‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 24 sur 132 · ON PREVOIT LA RUPTURE DE L'ARMISTICE · texte numérisé non relu

ON PREVOIT LA RUPTURE DE L'ARMISTICE

i-éponses à leurs notes. Je vous l'aurais dit plus tôt si Tadjudant général d'Abancourt, qui avait à vous communiquer ses premières opérations, n'était point parti pour aller vous voir. J'aime à croire que MM. les membres du gouvernement électoral ne s'écarteront plus de la voie qu'ils doivent tenir; autrement, je vous promets qu'ils y seront bientôt ramenés (1).

10 fructidor (28 août) . — Je reçus du général DessoUe une lettre datée du 9, dans laquelle il me mandait :

Le général en cbef vous invite ci reconnaître le plus tôt possible, entre risar et l'Inn, un camp pour l'armée sur les communications de Braunau et de Wasserburg. Veuillez m'accuser la réception de cette lettre...

Et par post-scriptum :

Cette disposition vous fait connaître qu'il pourrait se faire que les hostilités recommençassent; mais le général en chef vous invite à ne pas ébruiter les causes de la reconnaissance que vous allez faire.

Aussitôt la réception de cette dépêche, je me rendis sur les lieux pour remplir la mission dont j'étais ciiargé. Pendant que je m'en occupais, il me parvint une autre lettre du général Dessolle, datée du 11. Il m'écrivait .

Je vous préviens que l'armée a ordre de se réunir pour prendre position du 22 au 23 en avant de Munich.

Le corps du lieutenant général Lecourbe prendra position sa gauche appuyée 'à l'Isar et sa droite à Reutte. En conséquence, vous replierez toutes les troupes sous vos ordres qui sont sur la rive gauche de l'Isar à proportion qu'elles seront relevées. Vous vous lierez par votre droite à la gauche du général Lecourbe et renforçant votre ligne depuis cette rivièi'e principalement sur le débouché du Tegern See et de Rosenheim.

Vous donnerez au général Gudin tous les renseignements que vous aurez pu acquérir sur la partie de la ligne que vous lui abandonnerez. Vous mettrez vos troupes en mouvement de manière à être réuni le 20 en avant de Munich, prêt à occuper la droite du camp que le général en chef vous a chargé de reconnaître.

Il est nécessaire que vous activiez tous vos moyens d'espionnage pour connaître les mouvements de l'ennemi et les points de ses principaux rassemblements afin de faire juger quels sont les points offensifs et défensifs.

L'ordonnateur en chef va prendre des mesures pour les subsistances de

(1) A la date Hu 7 fructidor, Moreau annonçait à Augereau, commandant l'armëe gallo-balave, la rupture de l'armistice (Moreau à Augereau, sans indication de lieu, 1 fructidor, A. H. G).

l'armée ; je le préviens de s'adresser à vous pour appuyer toutes ses demandes près du gouvernement électoral.

Le général en chef vous recommande aussi de ne pas tolérer, dès ce moment, d'autres communications avec l'armée ennemie que celles établies quand les hostilités sont en pleine activité (l).

14 fructidor (1" septembre). — Rentré le 14 à mon quartier général à Xympbeuburg (2), j'annonçai au général Desselle que j'adressais au général en chef mon rapport sur la reconnaissance qui m'avait été ordonnée; que, d'après la lettre du 11, j'avais fait cesser toute communication avec l'armée ennemie; que les ordres étaient donnés pour quitter la ligne que je tenais sur la rive gauche de risar et la céder aux troupes du général Gudin.

Je lui fis l'observation que, mes troupes devant être réunies le 20 en avant de Munich, il ne m'avait pas marqué quel jour la partie de la ligne depuis Isen jusqu'à Vilsbiburg, que je tenais, serait occupée par une autre division.

Je lui adressai une note de ce qui se trouvait en magasina Munich, ce qui pouvait nourrir, en pain, 50 000 hommes pendant dix jours et 5 000 chevaux, en avoine, pendant le même temps; mais qu'en foin, le magasin n'était pas aussi bien fourni. Je lui fis l'observation que, malgré mes demandes au commissaire, je n'en savais point le motif et que, comme il n'était pas de la division, je n'avais pas autant exigé.

Je lui mandai que je n'avais encore vu aucune personne envoyée par l'ordonnateur en chef, ainsi (|u'il me l'avait annoncé ; qu'il était cependant essentiel de s'occuper de cette partie parce que le pays que devait occuper l'armée offrait peu de ressources, surtout en foin, puisque la majeure partie du terrain était couverte de bois.

Je lui dis qu'Erding pouvait être un excellent endroit de manutention intermédiaire et qu'entre Munich, Ebersberg et Helfendorf, il n'y avait pas d'endroit susceptible d'un tel établissement; qu'il

(1) Pour ce dernier paragraphe, le registre de correspondance de Moreaii donne une légère variante : " Veuillez donner des ordres pour que toutes communications entre les deuï armées soient tout à fait interrompues, excepté celles du général en chef Moreau et du général Kray » (Registre de correspondance de Moreau, sans indication de lieu, 11 fructidor, f» 115, .\. H. G.).

(2) Le 13 fructidor. Moreau rendait compte au Premier Consul qn il serait en mesure d'attaquer le 24 fructidor (11 septembre) si l'empereur n'avait pas raiifié les préliminaires de paix (Moreau à Bouapartc, sans iudication de lieu, 13 fructidor, A. B. G.).

POSITION AVAiYTAGIUSE DE HOHEXLIiVDEM 89

faudrait que le pain vînt de Munich, pour la droite du corps d'armée qui serait sur la rive droite de i'Isar, c'est-à-dire depuis Valley jus([u'au fleuve ; enfin que, pour une partie de la division Gudin, Wolfratshausen pourrait être un point convenable en raison de sa grande communication avec Munich.

J'écrivis au oénéral en chef ({ue je désirais que le lieu que j'avais choisi pour la position de l'armée sur les débouchés de Braunau et de Wasserburg fût tel (ju'il le désirait; qu'ayant pensé qu'il n'avait pas entendu que je m'occupasse de tous les débouchés qui menaient à Braunau, je n'avais bien fait attention qu'à ceux par lesquels on pouvait se diriger sur cet endroit et sur Wasserburg en partant de Munich et de Freising; que le camp que j'avais jugé convenable d'être occupé sur les débouchés de ces deux points avait sa droite sur la hauteur d'Ebersberg, vers Grafing, son centre à Hohenlinden, et sa gauche en arrière d'Isen, vers Forstern, laquelle on pourrait cependant prolonger aux sources de la Vils, pour avoir bien tous les débouchés par lesquels on arrive par Dorfen sur la grande communication de Braunau.

Je n'entrerai pas, lui dis-je, dans les détails des avantages que donne celte position, soit pour l'offensive, soit pour la défensive. Il faudrait pour cela avoir des données sur les opérations à entreprendre ou faire des suppositions.

La droite du camp, sur la hauteur d'Ebersberg, est une excellente position. Il y a un champ de bataille, et on ne peut y arriver du côté de l'ennemi, sur le flanc et sur le front, que par des défilés.

De cette position, on peut très bien, par des chemins praticables, manœuvrer ou sur le débouché de Rosenheim ou sur celui de Haag, Mailetskirchen, entre Ebersberg et Hohenlinden. C'est un point intéressant si, absolument, on voulait agir sur Wasserburg. Je dis : absolument, car les approches de cet endroit, d'après les renseignements, sont assez difficiles.

Pour l'offensive et la défensive, le point de Hohenlinden est très essentiel, car c'est un point central de communication pour Ebersberg, Wasserburg, Haag et Dorfen. C'est aussi à Hohenlinden que se réunissent les chaussées de Munich et d'Erding à Braunau. H y a aussi d'assez bonnes communications en arrière de cette position pour longer le camp.

En avant de Munich et aux environs d'Erding, les localités sont convenables pour faire le rassemblement des troupes qu'on destinerait à occuper la position de Hohenlinden (c'est ainsi que je la nomme), et pour les y diriger. Connue il y a sept lieues de Munich à Ebersberg et à Hohenlinden, et que, le jour où l'armée prendrait cette position, les avant-gardes se porteraient plus en avant pour éloigner l'ennemi à qui, je crois, il

serait difficile d'en prendre une parallèle, en avant de Tlnn, sans courir de grands risques, on pourrait tn-s bien prendre des positions de marche aux lieux ci-après : pour la colonne marchant sur Ebersberg, à Zorneding ; pour celle sur Hohenlinden, entre Anzing et Parsdorf; enfin, pour la gauche, qui partirait d'Erding, vers Hôrlkofen et Walpertskirchen.

Je ne parle pas des débouchés de Rosenheim, n'ayant point eu l'ordre d'en prendre une connaissance relative à la position de Hohenlinden. Demain, j'irai sur les lieux pour en faire une reconnaissance exacte.

n fructidor (4 septembre). — Aussitôt mon retour, je fis au général en chef le rapport suivant :

Si la position de Hohenlinden présente des avantages pour agir sur Wasserburg et Braunau, celle de Helfendorf, de laquelle on peut assez facilement communiquer à Hohenlinden par Ebersberg, n'en offre pas moins, pour agir sur Rosenheim et le Tyrol, soit pour l'assiette du camp, soit pour les mouvements de troupes qu'on voudrait faire exécuter sur Rosenheim et Kufstein ou sur le Tegern See, ou pour repasser l'Isar à Tolz pour opérer sur Innsbruck par le débouché de IMittenwald.

Du camp de Helfendorf, on peut se porter sur Rosenheim par la grande chaussée et par un chemin qui, de Helfendorf, passe par Ober-Laus, etc.. Cependant, cette comnmnication, ainsi qu'une autre qu'on trouve à Valley, en passant la Mangfall, débouche sur la grande chaussée aux environs d'Aibling.

La communication par Valley est peu praticable pour les voitures ; mais, comme la nature du pays présente une position assez forte pour empêcher l'approche d'Aibling, cette communication de Valley pourrait faciliter l'entreprise qu'on voudrait faire sur Aibling qui est, en outre, couvert par la Glonn dont les bords sont très marécageux.

J'ai aussi remarqué que le terrain entre la Glonn et la Moosach présenterait une position défensive assez favorable à l'ennemi, si les communications avec Rosenheim et Wasserburg sont aisées, ou s'il y avait un pont jeté sur l'Inn devant l'abbaye de Rott. On ne communique de Rott sur la l'ive droite de l'Inn que par un bac.

On ne peut bien communiquer avec Kufstein que par la grande chaussée qui part d'Aibling, y passe la Mangfall et suit l'Isar parallèlement. Il en est bien une autre à travers les montagnes, mais bien difficile; d'après les renseignements, on ne peut même être encore assuré si ce chemin est praticable pour les voitures depuis Fischbachau où il passe la îieizach, jusqu'à Kufstein. Ce chemin passe à VVeyarn où, avant d'arriver, il y a un pont sur la Mangfall, et ensuite par Miesbach. Tout le terrain en arrière de la Mangfall, dans une profondeur assez étendue, présent- la plus belle assiette d'un camp de rassemblement, soit qu'on veuille agir ou sur Rosenheim ou sur le Tyrol en passant l'Isar à Tôlz, parce qu'il ne faut guère compter sur une principale opération par la route du Tegern See sur

DKCAEiM liXPLORE LA REGIOiV 91

Innsbruck ou Hall, puisque TAchen See présente un obstacle qu'on peut (lire insurmontable. Lorsqu'on approche de l'Achen See, on ne trouve point de moyen pour vaincre cet obstacle qui consiste dans une interruption de communication, la route n'étant point praticable pour des chariots de guerre ; car, étant arrivé à Achensee, on est obligé d'embai-quer les voitures sur le lac qui a plus d'une lieue et demie de longueur ; et, dans les montagnes, il règne une chaussée par laquelle on ne peut passer qu'avec des voitures du pays, et la sortie de ce défilé, ainsi que le point de débarquement, sont défendus par une trentaine de pièces de canon. Ces batteries sont établies depuis longtemps.

Ce camp, qui serait établi sur le beau plateau de Valley, avec l'avantage des communications précitées, avec de beaux; appuis pour les flancs, aurait tout son front couvert par la Mangfall qui n'est abordable, quoique avec les plus grandes difficultés, que par Valley, Weyarn et Gmund. C'est auprès de ce village qu'elle sort du Tegern See. Ce serait pourtant à Gmund qu'il serait plus facile de déboucher : il y a un chemin qui conduit sur Kufstein par Fischbachau.

Les communications de Valley sur Munich et Helfendorf sont d'excellentes chaussées. Elles sont également bien bonnes de Valley et de Weyarn sur Tolz. On a bientôt gagné la grande route qui conduit de Rosenheim à Tolz en passant à Holzkirchen. La communication de Gmund à Tôlz, quoique de village à village, est très praticable; de Tolz, il y a une communication qui remonte l'Isar et qu'on dit praticable avec des voitures jusqu'à Riss, en passant par Lenggries où il y a un pont sur l'Isar et une communication peu commode avec Benedictbeuern.

De Riss, on va par un chemin assez difficile à la mai.son dite Hagelhausen (1). Cette communication pourrait bien faciliter les approches de Hall et surtout servir à tourner le débouché de Mittenwald qu'on dit être très difficile. 11 serait peut-être possible que cette communication offrit quelques facilités pour vaincre les obstacles que donne l'Achen See.

La communication de Tolz à Benedictbeuern, où se trouvent les grandes routes qui conduisent à Innsbruck, soit en passant entre l'Achen See et le Walchen See, est praticable. La communication en passant par IMurnau sur Mittenwald est la plus belle. Ce pays est plat et ouvert, tandis que celle par les lacs est un défilé continuel. Mais celle-ci est plus courte que l'autre de quatre lieues, car de Benedictbeuern à Innsbruck, il y a seize lieues, et, par Murnau, il y en a vingt. Benedictbeuern, au lieu de WoUratshausen, que j'avais indiqué comme pouvant servir de point pour une manutention, etc., présente beaucoup plus d'avantages par sa situation et ses bonnes connnunications.

Au surplus, mon général, l'adjudant général Guyot (2), qui a fait avec

(1) Hagelhiitte sur le 1/300 000" de Liebenow, Purschhùtte sur le 1/100 000= allemand et le 1/75 000" autrichien.

(2) Guyot (Éticnue), né le 1"'' mai 1767, à Mantoche (Haule-Saône) ; volontaire au 1" bataillon de la Haute-Saône, en août 1791 ; lieutenant, le 6 septembre 1791; aide de

moi cette reconnaissance, répondra très bien aux questions que vous pourrez lui faire sur les objets que j'ai traités ou que j'aurais omis.

Uno lettre du chef de l'état-major général, sous la date du 14, m'informa que, d'après les ordres du général en chef, les troupes du lieutenant général Grenier relèveraient les miennes, du 20 ati 21, vers Vilsbiburg; que le général Grenier serait, vers le 20, sur Freising; qu'il avait adressé à l'ordonnateur en chef copie de tout le paragraphe de ma lettre relatif aux approvisionnements.

18 fructidor (5 septembre) (1) . — Je mandai au général Debilly de se préparer à faire faire un mouvement à sa brigade du 20 au ^1 , mais de donner préalablement des ordres pour que ce qu'il avait d'infanterie et de cavalerie cantonné sur la route de Alunich à Hohenlinden et à la gauche de cette route, quittât ses cantonnements, excepté ce qui formait la ligne et qui resterait jusqu'à ce qu'il fût ^remplacé, et qui, au fur et à mesure, appuierait sur sa droite; que, comme il était présumable que la division marcherait vers Helfendorf, il serait convenable que les troupes dont je lui ordonnais le mouvement fussent rapprochées de ce point et prissent leurs cantonnements entre la chaussée qui conduit à Ebersberg et celle qui va à Helfendorf.

Le général Durutte fut prévenu que le général Grenier devait faire relever sa ligne d'avant-postes du 20 au 21 (ces postes appuieraient vers leur droite lorsqu'ils seraient remplacés) ; que la portion de ses troupes qui était entre l'Isar et la ligne de démarcation devait cantonner, le lendemain, à Erding et environs, ainsi qu'à Hohenlinden et environs; que, le 20, les troupes qui occupaient Freising viendraient à Erding et celles qui seraient à Erding cantonneraient à Schwaben et environs.

Le général en chef arriva à IVymphenburg. Le chef de l'étatmajor m'avait donné avis que, le 16, le quartier général viendrait

camp du {{éncTal Bourcier, le ^7 oclobre 1793; chef d'escadrons, le 17 pluviôse an VII; adjudant général, le :25 messidor an VII ; tlicf de brigade, le 15 nivôse an IX ; général -de brigade, le .3 niuôse an XIV ; lue sur le champ de bataille de Kleinenfeld (Prusse), le 8 juin 1S07 (A. A. G.).

(1) A cette date, le gouvernement électoral prévint Decaen qu'il venait d'expédier les coramissions qui lui avaient été demandées pour MM. Grnnberger, Millier, Gazzi et L'rschneider par une lettre de Plauzonne en date du 18 fructidor (Le gouvernement électoral à Decaen, Munich, 5 septembre 1800, Papiers Decaen, in-f" 77, 39, p. 'To).

L'ARMISTICE PROLONGE 9a

à Munich et que rétat-major général resterait à Augsbourg jus- ([u'à nouvel ordre.

20 fructidor (7 septembre) . — En conséquence d'un ordre verbal ([ue me donna le général en chef, les généraux de brigade de ma division reçurent celui de faire partir leurs troupes de leurs cantonnements le 21, pour aller occuper la position de Helfendorf où elles devaient arriver successivement le 22 et le 23 (1).

La brigade Debilly devait garder et défendre la chaussée de Rosenheim et la communication qui conduit de cette chaussée à Valley et se lier vers ce dernier endroit avec la gauche du lieutenant général Lecourbe. Il devait aussi couvrir, avec ses troupes légères, la brigade du général Durutte qui devait aussi camper près de Helfendorf, la droite vers la chaussée de Rosenheim et la gauche vers Zinneberg. Les avant-postes de la 1" brigade devaient se lier, à leur gauche, avec ceux de la division Richepance qui devait prendre sa position vers Ebersberg.

Le quartier général de la division devait être à Hohenkirchen (2).

2 i fructidor (8 septembre). — Après ([uelques communications par écrit entre les généraux en chef des deux armées, le général Moreau me ht part (|ue l'armistice était prolongé de plusieurs jours (3). Alors, d'après ses intentions, je mandai au général Debilly que les troupes de sa brigade ([u'il avait encore à Munich y resteraient jus(|u'à nouvel ordre, que celles qui étaient sur la rive gauche de l'Isar seraient relevées par celles du général

(1) 1 La division ain ordres du général Decaeii se rassemblera à mesure qu'elle sera relevée dans les postes qu'elle occupe sur la ligne de démarcation et ira camper, en partie, le 2'2, et en totalité, le 2.3, vers la position d'Heifendorf, la droite à Valley inclusiiement ; sa gauche appuiera à la Glonn et communiquera par Zinneberg avec la droite de la division du général Richepance qui prendra, le 21, la position d'Ebersberg.

'i Le général Decaen est prévenu que le général Grandjean prendra, le 22, position sur Zorneding entre les routes de Munich à Wasserburg ei à Itosenheim, en réserve des deux autres divisions du centre, et que le corps du général Lecourbe aura sa gauche sur la Mangl'all vers Darching... » (Ordre de mouvement de Moreau aux trois divisions du centre, 19 fructidor, A. H. G.).

(2) La carte de Joseph Dirwald, de 1813, de même que le 1/300000* de Liebenow,. porte Heclienkirchen, comme l'avait orthographié Decaen.

(3) C'est à cette date que Moreau avisait le général en chef de l'armée impériale que, d'après la demande du comte de Lehrbach, ministre plénipotentiaire de l'empereur, les troupes françaises s'abstiendraient, jusqu'à nouvel ordre, de toute hostilité (Moreau au général en chef de l'armée impériale, Kympheuburg, 21 frutidor, A. H. G .).

94 MEMOIRES ET JOURNAUX DU GEXERAL DECAEX

Lecourbe et que la ligne que devait garder la division s'étendrait depuis la droite de l'Isar jusqu'à la route de Rosenheim àXIunich. Il lui fut prescrit des dispositions pour la garde de cette ligne ainsi que pour celle de la chaussée de Helfendorf à Rosenheim.

Le général Durutte reçut l'o^-dre de cantonner sa brigade dans plusieurs villages entre Zinneberg et Helfendorf.

Les communications se continuèrent entre les commandants des deux armées. Mais, le 1" jour complémentaire, le général en chef me dit que je devais préparer ma division à faire un mouvement. En conséquence de cet avis et de ses intentions, je mandai au général Debilly que le général Lecourbe devait faire relever les troupes de sa i)rigade placées vers Valley et sur le débouché de Helfendorf à Rosenheim, et de donner des ordres pour que ces troupes appuyassent à gauche au fur et à mesure qu'elles seraient relevées et de rassembler, le lendemain, toute l'infanterie auprès de Helfendorf et la cavalerie entre cet endroit et Zinneberg.

Il fui mandé au général Durutte de rassembler son infanterie et cavalerie aux environs de Lindach, etc.. On resta ainsi, en attendant le résultat des négociations, jusqu'au 2' jour complémentaire (1).

2' jour complémentaire (19 septembre). — Le général en chef me désigna alors une nouvelle position que devait prendre ma division. D'après quoi, j'ordonnai au général Debilly de placer sa brigade, le lendemain avant midi, sur la hauteur en arrière de Grafîng, la gauche à la chaussée d'Ebersberg à Wasserburg, occupant Grafing et gardant les débouchés conduisant à Wasserburg, Rott et Rosenheim; et il fut prévenu que la grande chaussée de Wasserburg à Munich serait gardée par le général Richepance.

J'avais composé la brigade du général Debilly du 6' régiment de chasseurs à cheval, du 2" bataillon de la 14' d'infanterie légère (2), de la 100' d'infanterie de ligne, de deux pièces de canon de 4.

Le général Durutte reçut l'ordre de placer aussi, ce même jour avant midi, sa brigade composée du 10' de chasseurs à cheval, de

(1) Lp 27 fructidor, le ministre de la (juarre ëcrirait à Moreau de reprendre les hostilités si l'empereur ne cédait pas (Le ministre à Moreau, 27 fructidor, A. H. G.}.

(2i Uecacn donne la même indication, cinq lignes plus bas, dans la composition de la brigade Durutte.

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