I.YTRODICTJOX ni
présentent une résistance acharnée à Salzbourg et tiennent en échec riiîîpjtueux général qui s'obstine dans une série d'attaques de : ):.t. H 'iireuseme.it, Dccaen surprend le passage delà S.il::r.'^! à Laulen, remonte la rivière par la rive droite et, obligc;i:i! ainsi 'archiduc Jean à abandonner Salzbourg, entre le pre . erda:.3 !;ivillp, non sans quelque désappointement de la part de Lj-jo :'.)n.
Dès son retour à Paris, à l'issuo de celte glorieuse campagne, Decaen est présenté à Bonaparte parDessolle. Fort bien accueilli par le Premier Consul, il lui expose en détail le plan de Aloreau pour la journée de Hohenlinden et les opérations de sa division. Bientôt il devient un des familiers de Bonaparte; mais il sait conserver aux Tuileries " ses manières simples et ouvertes de soldat républicain (1) 55 .
Chargé, en 1801, d'une des inspections des troupes d'infanterie, il propose, pour la comptabilité du service de l'habillement, des modifications importantes qui, chose curieuse, ont été remises en vigueur de nos jours.
Decaen admire profondément le Premier Consul qui, de son côté, lui témoigne une grande estime et lui confie maintes fois ses idées sur le futur Concordat, sur la situa-
(1) H. Pr.E.\Toir, l'IL' de Fronce sous Decaen, préface, sxu.
IV MlhlOIUKS KT JOUHXAUY DV (iÉXFÎHAL DECAEX
tioii du pays, sur la politique coloniale. Loin de s'incliner en courtisan, Decaen, avec sa franchise habituelle, présente des objections, des critiques même, au chef du gouvernement. Il nous conte l'origine de la mésintelligence entre Bonaparte et \Ioreau : ce serait, à son avis, le refus un peu brutal de ce dernier d'épouser Hortense de Beauharnais, puis des susceptibilités féminines de la part de Aime \Ioreau et de sa mère \ïme Hulot. Il voit avec tristesse des dissentiments plus sérieux s'élever et grandir entre le Consul et le vainqueur de Hohenlinden. Decaen s'efforce de les faire cesser : il représente à son ancien chef combien son attitude est nuisible aux véritables intérêts de la République et à ceux de ses subordonnés de l'armée du Rhin; auprès du Consul, il prend en main la cause de Moreau dont il fait valoir la droiture de caractère, la loyauté, les services éminents, le désintéressement politique, et qu'il défend, avec une respectueuse et digne fermeté, contre les reproches et les accusations parfois injustes de Bonaparte.
Nommé, sur sa demande, capitaine général des établissements français dans l'Inde, Decaen organise avec le plus grand soin l'expédition qui lui est confiée, et vient à bout des difficultés opposées par le ministre de la Alarine, auquel il tient tête avec la conscience de son bon droit. Il quitte Brest le 15 ventôse an XI et, après un court séjour au Cap de Bonne-Espérance, il arrive en vue de Pondichéry le 22 messidor suivant (11 juillet 1803). Apercevant au mouillage une escadre anglaise, Decaen a un "défavo-
IMTRODUCTION v
rable pressentiments qui s'accentue encore lorsqu'en approchant de la côte, il constate (|ue la frégate la Belle-Poule, qui a devancé l'expédition, est encadrée entre deux bâtiments anglais, et que le pavillon britannique n'a pas cessé de flotter sur la ville (1).
Decaen écrit alors immédiatement à Lord Clive, gouverneur de Madras, pour lui demander, aux termes du traité d'Amiens, de l'aire restituer Pondichéry. Mais Lord Clive en réfère au marquis de Wellesley, le futur Wellington. La réponse tarde. Sur ces entrefaites, une lettre de Decrès avertit Decaen que l'Angleterre fait des armements extraordinaires et lui annonce que le contre-amiral Linois reçoit l'ordre de conduire l'expédition à l'île de France. Déjouant pendant la nuit la surveillance de l'amiral anglais, la division de Linois parvient à gagner cette île où elle jette l'ancre, le 26 thermidor, après trente-quatre jours de traversée.
Dès son arrivée, Decaen constate la nécessité d'une réforme dans l'administration de la colonie; il fait partir pour Mascate Cavaignac, nommé par Bonaparte résident auprès de Hman, afin de se créer des intelligences dans ces régions; enfin son esprit d'entreprise lui fait, dès ce moment, entrevoir la possibilité de porter la guerre dans l'Inde, l'année suivante, « avec une certitude de succès » si, outre un crédit de 4 millions et 6 vaisseaux de ligne, il peut disposer encore de 3 000 hommes de troupes choisies,
(1) H. Phextout, l'Ile (le France sous Decaen, p. 33-34.
dont 500 cavaliers et 2 compagnies d'artillerie légère (1). Avec une grande profondeur de vues, il juge que c'est là qu'il faut frapper l'Angleterre; il sent qu'en la blessant « mortellement dans ses colonies «, elle sera « bientôt réduite à l'impuissance sur le continent (2) v .
Dans cette période de trois années, on se plaît à constater chez Decaen, d'une manière plus complète peut-être qu'auparavant, les mérites éminents de l'homme et du soldat, mérites qui expliquent largement son rapide avancement, les amitiés et l'estime qu'il a su acquérir, et le choix dont l'honora le Premier Consul en lui confiant les fonctions importantes de capitaine général dans l'Inde.
Sens tactique développé, connaissance approfondie du terrain, coup d'oeil prompt et sûr, esprit d'offensive, énergie dans l'exécutiin, initiative toujours opportune et réfléchie, commandement à la fois ferme et bienveillant, abnégation constante, talents rares d'organisateur minutieux et d'administrateur intègre, le jeune divisionnaire a affirmé pleinement toutes ces qualités professionnelles et toutes ces vertus militaires. Celle qui prédomine en lui et, comme on
(1) Decaen au miuistre de la Alarine, île de France, 28 fructidor an XI. (-2) G. LavflLLKV, loc. cit., p. 12-2.
INTRODLCTIOM vir
l'a lait justement observer (1), doit le signaler particulièrement à l'admiration, c'est la plus noble de toutes, la plus indispensable aussi à l'homme de guerre, le caractère, — et Decaen l'eut toujours au suprême degré, loyal, énergique et digne.
(1) H. PRiiXTOUT, loc. cil., préface, xxi.
ARMEE DU RHIN
ARMEE DU RHIN
Journal de mes campagnes comme général de division dans Van VIII et l'an IX (1800-1801) (I).