CHAPITRE II
Le ()'■ chasseurs enlève deux colonnes d'éqaipajjes autrichiens. — L'armée du lUiin à la poursuite de l'ennemi. — Elle se porte sur X'eresheim. — Lecourbe attaque l'arrièrefjarde autrichienne. — Kray propose un armistice. — Moreau le refuse. — Decaen, rharf[r' d'aller occuper Munich, s'y rend à marches forcées. — Entrée de Decaen à Anjrsbourg. — Le corps de Merveldt refoulé. — Debilly enlève Dacliau. — Les .Autrichiens se retireut vers Munich. — La population de cette capitale se porte audevant des Français. — Entrée de Decaen à Munich. — Il prend posseasiou de la ville. — Ses éjjards pour le «[ouseruement prov isoire laissé par l'Electeur. — Decaen établit son quartier général à Xympbenburg.
i" messidor. — Au jour, leG"" régiment de chasseurs fut envoyé à la reconnaissance de renncmi sur la grande route d'L'lm. Dans la matinée, ce régiment fil son retour : il était tombé sur une colonne d'équipages de l'ennemi et s'en était emparé. On me fit le rapport qu'il avait ses avant-postes au village de Soutlieim et, à une demi-lieue en arrière, environ quatre escadrons et trois pièces de canon, et qu'à 8 heures du matin, ils avaient fait leur retraite, excepté huit hommes. Ce convoi se retirait sur Llm par les communications entre le Danuhe et la chaussée d'Ulm. Le premier rapport de cette capture annonça la prise de plus de 400 voitures chargées d'avoine et de divers effets. .Ayant de suite transmis cette nouvelle au général Lahorie, il m'écrivit que l'intention du général en chef était que je prisse les moyens nécessaires pour que les chevaux, voitures et denrées qui avaient été pris fussent mis en réserve jus(|u'à ce que le général en chef etît déterminé l'emploi (ju'ii voulait en faire; et (|ue le prix de ces divers objets serait payé de suite au régiment d'après la taxe qui serait déterminée.
Je reçus l'ordre de tenir la division réunie prête à marcher au moment où le général Grenier, qui était en marche pour Lauingen et (îundelfingen, serait arrivé sur ce point; et qu'aussitôt que ses troupes arriveraient sur (Iundelfingen, je devais me mettre en marche pour aller prendre position, la gauche à Brenz que j'oc-
U.VE CAPTURE Dl 6' CHASSEURS 2T
cuperais, prolongeant ma droite dans la direction d'Hermaringen (1), et que je pourrais occuper Kloster-Medlingen. Mon quartier général resta dans ce village. Je fus prévenu que le général Grandjean prendrait position, la gauche en arrière de Hermaringen, la droite vers Sachsenliausen, et que le général Leclerc prenait position sur Wittislingen et Frauenriedhausen ; que le corps du général Grenier venait occuper Lauingen, Gundelfingen et se prolongerait sur la Brenz vers Brenz.
En rendant compte de l'exécution de cet ordre, je dis que nos avant-postes couvraient Sontiieirn et (ju'ait moment où ils se plaçaient, l'ennemi dirigeait par la route d'Ulm une faible reconnaissance.
J'annonçai la marche sur Dillingen des voitures prises sur l'ennemi, qu'il n'y en avait que 160, nombre infiniment moins considérable qu'on ne l'avait supposé et que 50, toutes chargées d'avoine, étaient demeurées embourbées dans les marais entre la Brenz et le Danube, et que le général Legrand en était prévenu; qu'on m'avait aussi fait le rapport que 2 000 sacs de grain et plusieurs caisses d'habillements étaient abandonnés sur la grande route d'Ulm, à une lieue et demie de Brenz ; que j'allais m'entendre avec le général Legrand pour les faire enlever.
Le chef de l'état-niajor du centre me manda que des renseignements parvenus au général en chef lui annonçaient que l'ennemi, après avoir repassé en grande partie le Danube, marchait sur nous, ce qui donnait à supposer une attaque de sa part pour le lendemain matin; que, quel que fût le but de l'ennemi dans ce mouvement, il importait d'être en mesure devant lui, de manière non seulement à le recevoir, mais encore à suivre sa retraite si sa marche sur la Brenz n'avait d'objet que de la couvrir, comme il était probable; (jue l'intention du général en chef était que mes troupes fussent sous les armes à la pointe du jour, et qu'à la même heure, des reconnaissances fussent envoyées pour rapporter des nouvelles de l'ennemi.
2 messidor — Le général Debilly me rendit compte que, dans la reconnaissance qu'il avait faite lui-même le matin, l'ennemi
(1) L'ordre signé Lahorie dit «... de Lauiii3en » (^Lahorie àDecaeii, Dillingen, 1=' messidor, A. H. G.).
n'avait présenté que quelques {)atrouilles; qu'on s'était tlrailllé un instant; qu'il en avait été de même sur le front de la division de gauche; que l'ennemi avait repris ses postes de la veille en avant de Stotzingen ; que, pour essayer d'obtenir des renseignements, il allait envoyer un parlementaire pour réclamer un officier de santé qui, quelques jours avant, avait été fait prisonnier.
J'informai le général en chef (jue l'officier envoyé en parlementaire avait vu sortir de Slolzingen un bataillon qui se dirigeait vers le Danube dans la direclion de Schwarzenwang et une division de cavalerie qui marchait par sa gauche sur le Lonthal; que je pensais que l'ennemi, ayant un aussi fort détachement à Stotzingen, voulait établir sa ligne, la droite au Danube, à la hauteur de Riedhausen, la gauchepassant par Stotzingen, au Lonthal, en avant de Stetten et à la hauteur d'Ulrich (1) ; que j'avais reconnu moimême un camp d'infanterie assez considérable à la hauleur et à droite d'Eschingen (2), et un de cavalerie sur la lisière du bois à gauche; que je supposais que l'ennemi n'avait pas autant de forces à Stotzingen sans avoir établi un échelon considérable à la hauteur d'Albeck ou de Langenau; que les découvertes avaient reconnu un poste de cavalerie et d'infanterie à Oberberg (3) ; que, le matin, il n'y en avait pas; que, sur la route de Stotzingen, à une lieue d'Ober-Weiler (-4), on avait aperçu des vedettes ennemies et, à la droite du premier de ces villages, environ 600 chevaux.
Je fus prévenu, de la part du général en chef, que ma division serait remplacée dans sa position de Brenz par les troupes du lieutenant général Grenier, et de la mettre en marche pour aller prendre position, la gauche à Sachsenhausen qu'elle devait occuper, et la droite se prolongeant vers Burghagel, où appuierait la division Grandjean par sa gauche; ([ue ce général partirait de sa position actuelle de manière à être rendu à 6 heures du soir à la nouvelle qu'il devait prendre; (jue je devais exécuter mon mouvement pour la même heure; que je devais laisser mon cordon d'avant-postes, si le lieutenant général Grenier se trouvait dans le cas de retarder son mouvement.
(1) Peut-être faut-il lire Hiirbeu.
(2) Ce nom n'a pu être identifié.
(3) Oberberg se troiuait à 300 mètres au nord de Burgberg,
(4) Ce nom n'a pu être identifié.