DECAEX MARCHE SUR WELS
Le général Dunitfe rejoignit la division avec le détachement qui avait été laissé avec lui à Salzburg.
Le parti qui avait été envoyé surGmunden apprit, à son retour, qu'il y avait trouvé Tennemi et rencontré les avant-postes de la division Montricliard dans les environs de cette ville.
Je reçus du général Lahorie une lettre datée de Frankenmarkt. II me mandait :
Il faut achever l'arim-e ennemie par des marches non interrompues, mon cher Decaen. En conséquence, le général Richepance reçoit l'ordre de marcher demain de concert avec toi sur W els.
Il est possible que vous ne puissiez pas arriver, mais vous prendrez position le plus près possible de ce point. Je suppose que vous arriverez au moins à la hauteur dcFalspach.
Le général Grouchy viendra se placer en réserve sur Lambach. Le général Aloreau s'établira à Schivanenstadt. Il ira demain suivre le mouvement des divisions du centre sur \\ els.
28 frimaire (19 décembre). — La division fut mise en marche à 9 heures du matin sur la route de Schwanenstadt pour atteindre le but indi([ué dans l'ordre ci-dessus; mais les Autrichiens, dont Tarchiduc Charles était venu prendre le commandement et dont sa présence avait ranimé le courage, s'oi)stinérent à défendre Lambach. Cependant, le général Richepance, auquel j'avais seulement envoyé un régiment de chasseurs, les culbuta et fit encore un assez grand nombre de prisonniers, au nombre desquels le prince de Liechtenstein et le général Meczery; et, comme les Autrichiens passèrent la Traun pour aller sur Kremsmiinster, la division Richepance les y suivit. Alors je dirigeai la mienne sur Wels, dont mes avant-postes s'avancèrent à trois quarts de lieue, mais un peu tard dans la soirée.
La division fut placée en arrière de Gunskirchen, la droite à la Traun et la gauche dans la direction de Irnharting. L'avant-garde, qui s'était établie dans ce premier village, y avait fait 22 prisonniers.
Je revins à Lambach d'où j'envoyai un officier au quartier général pour informer de ma position et (|ui me rapporta la lettre ciaprès, datée de Schwanenstadt :
I/inlention du général en chef, mon cher Decaen, est que lu te portes demain sur VV^elsoii tu passeras la Traun pour, de là, te diriger surKrems-
munster. La distance et la nécessité de t'éclairer sur ta gauche ne te peiniettraient probablement pas d'arriver au delà de Taxelberg. Le général Grenier arrivera dans la journée avec une division en réserve de la tienne, en avant de Wels.
liC général Uichcpance, soutenu du générai Grouchy, se portera de Lambaf:h sur Kremsmûnster où arrivera le général Lecourbe par Gmunden.
Le général Moreau sera demain à Wels.
Je préviens le général Uichepance de te renvoyer ton régiment à Gunskirchen.
29 frimaire (20 dêcenibre). — A la pointe du jour, la division fut rassemblée et marclia sur U els. Il était 9 heures du matin lorsque l'avant-garde entra dans cette ville. Elle s'approcha de suite du pont sur la Traun ; l'ennemi l'avait coupé (1). Il avait laissé une cinquantaine d'hommes pour l'observer et en retarder la réparation. Il fallut éloigner ces ennemis pour travailler au pont. Les chasseurs du 3' bataillon de la 14' légère y mirent tout le zÀ'le et toute l'intelligence possibles. Plusieurs d'entre eux parvinrent à l'autre rive en descendant et grimpant d'une arche à l'autre à la faveur des longerons qui avaient été jetés du pont. Le capitaine Schmidt, de la 3' compagnie, qui fut blessé d'un coup de feu en abordant à l'autre rive, fut un des premiers qui donna l'exemple.
Un carabinier de ce bataillon, nommé Jean Masse, se conduisit avec bien de la bravoure. Ce fut lui qui, le j)remier, avait trouvé ce moyen de passage. Quoique seul pour arriver à l'autre rive, il n'en courut pas moins sur les Autrichiens qui s'y trouvaient. Il fit mettre bas les armes à huit d'entre eux et cassa leurs fusils. Il les amenait prisonniers lorsque ceux-ci, s'apercevant, auprès du pont,
1 1) Voici le compte-rendu de Decaen :
Mes premières troupes sont entrées à Wels à 9 heures du matin, mon jjénéral, mais je n'ai pu aller plus loin, l'eniierai ayant beaucoup endommagé le pont. Je m'empresse de le faire réparer. Il e«t raidi : et ce ne sera que vers les 1 heures que je pourrai m'en semir. L'ennemi avait laissé quelques postes qui sont partis après quelques coups de fosil. J ai déjà de I inlauterie qui a passé avec quelques baleaux sur la rive droite. J'ai poussé sur L.ini un parti qui n'est pas rentré; mais, d'après les rapporis qui me sont procurés, l'ennemi a fait remonter, pour passer la Traun hier, les carabiniers d'Albert, avec 5 000 hommes d'infanterie et plus de 100.) voilures.
■i J'ai trouvé à la poste différentes lettres que je vous envoie, mon général; quflquesnnes sont intéressantes.
- L'armée ennemie se concentre sur Steyr. Aussitôt que j'aurai d'autres renseignements, mon général, je vous en ferai part (Decaen à Moreau, Wels, '19 frimaire, A. H. G.).