‹ Memoires et journaux du general DecaenChapitre 7 sur 132 · MOREAU A LA POURSUITE DE KRAY · texte numérisé non relu

MOREAU A LA POURSUITE DE KRAY

J'annonçai au général en chef que j'avais pris la position ordonnée, mais seulement avec une partie de mon infanterie, trois bataillons étant restés avec le général Debilly pour garder Brenz, Sontheim et Bergcnueiler ainsi que le débouché d'Hermaringen, puisque le général Grandjean l'avait laissé ouvert sans m'en prévenir, de sorte qu'il avait fallu l'attaquer et le reprendre à l'ennemi qui l'avait défendu un instant avec deux pièces de canon; qu'on lui avait tué cinq hommes et pris un Manteau-Rouge; que je venais d'écrire aux généraux \ey et Grenier pour que mes troupes fussent relevées et qu'ils se lient avec moi vers Sachsenhausen.

Je prévins que je n'avais pas pris exactement ma position dans la direction de Sachsenhausen à Burghagel, le terrain ne me le permettant point; que ma droite était refusée dans la direction d'Ober-Bechingen et que j'étais à cheval sur le chemin de Burghagel àLauingen, Sachsenhausen étant fortement occupé, et gardant les différentes routes qui conduisaient sur Giengen; que l'ennemi n'avait qu'une observation en arrière de cet endroit et des tirailleurs en avant; que j'avais aperçu des feux de l'ennemi au delà de la Brenz vers Stetten.

Je fis l'observation que le 6' de chasseurs diminuait beaucoup; que, fatiguant extrêmement, il ne suffisait pas à faire le service des avant-postes. Je redemandai le 17' ou un autre régiment (1).

3 messidor . — J'avais établi mon quartier général à Haunsheim. Ma division resta dans sa position le 30.

Je reçus une lettre du général Lahorie. 11 me mandait qu'il avait reconnu (jue la position qui m'avait été indiquée la veille n'était pas tenable et qu'il s'était proposé de me faire prévenir de la prendre en refusant la droite comme je l'avais prise; que ce ([ui l'en avait empêché, c'était la persuasion où il était que le général Moreau était avec moi; qu'il prévenait le général Leclerc de se porter en arrière d'Ober-Bergheim pour me soutenir en cas d'attaque; que le général Grandjean, de son côté, se replierait sur ce

(Il Decaen ajoutait : • J'ai demandé au général en chef si, au lieu du bataillon de la 50', il voulait me douner un bataillon d'infanterie légère. Faites en sorte d'obtenir ce bataillon, car mon infanterie de ligne, avec la meilleure volonté, n'entend point ce service > (Decaen à Lahorie, Haunsheim, 2 messidor, A. H. G.).

30 AIEAIOIRES ET JOURXALX DU GENERAL DECAEX

poinl, ce (jiii iikî perniclliait de soutenir plus fortement le point (le Sachsenhausen (jui était mauvais par la nature du terrain.

Le «jénêral Debilly rejoignit Sachsenhausen avec ses troupes. Il en fit le rapport que ses avant-postes avaient été attaqués, la veille au soir, par deux divisions de hussards de Blankenstein et Ferdinand; que l'ennemi, qui n'avait d'abord montré que deux compagnies d'infanterie, en avait fait déboucher six autres par le village <le Stotzingen; qu'elles s'étaient avancées par la gorge à la tête de laquelle il avait placé, le matin, quatre compagnies de la 50"; qu'elles avaient chargé une fois sans pouvoir arriver jusqu'à la hauteur de nos troupes, mais qu'à la seconde charge, elles commençaient à atteindre la sommité du bois lorsque le chef de bataillon Gengoult (1) avait marché sur elles et, par un feu très vif, les avait forcées de rentrer dans le défilé; que la cavalerie ennemie, (|ui avait paru d'abord vouloir se retirer, s'était ensuite avancée d'environ 200 toises vers l'escadron du G% mais voyant que son infanterie n'avait pas pu percer, elle avait tourné bride; que la 50" avait eu deux hommes blessés et un prisonnier, cl (|ue l'ennemi avait eu deux hommes tués et trois chevaux.

Le premier rapport du général Durutte m'annonça que l'ennemi avait peu de monde dans (iiengen; qu'on n'avait aperçu que quelques petits pelotons de cavalerie. Peu de temps après, il me fit prévenir que Giengen était abandonné de l'ennemi et, par un troisième rapport, que, d'après les renseignements qu'il avait pu prendre dans cet endroit, l'ennemi faisait un grand mouvement sur sa gauche ; qu'ayant cependant appris qu'une partie des troupes qui étaient dans les environs de (iiengen s'étaient retirées par Herbrechtingen, il avait envoyé une reconnaissance sur cet endroit, et (|ue le chef d'escadrons Alonlaulon (2), qui la commandait, lui

(1) Gengoult ( Louis-Tliomas), n<'' le 21 di'cembre 1767, à Toul ; soldat au 8' d'infanterie, le 11 juillet 1784: congédié comme fourrier: soldat au 7'' bataillon de la Meurtlie, le 20 juillet 1792: capitaine, le 28 juillet 1702; chef de bataillon, le II nitôse an IV; major, le 30 frimaire an XII; colonel du .")6«, le 13 mailSOti; généralde brigade, le 6 aoûl 1811 ; disponible, le l" janvier 1810: retraite, le l*'"' janvier 1825; lieutenant général, le 19 novembre 1831 ; retraité, le 1"^"^ janvier 1833; décédé à Toul, le 13 juin 1846 (A. H. G.).

(2) Montaulon (Jean), né le 19 janvier 1754, à Serviau (Héraulli; dragon au régiment de Languedoc, le l'' mars 1774; maréchal de.« logis chef, le 1'^ septembre 1784; souslieutenant, le 30 mars 1791; lieutenant, le l'' jauvier 1792; cupilaine, le 2 juin 1792; chef d'escadrons, le 12 nivôse an IV; major au S'' chasseurs, le 6 brumaire an XII; retraité, le 12 septembre 1800 (A. A. G.).

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