COMBAT DE WELS
qu'il ('tait seul et voyant quelques hussards qui s'avançaient pour les délivrer, s'échappèrent de lui qui, aussitôt, ne manqua pas de leur tirer quelques coups de fusil.
Le chef de bataillon Alassard, que je chargeai de faire passer son bataillon aussitôt (|ue des bateaux qui étaient à l'autre rive seraient à sa disposition, fit bien son devoir. Il arriva que, la première banjue dont on avait pu disposer étant petite, il s'y était mis trop de monde et qu'elle fit naufrage. Ce chef de bataillon était du nombre des embarqués ; mais, heureusement, il n'y eut aucun accident.
J'avais ordonné au chef de brigade Laffon d'envoyer, dès le matin, un parti sur la route de Linz, et Montaulon fut chargé de cette mission. Il trouva l'ennemi qui protégeait un convoi. Il en fit attaquer la queue par vingt hommes à la tête desquels étaient les sous-lieutenants Rignier et Gillard, soutenus par le surplus de leur escadron. L'ennemi fut aussitôt mis en déroute. Plus de 600 prisonniers, tant infanterie (|ue cavalerie, furent amenés avec plus de 200 chevaux. Au moins 80 hommes de cavalerie, qui ne furent point j)ris, furent sabrés (1).
Le général Grenier arriva vers une heure avec une division qui fut se placer en avant de Wels, sur la route de Linz. Pendant qu'on travaillait aux réparations du pont, je fis ouvrir et traduire quehjues lettres (ju'on avait prises au bureau de la poste. Il y en avait plusieurs de Vienne qui annonçaient qu'on y était dans de vives alarmes et qu'on n'y doutait pas d'y voir bientôt arriver l'armée française.
On trouva dans une de ces lettres cette singulière phrase : 't La Sybille a dit qu'après une longue guerre, les Français viendraient jusque dans la plaine de Wels, et qu'alors on ferait la paix. -1^
On trouva aussi une pièce signée de plusieurs archevêques et émigrés qui résidaient alors à Vienne; je ne me souviens point de leurs noms.
C'était une délibération pour servir de réponse à des questions
(1) Dans son rapport, Decaeu ajoutait : ^ ... Ce nouvel acte d'intrépidité de Montaalon arec ses braves ajoute, mon général, aui autres traits rapportés dans l'état des services de ce chef d'escadrons que je \ous adresse... » (Decaen à Moreau, Neuhofen, 2 nivôse. A. H. G.).
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<|ui leur avaient élé soumises par des curés français sur le serment prescrit par la constitution de Tan VIII.
Je me rappelle, entre autres choses, qu'on disait, dans celte pièce : <i Les soussignés, consultés pour savoir si, dans l'état actuel des choses en France, on peut prêter le nouveau serment exigé pour remplir publiquement les fonctions sacerdotales, sont d'avis que, dans aucun temps, la puissance temporelle ne peut rien prescrire à la puissance spirituelle. Mais, dans les circonstances où l'Eglise est militante, s'il y a cas de nécessité, on peut se soumettre, mais avec la restriction mentale ; et nous appuyons cette opinion de celle de saint Thomas de Cantorhery durant le schisme d'Angleterre. •• Je remis cette pièce avec les autres lettres au général Moreau qui arriva à U els dans l'après-midi.
Le pont ne put être rétabli qu'à .3 heures (I), malgré l'activité des officiers du génie Bodson et Alichaud.
Dès que la réparation fut achevée, je fis passer la division sur la rive droite de la Traun, et chaque brigade formée fut aussitôt dirigée sur Kremsmiinsler; mais lavant-garde ne put arriver que pour avoir ses avant-postes sur Sipbachzell où elle trouva l'ennemi, <|uoi(|ue la division Richepancc fût déjà arrivée à Kremsmiinster.
La nuit avait empêché le chef Laffon déjuger que c'était fort peu de monde (|ui n'avait pu se retirer sur Sieyr et qui occupait Sipbachzell pour, de là, se diriger sur .\euhofen.
.Alors la division prit sa position, placée en échelons depuis Leombach jusqu'à la Traun, et des partis furent envoyés surNeuhofen et sur Ebersberg.
J'étais rentré à Wels et je me trouvais avec le général en chef quand on lui apporta une lettre de l'archiduc Charles. Cette lettre annonçait que, d'après les égards et les témoignages d'estime dont ils s'étaient donné des preuves pendant la campagne de l'an IV, il était persuadé que le général .\Ioreau accueillerait favorablement la proposition qu'il lui faisait d'une suspension d'hostilités, d'autant mieux qu'il lui donnait l'assurance (|ue sa démarche n'avait d'autre but (jue de pouvoir enfin parvenir à traiter de la paix.
Je demandai au général Aloreau, qui m'avait fait part de cette proposition, s'il était dans son intention d'y avoir égard, tandis (|ue
(1) • ... après raidi. . " (Decaen à Moreau, Ncuhofen, 2 nivôse, A. H. G.).