U\E LETTRE L\ PEU VIVE DE DEBILLV
été informé de bonne heure de l'arrivée des troupes du lieutenant jjjéiu'ral Lecourbc à Helfendorf. J'ai dû, puisque vous ne m'annonciez aucun chan(}cment dans votre établissement, vous écrire à Munich, et j'ai textuellement suivi ce que vous me dites dans l'instruction du 4 : Fous avertirez le général de division dès que tes troupes de l'aile droite se présenteront pour vous relever dans votre position.
Ci-joint la copie de la lettre que je vous ai écrite ce matin d'Helfendorf.
Quand votre adjudant commandant est venu près de moi, il était trop tard de m'apprendre que vous m'aviez expédié un officier de l'état-major. Si je l'avais reçu, je me serais conformé aux dispositions dont il était porteur; ne l'ayant pas vu, je n'ai eu rien de mieux à faire que de mettre à exécution l'ordre du 4 : Le's troupes de l'aile droite devant vous relever dans cette position, dès qu'elles arriveront, vous vous formerez sur la route de Zorneding, et vous vous dirigerez sur ce point à moins que vous ne receviez un ordre contraire. Vous ne vous êtes pas ménagé le moyen de savoir promptement quand je serais relevé à Helfendorf. Il est possible que vous n'ayez pas dû compter sur une marche aussi rapide de la part de la division Roussel; mais ce calcul m'est étranger et les présomptions, en service militaire, se taisent devant un ordre aussi formel que celui dont je suis porteur.
Je me suis établi le 6, à 9 heures, sans que vous m'ayez désigné celle à laquelle je devais me réunir : c'était cependant un article essentiel dans votre instruction. Elle était assurément très claire et je prouverai devant qui de droit que je l'ai suivie avec la plus grande exactitude. \e me dites pas que les troupes sont exposées, ce soir, à souffrir de ma manière d'agir ; c'est votre manière de commander qui les exposera, ce soir, à quelques désagréments.
Jusqu'à ce que je prenne demain, à 5 heures, la position que vous m'assignez par l'ordre dont je reçois une copie (l'original m'arrivera peut-être demain), voici l'établissement de ma troupe pour ce soir :
Deux escadrons du & à Zorneding, deux autres à Ober-Pfraniern, le 1" bataillon d'infanterie légère et l'artillerie à Zorneding.
La 100" bivouaquera en arrière de ce village.
J'aime mieux, d'accord avec les chefs, la tenir là que de faire faire encore quelques heures de chemin à des troupes qui ont déjà, pour la plupart, dix à douze heures de marche par une journée aussi affreuse.
J'ai l'honneur de vous prévenir que les avant-postes d'infanterie du Walchen See ne sont pas encore rentrés; ceux d'infanterie et de cavalerie depuis Lenggries jusqu'à Grub ne sont pas relevés. Le général Roussel n'a relevé ceux sur la Glonn que jusqu'à Ober-Laus. Salut et fraternité
Signé : Debillv.
D'après le style de celte lettre, qui me donnait la mesure de ce que je devais attendre du général Debilly pendant la campagne
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qui allait s'ouvrir, je considénii qu'il valait mieux m'ahstcnir de lui écrire pour lui en faire seiilir loute rimperlinence, ainsi que pour lui démontrer que, quoiqu'on lui eût mandé que, s'il ne recevait pas de nouveaux ordres, il devait quitter sa position d'Helfendorf quand il y serait relevé par les troupes de l'aile droite, s'il eût fait la moindre réflexion sur l'ensemble de cet ordre d'après le(juel il ne devait prendre cette position que le 6, il se serait certainement déterminé, vu la marche qu'il avait fait faire le matin à sa brigade et vu le mauvais temps et le chemin qu'il avait encore à parcourir, à ne pas pousser son infanterie jusqu'à Zorneding, mais plutôt à la cantonner entre cet endroit et Helfendorf, puisqu'il avait bien pris celte résolution pour une partie de sa cavalerie. J'aurais aussi pu lui donner l'ordre de se rendre de suite au quartier général de l'armée, ce qu'il aurait sans doute préféré à toute autre mesure; mais j'aimai mieux prendre le parti de former ma division d'une autre manière pour le décider à demander lui-même d'aller servir dans une autre division.
Il fut donc ordonné au général Durutte d'occuper, le lendemain matin, avec sa brigade, la position que devait prendre celle du général Debilly selon l'ordre ((ui Uii avait été adressé à Helfendorf. Je formai une avant-garde du 6" régiment de chasseurs et du 3' bataillon de la 14' d'infanterie légère, qui faisaient partie de la brigade Debilly. Le commandement de cette avant-garde fut donné au chef de brigade Laffon, commandant le 6° de chasseurs. D'ailleurs cette disposition ne pouvait être que favorable au bien du service.
Cet excellent officier de troupes légères reçut l'ordre de prendre le commandement des avant-postes établis entre l'aile droite, vers la Glonn, et la division Richepance vers Alxing, et de s'occuper principalement du débouché de lloosach. Il fut prévenu que c'était sur ce point qu'il devait concentrer le plus son infanterie. Il lui fut recommandé d'envoyer à Schlacht pour prévenir le général Durutte du lieu où il s'établirait de sa personne, de lui donner avis des mouvements de l'ennemi sur son front ainsi qu'au général de division à Zorneding; enfin que, s'il n'avait rien de nouveau à 10 heures, il devrait pousser des partis pour avoir des nouvelles de l'ennemi.