ses lettres. Je lui prêche la patience, par rapport aux tableaux que Tremblin 1 lui fait.
Le 8. J'ay envoyé la lettre à l'électeur de Saxe chez son envoyé extraordinaire, M. le général de Fontenay, avec une lettre que j'écrivis à celui-cy pour lui recommander ma lettre à l'électeur, et pour le remercier des peines qu'il a eues de me remettre les présents de la part de son maître. J'aurois voulu y aller moi-même, mais j'étois un peu incommodé depuis quelques jours.
Répondu à M. Strecker, premier peintre du landgrave
* INagler dit que ce Jean Tremblin travaillait à Paris en 1745.
de Hesse, à Darmstadt. Je lui dis que le petit tableau me plaît; que l'argent en est prêt, que je voudrois sçavoir le prix de ceux de M. Seckatz, pour l'envoyer ensemble.
Le 12. J'allai à la vente de tableaux de madame la comtesse de Farvaques. Je n'en ay pas acheté un seul, car je n'aime pas les croûtes.
Le 14. Nous avons donné à dîner à mon imprimeur, M. Beauvais l'aîné et à sa femme, pour consoler un peu ces bonnes gens et faire diversion au chagrin que leur cause la mort de leur fille unique, qu'ils avoient donnée en mariage à un marchand il y a quatorze mois.
J'ay reçu une lettre extrêmement honnête de monseigneur le prince de Kaunitz-Rittberg, chancelier de cour et d'État de LL. MM. Impériales, dans laquelle ce prince me conseilloit, et le clésiroit même, que je fisse la dédicace de ma nouvelle planche à l'impératrice douairière. Je fus très-flatté du contenu de cette lettre.
Le 15. Je me rendis, par rapport au contenu de la susdite lettre, chez S. A. monseigneur le prince de Slaremberg, ambassadeur de S. M. Impériale à la cour de France, qui me reçut le plus honnêtement du monde et me lit des offres bien flatteuses. Je lui demande en même temps sa protection pour mon élève, Schmuzer, qui est rappelé à Yienne.
Le 29. Répondu à M. le baron de Kessel, grand maître des cuisines de l'électeur de Saxe. Je le remercie des soins qu'il s'est donnés de me ramasser quelques ducats rares, qu'il m'a envoyés par M. Ferber, nouveau secrétaire d'ambassade de Saxe. En même temps je lui recommande M. Zingg.
Répondu à M. de Hagedorn. Je cherche à excuser au-
près de lui le retard du départ de M. Zingg. Je lui expose la cause et en dis la raison. Je le remercie des jolies estampes paysages qu'il m'a envoyées par M. Ferber, et qui sont gravées par lui-même avec beaucoup d'esprit. Je lui dis aussi mon sentiment sur la manière dont on devroit conduire les élèves à Dresde.
Je dis à M. de Hagedorn que j'ay chargé M. Huber d'obtenir de M. Wattelet 1 son œuvre pour le cabinet électoral.
Le 50. Nous avons donné à souper à beaucoup de monde, principalement par rapport à M. Schmuzer, mon élève, qui doit partir cette semaine pour Vienne, l'impératrice l'ayant xappelé, comme aussi par rapport à M. Zingg, qui partira incessamment pour Dresde. J'ai fait pour celui-cy un petit dessein dans son Stammbuch, dont il fut enchanté.
M. Lautz; conseiller de M. le prince de Nassau-Saarbruck, m'est venu voir. Nous avons beaucoup raisonné ensemble.
Le 1er. Répondu à S. E. M. le comte Rodolphe de Ghoteck, chevalier de la Toison d'Or, conseiller d'Etat intime actuel, grand chancelier de Bohême et d'Autriche et président du conseil aulique de commerce, pour S. M. L et R., à Vienne. Ce seigneur m'avoit écrit la lettre la plus obligeante en me remerciant des soins que je me suis
1 L'auteur du Poëme sur la peinture. L'un de nous possède le manuscrit du Poème sur la peinture que Wattelet fit faire pour la marquise de Pompadour avant de faire imprimer son ouvrage. C'est un in-i° relié en maroquin rouge et portant à l'intérieur une note dé Wattelet lui-même, qui indique sa destination.
donnes pour former le sieur Schmuzer dans son talent. Il désire m'envoyer un autre élève, et je n'ay pas pu refuser un seigneur aussi aimable qu'il me le paroît par sa lettre.
Le 2. J'allai, avec MM. Zingg et Iluber, voir M. Ferber, nouveau secrétaire d'ambassade de Saxe, et qui étoit venu quatre fois cbez moi pour me voir sans me trouver. Il est aimable.
M'est venu voir M. le comte de Dohna, seigneur prussien.
M'est venu voir M. le comte de Waldener, chevalier de l'ordre Teutonique et colonel du régiment allemand de Bouillon.
J'ay remis à mon élève, M. Schmuzer, deux desseins paysages faits par moi, qu'il doit remettre à mon ami, M. Wâchter, à Vienne, comme aussi deux académies de mon fils pour la même fin. M. Schmuzer m'avoit donné quelques-uns de ses desseins, et, pour celte honnêteté, je lui ay fait présent d'un dessein de moi, comme aussi de plusieurs de mes estampes. Ma femme lui a remis une pièce de taffetas qu'il doit remettre à mademoiselle Wâchter, pour lui faire un corps de robe, étant sa filleule; et, comme M. Schmuzer m'a gravé le portrait de M. Dietrich ou Dietricy, je lui ay fait présent de vingtcinq épreuves, et environ trente-huit louis qu'il a eus de mon argent pour ladite gravure, que j'ay fait faire à mes dépens pour faire plaisir à mon ami Ifietrich.
Le 5. M. Schmuzer, mon élève, a pris congé de nous pour s'en retourner le lendemain, par Strasbourg, à Vienne. Il m'a donné plusieurs desseins de sa façon pour me souvenir de, lui. Il m'avoit gravé le portrait de M. Dietrich, fameux peintre saxon, que j'ay fait faire à
mes dépens et dont je lui ay donné trente-huit louis d'or, quoiqu'il l'eût fait sous ma direction. Il est bien, et je l'ay mis au jour le 10.
Le 15. J'allai à la vente de M. d'Argenville1, où j'ay acheté un seul petit tableau, qui est de Corneille Poelembourg, et représente un jeune homme demi-figure, trèsgentil2, que j'ay résolu de graver pour faire le pendant du Petit Physicien.
Le 16. M. le comte de Yaldener, commandeur de l'ordre Teutonique, m'est venu voir, en prenant congé pour aller joindre le régiment de Bouillon, dont il est colonel. 11 est toujours poli et aimable.
M. Fischer, de Berne, m'est venu voir.
S. À. Monseigneur le prince de Staremberg, m'accorda une seconde audience, où je fus reçu le plus gracieusement du monde.
Du 22 au 24. Écrit à M. Bidinger, à Augsbourg.
Écrit à M. Kilian, dans la même ville.
Répondu à M. Wirsing, à Nuremberg.
A M. deHagedorn, à Dresde.
A M. Boose, aussi à Dresde.
A M. Dietrich, dans la même ville.
A M. Wagner, aussi dans la même ville.
1 Voici le titre de ce catalogue : « Catalogue raisonné des tableaux, estampes, coquilles et autres curiosités, après le décès de feu M. Dezalier d'Argenville, mnitredes comptes et membre des Sociétés royales des sciences de Londres et de Montpellier, par Pierre Remy. Paris, chez Didot rainé, 1776. » Il est précédé d'une fort curieuse notice sur d'Argenville.
2 C'est le n° 54 du Catalogue. Voilà la description qu'en donne Remy : t Un jeune homme à tète nue, mains gantées, et portant un manteau ; figure à mi-corps, peinte sur bois : il porte quatre pouces de haut sur trois de large. »
Toules ces letlres sont autant de recommandations pour M. Zingg, qu'il remettra dans sa route.
Le 25. Répondu à M. Dietsch, à Nuremberg, et je lui dis que je désirerois qu'il m'envoyât les anciens desseins sur-le-champ.
J'ay mis les deux planches au jour que M. Zingg m'a gravées, d'après Metay.
Le 27. J'ay répondu à Son Altesse Monseigneur le prince de Kaunitz-Rittberg, chancelier de cour et d'Etat de Leurs Majestés Impérialés. 11 m'avoit exhorté, dans sa lettre, de dédier mon dernier ouvrage à l'impératrice douairière, en s'offrant le plus gracieusement du monde de s'intéresser vivement dans cette affaire auprès de l'impératrice. Je l'ay donc fait, en conséquence de cette invitation. Mon estampe a pour titre : Instruction paternelle. J'ay mis une belle épreuve dans une bordure ornée et dorée de plusieurs ors, l'estampe est sous glace; celle-cy est pour l'impératrice. Une seconde bordure, mais moins riche, avec la même estampe, est destinée pour S. A. Un portefeuille vert et doré contient vingtquatre épreuves pour l'impératrice et six pour le prince, avec quelques autres pour diverses personnes. Le tout a élé mis en caisse, qui est partie le 26 de ce mois au matin, par le coche de Strasbourg, à l'adresse de M. Eberts, qui doit l'envoyer à Vienne, au prince de Kaunitz directement. Ma réponse au prince contient, non-seulement les expressions de mon cœur, mais aussi ce qui concerne cette affaire.
Répondu à M. Wàchter, secrétaire de Son Altesse le prince de Kaunitz. Je le prie d'avoir soin de la susdite caisse en ami, et je le charge de plusieurs détails de mon affaire qui ne pouvoient être honnêtement écrits au
prince môme. Deux épreuves de mon estampe lui sont destinées.