DES EMIGRES VEILE.VT RENTRER EN FRANCE
les viser. Les moins raisonnables vinrent me faire leurs réclamations, en manifestant d'une manière fort singulière leur surprise de mon refus et alléguant que leurs affaires les appelaient en France, et qu'alors on ne pouvait pas leur refuser de passeport. Je me bornai d'abord à leur répondre qu'on ne pouvait pas leur en donner. Mais, voyant leur persévérance à me faire des observations déplacées, je fus obligé d'ajouter qu'il y avait de leur part trop d'indiscrétion car, quand l)ien même le général en clief signerait leurs passeports, ils ne pourraient mettre le pied sur le territoire français sans s'exposer à être arrêtés et à être condamnés à la peine capitale puisque, sous cette peine, une loi leur en défendait l'entrée. Ceci mit fin à toute réclamation; seulement, un d'entre eux me dit : a Eh bien ! j'irai en France sans passeport et il en arrivera ce qui pourra. "
Le général Durutte me prévint que les Autrichiens avaient cédé Isen. Ils abandonnèrent aussi plusieurs autres villages de notre ligne que le général Debilly fit occuper.
Je donnai des ordres pour qu'on ne put passer au delà de mes avant-postes sans un permis d'un chef militaire français, et pour ([ue les personnes qui viendraient du côté de l'ennemi ne fussent pas non plus empêchées de passer cette ligne, mais en recommandant de les faire escorter jusqu'au quartier général le plus voisin de l'endroit où elles se présenteraient (1).
7 thermidor (25 juillet) . — Les membres du gouvernement électoral m'ayant demandé un passeport pour un envoyé auprès de l'Electeur, je leur fis réponse que j'allais en référer au général en chef qui, jusqu'alors, avait donné à ce sujet une autorisation spéciale; et, en informant le général Moreau (2) de cette nouvelle
(1) - Veuillez bien, mon cher général, me dire si le parc d'artillerie du centre, laissé à Dachau, doit faire momentanément partie de ma division, pour que j'en fasse surreiller la police, et que j'en ordonnne l'établissemeut en distribuant les hommes et les chevaux dans les environs de Dachau, car cette commune, par les passages fréquents et par le séjour des troupes, est extrêmement fatiguée.
« Comme il y avait une compagnie de la 50'' attachée à la garde de ce parc où il se trouve une compagnie de canonniers, j'ai ordonné que cette compagnie de la 50« se rende à Augsbourg; elle partira demain » (Decaen à Dessolle, Xymphenburg, 6 thermidor, A. H. G.).
(2) La letlre de Decaea est peut-être du 10 thermidor. Moreau lui écrivit en effet, le IX : « J'ai reçu, citoyen général, votre lettre du 10 et la réclamation des magistrats de Munich qui y était jointe. Je vous autorise à délivrer tous les passeports que vous jugerez nécessaires pour faciliter le commerce et l'approvisionnement de la ville de Munich ; vous n'en
demande, je lui dis (|iic je l'aurais prié de l'accorder si , entre autres choses, je n'avais pas été informe que l'Electeur avait donné l'ordre qu'on recueillit ses revenus pour les lui envoyer.
Je reçus de l'ctat-major général, établi à Augshourg avec le général en chef, un tableau de l'emplacement des divisions ou corps de l'armée. Il indiquait ce qui suit :
La droite, sous les ordres du général Lecourbe, occupe le Spliigen, dans les Grisons. Son front se prolonge vers la gauche, le long de la ligne de démarcation, jusque sur Etial, vers la haute Loisach. Sa ligne de profondeur, depuis Ettal auStaffel See; de ce lieu à Weilheim, elle longe la rive gauche de l'Ammer, jusqu'à la tête de l'Ammer See; de Diessen, elle se dirige sur Landsberg, Mindelhcim, Kellmiinz, sur l'Iller, et Ehingen, sur le Danube; remontant ensuite le Danube, elle occupe tout le pays delà rive droite de ce fleuve, tenant cependant sur la rive gauche Riedlingen et Fridingen ; de ce point, elle s'éloigne du Danube en suivant la route de Tutilingen à Rottueil; elle occupe ce dernier point inclusivement, en retombant sur Geisingen, Engen et Stockach jusqu'au lac de Constance (1).
La division aux ordres du général Decaen occupe le terrain compris entre la ligne de démarcation et la rive droite de l'Isar. Son extrême droite s'étend jusqu'à Murnau, entre la Loisach et le Staflel See, pour se lier au corps du général Lecourbe. La gauche appuie à Vilsbiburg, sur la route de Landshut à Braunau, pour se lier à la droite du corps d'armée du général Grenier. Tout le pays entre la rive gauche de Tlsar et la partie du Lech non comprise dans l'arrondissement du lieutenant général Lecourbe ne devra pas être occupé, afin de ménager les ressources d'un terrain où l'armée aurait à se rassembler en cas d'hostilités.
L'aile gauche, sous les ordres du lieutenant général Grenier, appuie sa droite à Vilsbiburg; elle prolonge son front le long de la ligne de démarcation déterminée par l'armistice, jusqu'aux sources de la Redniiz. Elle occupe tout le terrain compris entre cette ligne de démarcation et la ligne de profondeur qui, partant
accorderez aucun aux rmigrés Le général d'Haulpoul ne peut frapper aucune imposition partielle; quant aux contributions en denrées, elles doitent touieg rfre adressées aux baillis par le commissaire ordonnateur •' (Xloreau à Decaen, Au|jsbourg, 18 thermidor, A. H. G.). (1) Voir les cartes du volume 1"' des Mémoires et Journaux du général Decaen.