III
compense de l'imposition de vingtième , de cette tache d'huile éternelle qui déshonore l'administration actuelle de nos finances ? »
2} juin 1749. — Il est grand bruit de la mort du sieur Coffin, ancien recteur de l'université, et principal du collège de Beauvais. Il est mort sans sacremens, par la rigueur schismatique de l'archevêque de Paris. Celui-ci défend à tout confesseur, sous peine de lui retirer ses pouvoirs , d'absoudre ceux qui sont soupçonnés d'anticonstitutionnarisme , sans les interroger sur le dogme et leur faire rétracter leur appel. Cependant M. Coffin avoit eu l'absolution; mais personne n'a osé l'avouer. On vouloit aussi l'empêcher d'être enterré en terre sainte ; cela ne s'est fait qu'avec effort et scandale.
24 juin. — Hier a été l'enterrement de M. Coffin, dont j'ai parlé. C'est la mode aujourd'hui que les grands attroupemens aux enterremens de fameux appelans. Il y avoit plus de dix mille âmes à celui-ci. Le convoi étoit déjà au collège de Beauvais que la queue n'étoit pas encore sortie de la paroisse de Saint-Étienne-du-Mont. Il y avoit des échafauds aux coins des rues. On brave ainsi le gouvernement et la persécution schismatique.
— On a fort agité au parlement le refus de sacremens fait à M. Coffin, à un homme aussi
d'État. Le conseil ne se composoit pas des ministres en charge , mais des personnages auxquels le roi donnoit nominativement pouvoir d'y assister , et qu'il convoquoit à cet effet.
vertueux , un ancien recteur, un savant , un ancien principal qui a élevé la jeunesse la plus distinguée de Paris, un homme estimé de tout le monde ; on lui a refusé les sacremens à l'agonie. Son confesseur n'ose avouer l'avoir entendu et absous. Cependant l'on voit par ses magnifiques obsèques et la multitude de ceux qui y assistent combien il étoit honoré.
28 juin 1749. — Le marquis de Dreux a l'agrément de la charge de feu M. Amelot, de grand prévôt et maître des cérémonies de l'ordre du Saint-Esprit. Ainsi, il réunira, comme de Rhodes y les cérémonies de France et celles du Saint-Esprit. Cependant on trouve de quelque ravalement pour lui , qu'étant lieutenant général et à portée d'avoir le cordon bleu, il n'ait cette décoration que par charge.
Juillet 1749. — Le sieur Garnier, intendant de mon frère , lequel a été autrefois marmiton , vient d'acheter une charge de maître d'hôtel de la reine. Montcrif est furieux de ce qu'on ne lui a pas donné celle de maître d'hôtel ordinaire, sur laquelle il comptoit, et de ce qu'on lui a préféré le petit Helvétius, fermier-général, fils du médecin de la reine.
21 juillet 1749. — ^ort du cardinal de Rohan. C'est le dernier seigneur qui représentoit avec dignité à la cour ; les autres ne mènent qu'une vie particulière.
— Nous avons un grand traître dans les bureaux de la po€te; il se nomme Jannelle. C'est lui qui a trahi MM. Pajot, pour leur faire ôter
cette ferme des postes. Il a vendu le secret du cabinet à diverses personnes qui ne dévoient pas l'avoir, comme èk M. de Maurepas, au cardinal de Tencin. Il est grand ami du sieur Garnier, l'homme de confiance de mon frère. Il fait dire ce qu'il veut aux lettres décachetées ; il sert et dessert les ministres et autres gens de la cour. Rien de dangereux comme ce ministère très -secret, quand il n'est pas aux mains d'honnêtes gens. Cependant je n'y vois que des roués , et notre maître ne s'en défie pas assez.
Août 1749. — 0" ^ arrêté ces jours-ci quantité d'abbés, de savans, de beaux esprits, et on les a menés à la Bastille , comme le sieur Diderot, quelques professeurs de l'Université, docteurs de Sorbonne, etc. Ils sont accusés d'avoir fait des vers contre le roi , de les avoir récités , débités, d'avoir frondé contre le ministère, d'avoir écrit et imprimé pour le déisme et contre les mœurs ; à quoi l'on voudroit donner des bornes, la licence étant devenue trop grande. On prétend arrêter ainsi les mauvais discours des cafés et promenades , et tous les libelles indécens qui courent Paris. Mon frère en fait sa cour et se montre par là grand ministre, ainsi que le grand cardinal de Richelieu arrêta la mutinerie des grands seigneurs, et de très-hautains les rendit très-humbles en coupant des têtes. De même, mon frère va rendre nos beaux esprits, nos abbés, très-morigénés, très-dévots, à force de prison et d'ennui.
— On dit qu'il y a une nouvelle pièce de vers où M. de Maurepas est fort loué-, et madame de Pompadour satirisée jusqu'à menace de mort.
Voilà de quoi rendre M. de Maurepas de plus en plus criminel. Ses amis l'inculpent par excès de zèle.
— On a arrêté encore d'autres beaux esprits, comme l'auteur de VHistoire des sonnettes. D'un côté, l'on se plaint que ceci devient inquisition, que les prisons sont tellement pleines qu'il faut mettre les prisonniers à Vincennes et ailleurs; de l'autre , on dit que c'est bien fait de déraciner la licence d'écrire autant que l'on fait aujourd'hui, contre le roi, contre Dieu et contre les mœurs.
Il a paru un poëme de deux cent cinquante vers horribles contre le roi ; il commence par : Réveillez-vous, mânes de Ravaillac ! Le roi, l'ayant entendu lire , dit : «Je vois bien que je mourrai comme Henri IV. » Cela lui fait une peine cruelle, et avec raison. Le roi est sensible plus que homme du monde , il souhaite d'être aimé. Véritablement, que ne se sert-il d'hommes aimant le peuple et la vertu ?
10 août. — Le mécontentement augmente, dans Paris, des captures continuelles qui se font chaque nuit de beaux esprits et d'abbés savans, soupçonnés de faire des livres , des chansons , et de répandre de mauvaises nouvelles aux cafés et aux promenades. On n'appelle plus cela que V inquisition française, et on le met sur le compte de mon frère. Le parti anticonstitutionnaire est des plus animés contre lui. On dit de lui qu'il n'a que la science de la tyrannie, et que j'avois la science du gouvernement.
— Dans ma dernière conversation avec mon frère, il me fit entendre bien clairement que
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c'étoit à lui que M. de Machaulî devoît Tobligation d'être fait ministre du conseil d'État. Mon frère a, en sa faveur, l'idée qu'il a fait concevoir au roi de lui , d'avoir beaucoup d'esprit , d'être fort avisé , d'être infiniment sage , de peser bien tous ses avis , d'être heureux dans ses conseils et d'être homme de bon air. Il est fâcheux seulement que ces idées, ce discernement du maître, ne soient point du crû royal , mais plutôt soufflés par ceux qui l'approchent et n'avancent ces propositions que par intérêt ambitieux et personnel.
9 août 1749. — Mon frère vient d'obtenir le logement du cardinal de Rohan au Louvre; il y tiendra ses audiences , sa maison étant trop petite, et n'obligera pas le public à aller le chercher aussi loin que les Invalides '. Mais le plus beau est que cela lui donne un grand air de faveur, et comme de premier ministre. Voilà le vrai , c'est qu'on a voulu se débarrasser de ceux qui demandent ce logement , comme du cardinal de Soubise. La maison de Rohan est très-mal à la cour, et n'a quasi plus d'appui. Le cardinal de Soubise a eu une querelle violente avec M. de Machault, contrôleur-général. Celui-ci lui a parlé de sa famille , au lieu de sa maison , et disputé quelque article qui intéressoit les abbayes. Il y a eu in,ures, hauteurs, reproches placés et déplacés.
— Dans une conversation que j'ai eue avec un homme des cabinets fort attaché à la mar-
I . Il n'y avoit donc point d'hôtel des ministères i Paris ; il n'y en avoit qu'à Versailles.
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quise de Pompadour et à la comtesse d'Estrades, je vis combien ces dames craignent mon frère de
f)lus en plus; elles n'osent rien hasarder sans ui , et , de plus , elles se méfient du marquis de Puysieux. Le roi prétend ne leur livrer que le district des plaisirs et de la société ; mais la sagesse du gouvernement, conduite par d'habiles courtisans , tient une grande place dans l'esprit du monarque. La maîtresse voudroit des gens plus à elle.
Réflexions sur b cour et le caractère de Louis XV.
21 août 1749. — La m2ir(\mse de Pompadour est fortchangée et change chaque jour, jusqu'à devenir squelette. Le bas du visage est jaune et desséché. Pour la gorge, il n'en est plus question . Cependant le monarque, par habitude, la traite charnellement mieux que jamais. Habitude en amour, voilà la source des plaisirs chez les honnêtes gens. Certes M. de Richelieu guette le moment du changement, et tout sera arrangé de façon que le roi ne sente ni vide ni intervalle. C'est sans doute pour prévenir ces machinations que la marquise tient le roi en courses perpétuelles, de façon à ne pas laisser un moment à la réflexion. Hélas ! voilà le grand art des tyrans de nos maîtres ! On commença de subjuguer ainsi les rois fainéans de la première race. Les dignes favoris , les amis vertueux, au contraire, cherchent à faire paroître le roi, et, pour qu'il paroisse mieux, le font être. Jamais les ministres n'ont été si divisés qu'ils le sont, ni si unis. Chacun est également le maître
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chez soi. Tout ce qui travaille avec le roi est également ministre , et sans la moindre subordination de l'un à l'autre. S'ils s'accordent, c'est par hasard , et jamais le souverain ne les accordera. Le plus petit département est aussi absolu dans son district que le plus grand. Chacun travaille à persuader le roi que sa gloire gît là dedans ; que plus il éloigne les apparences de premier ministre, plus il est et sera grand. Cette jalousie du vizirat seroit bonne à un prince qui gouverneroit, départageroit , solliciteroit et imagineroit beaucoup par lui-même. Mais à la place de ces réalités, c'est le vide qui règne. Chacun tire à soi , chacun est impuni. Personne ne concourt aux principes généraux du gouvernement. Tout se traverse, tout se croise pour le bien commun. Voilà ce qui me fait dire que jamais nos ministres n'ont été plus divisés, ni plus réunis. C'est une nouvelle espèce de gouvernement, une républiaue, non de citoyens assemblés pour considérer le tien de l'État et y concourir, mais de chefs de chaque partie qui ne songent qu'à leur seule affaire , l'un à la finance, l'autre à la marine , l'autre à la guerre , et qui y attirent tout , chacun selon ses talens plus ou moins persuasifs. Ce sont en vérité des esclaves bien sages.
L'air de sagesse dans les entreprises séduit grandement le monarque, d'où suit une grande indécision et une extrême lenteur dans les délibérations. Par ce principe , mon frère a pris le plus grand ascendant sur l'esprit du maître. Pour les courtisans , il leur faut le ton de violence, entremêlé de fleurettes, pour emporter quelque chose.
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Un des plus vifs plaisirs de notre monarque est de bien dissimuler et simuler une disgrâce ; de dire à un homme qu'il doit renvoyer le lendemain : Tenez-vous prêt demain à travailler avec moi; Divertissez-vous bien à la noce où vous allez ; Allez à Rambouillet, j'y serai aussitôt que vous, etc. Par là chacun tremble dans sa place, etse sent ébranlé au plus grand moment de faveur.
Est-il possible que nous ayons jamais un premier ministre ? C'est une question que l'on croit plus que jamais devoir résoudre par la négative, à moins que le roi n'y mette encore une dissimulation supérieure. L'on dit que l'on ne persuade jamais les gens doux. L'indocilité de douceur est terrible et irréfragable. Nous ne voyons pas que la raison puisse persuader le monarque. Nous voyons que les défauts et les fautes qui lui ont été le plus remarqués ont été les sujets de la plus grande mutinerie. Plus on a dit qu'il couroit trop, que rien ne s'expédioit par ces courses continuelles , plus il s'est porté à courir davantage et continuellement. De là vient qu'il n'y a plus aucune expédition , le roi étant d'un côté, les ministres d'un autre à leurs petites campagnes , les premiers commis à Paris, avec les commis les plus affidés, et le reste des bureaux, avec leurs papiers, à Versailles. Plus le peuple a semblé demander un premier ministre et un accord aux vues générales, plus la division affectée a été augmentée. Plus on s'est plaint de la haute faveur de la marquise, de la dépense en bâtimens, plus le souverain s'est aheurté contre ces remontrances de l'opinion et de la voix publique , qu'il sait toutes par les divulgations de la poste et les sa-
tires. Il a plus bâti , plus de nids à rats ; il a plus couru, plus élevé la faveur de la marquise; il a pris davantage le mystère pour le secret, et la simulation pour la fmessc.
21 août 1749. — L^ nommé Diderot ^ auteur du livre obscène des Bijoux indiscrets et de l'Aveugle clairvoyant, a été interrogé dans sa prison à Vincennes. Il a reçu le magistrat (on dit même que c'est le ministre) avec une hauteur de fanatique. L'interrogateur lui a dit: «Vous êtes un insolent, vous resterez ici longtemps.» Ce Diderot venoit de composer, quand on l'a arrêté , son livre surprenant contre la religion, qui a pour titre le Tombeau des préjugés.
24 août 1749. — J'ai eu hier une longue conversation avec l'évêque de Rennes, qui arrive d'Espagne. Voici quelques particularités qu'il m*a dites : Tout le monde a cru ici que M. de Puysieux n'avoit pas osé nommer à l'ambassade d'Espagne son gendre le comte d'Estrées ', et que l'Espagne avoit demandé M. de Vaulgrenant , comme y ayant plu de son temps, surtout au prince des Asturies, aujourd'hui Ferdinand VL Au contraire, l'évêque de Rennes m'a dit que cette nomination avoit grandement déplu à l'Espagne; que le roi, et surtout la reine, en avoient été fort contrariés, et l'avoient en aversion.
Le gouvernement présent est doux , honnête, etnousaffectionneroit, si nous gagnions son estime plus que nous ne faisons ; mais on y a mauvaise
I. Louis-César Letellier de Louvois, comte d'Estrées, maréchal de France en 1757.
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opinion de M. de Puysieux, et l'on y a su que ce ministre et M. de Saini-Séverin ont fait manquer au roi de parole lors de la conclusion de la paix.
Quand l'évêque de Rennes communiqua à la cour d'Espagne le traité d'Aix-la-Chapelle, la désolation fut extrême. M. de Carvajal en a pensé mourir; il étoit changé comme un homme à enterrer : il avoit répondu sur sa tête que la France ne feroit jamais cette défection. Surtout on y fut outré des quinze années du vaisseau de permis^ sion que nous avons accordées à l'Angleterre. Le roi catholique se montra beaucoup plus sensible par délicatesse que par intérêt. Il se soucie peu de l'Infant ; il ne lui vouloit pas autre chose que les trois duchés qu'on lui accorde. Mais le roi avoit écrit à Ferdinand des lettres de sa main, qui avoient beaucoup plu, touchant le bruit qui couroit en 1747 que l'Espagne faisoit sa paix par M. Howel. Comment donc se plaindre si amèrement à des gens d'honneur d'un faux grief, oue peu après l'on donne sur soi-même bien plus effrontément ?
M. de Puysieux est regardé comme la plus chétive créature qui ait jamais manié les affaires d'État. On fut effrayé en Espagne des misérables dépêches qu'il écrivoit du congrès de Bréda, et dont je remettois copie à M. d'Huescar. On n'y trouvoit que de la jactance et des ridicules, et même les dernières furent cause que l'on se détermina à yenvoyer M. de Macannaz. Quel homme, disoit-on, que ctVi.de Puysieux pour soutenir les intérêts des deux couronnes ! Quel fut donc l'étonnement quand on apprit que ce même petit homme
devenoit à ma place ministre des affaires étrangères !
Il dit qu'à la cour de Turin nous sommes en horreur, et dans une haine implacable; que jamais personne ne ramènera cela, que l'on nous y craindra toujours, et que l'on est toujours adonné à l'Angleterre et à l'Autriche ; que le roi catholique est de la plus grande et de la plus exacte probité et rempli d'honneur, très-sensible auxmanquemens, hommetrès-sage et aimant infiniment ses peuples.
Nous nous croyons beaucoup plus riches que l'Espagne; nous nous trompons. Ses finances sont beaucoup meilleures que les nôtres ; nulles dettes, des ressources, des revenus, et beaucoup d'économie aujourd'hui. La reine douairière étoit véritablement une folle furieuse, elle a perdu l'Espagne. Madame Infante est bête et méchante ' ; elle est sans aucuns principes ; avec cela, conduite par madame de Leyde, la plus méchante bête qui ait jamais été. Malheur à qui s'y fie ! et si Ton excuse sa malignité et sa duplicité , ce ne peut être qu'en les rejetant sur la médiocrité de son esprit.
On fut fort étonné en Espagne quand on y apprit qu'un Parmesan tel que Sainî-Séverin avoit été fait ministre d'État pour gouverner M. de Puysieux, après avoir fait une paix si maladroite , et même accusé de fraude et de trahison. On le dit brutal et d'un très-petit esprit.
Depuis son arrivée à la cour, l'évêque de Rennes n'a pas eu d'entretien suivi avec M. de Puysieux; mais madame de Puysieux lui a fait
I . On a vu plus haut pourquoi M. de Vauréal en vouloit à cette princesse, fille de Louis XV.
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une longue énumération de ses procédés envers moi, et de plus de vingt avertissemens qui m'avoient été donnés de mon futur déplacement , et sur ce qu'on vouloit le mettre à ma place; à quoi il n'y a pas un mot de vrai.
J'ai eu aussi une conversation avec le marquis de M., personnage qui a joué un grand rôle. Il a été dit, entre autres maximes, que l'étude de la politique étoit impossible à ceux qui ne sont pas dans le secret de toutes les tracasseries de cour. Les politiques studieux croient que les droits fondent la politique, et se trompent le plus de tous. Ensuite on croit que c'est au moins la convenance des États qui est de son ressort. Non. Au moins , dit-on , les intérêts des princes ; au moins ceux de leurs ministres. Non , non. Ce sont des passions capricieuses où s'arrêtent les princes, les courtisans, les ministres ; qui font tout mouvoir aujourd'hui, contre droit, intérêt, convenance, contre tout ce que prescriroit une conduite plus conséquente à ceux qui ont part aux affaires.
2 septembre 1 749. — Crécy ' , maison de campagne de la marquise de Pompadour, que j'ai vue hier. Me trouvant dans le voisinage, )'ai été m'y promener. Ce sera magnifique. J'y ai trouvé tout fort convenable , propre à un particulier, propre à un prince; de grands communs et des écuries. Il n'y a point en tout cela de superfluité intolérable pour une femme redevenue dans l'état privé. On en a vu quantité de semblables et plus excessives encore à des particuliers. Il y a un fond , un escarpement pour une petite rivière au