REPONSE DE LORD CLIVE A DECAEN
A bord du Centurion, en rade de Pondichéry, le 20 juillet 1803.
A Vadjudant commandant L, B'inot, chef de Vétat-major français
à Pondichérij.
Monsieur,
J'ai à vous annoncer la réception de votre lettre d'hier, en réponse à laquelle j'ai la satisfaction de vous annoncer que le vaisseau la Côte-d'Or est, dès ce moment, à votre disposition, le gouvernement du fort Saint- Georges m'ayant, par sa dépêche du 16 du présent, que je n'ai reçue que ce matin par un exprès, signifié son entière désapprobation de la détention de ce vaisseau, en réponse à la lettre que j'écrivis pour soumetti'e à ses sages et respectables conseils ma conduite dans cette mesure, immédiatement après que je l'eus adoptée.
Vous calculerez l'espace de temps que j'ai attendu pour cette décision, et soyez assuré que je n'ai pas eu d'autre motif pour ramener la Côted'Or en rade, et pour sa courte et subséquente détention. Telle est également la nature de l'explication que j'ai annoncée dans ma réponse à la lettre que m'écrivit hier le chef de brigade Sainte-Suzanne. J'ai l'honneur d'être, etc..
Signé : Peter Rainier.
Pour traduction conforme :
Siijné : L. Bixor.
A Son Excellence le Général Decaen, capitaine (jênéral des étahlissemenls français dans les Indes orientales, etc..
Monsieur,
Paragraphe 1". — J'ai eu l'honneur de recevoir la lettre qui m'a été remise par l'aide de camp de Votre l'excellence, qui est arrivé au fort Saint-Georges ce matin ; et j'ai aussi l'honneur de profiter de cette occasion pour vous accuser la réception de la lettre de Votre Excellence qui m'a été transmise à l'arrivée du colonel Binot à Pondichéry.
2". — J'ai profité de la première occasion pour faire écrire au colonel Binot, à l'effet de faire savoir à cet officier que la dépêche adressée par Votre Excellence à Son Excellence le Très Noble marquis de Wellesley a été envoyée de suite au fort William, et de lui faire connaître la nécessité où j'ai été de m'adresser à Son Excellence le Gouverneur Général en Conseil, à l'effet de recevoir les instructions de Son Excellence pour tout ce qui con-
cerne la restitution des établissements coloniaux français dans l'Inde.
3«. — En me référant, en conséquence, à une explication à ce sujet, j'espc-re que Votre Kvcellencc ne trouvera pas mauvais que, l'exécution de la teneur du traité d'Amiens dépendant des ordres du «[ouvcrnement suprême du Benfjale, il ne nie sera pas possible d'anticiper les ordres que j'attends de Son Excellence le Tri-s Xoble Gouverneur Général en Conseil à ce sujet, et tandis que je regrette le désagrément que Votre Excellence peut éprouver du retard de la restitution de l'établissement de Pondichéry sous l'autorité de la République française, j'espère que Votre Excellence sera assurée qu'aucun délai n'a eu lieu qu'il ait été possible au gouvernement de l'Inde d'éviter.
4^ — J'aurai l'honneur de communiquer à Son Excellence le Très Noble Gouverneur Général en Conseil copie de la dépèche que j'ai récemment reçue de Votre Excellence.
5^ — En transmettant à Votre Excellence l'expression de mes félicitations sur son arrivée dans l'Inde à l'effet de prendre le commandement des possessions qui sont sur le point d'être rendues à la République française, conformément à la teneur du traité d'Amiens, je prends la liberté d'assurer Votre Excellence que j'ai éprouvé la plus grande satisfaction des sentiments qu'exprime Votre Excellence relativement aux soins qu'il nous a été possible d'avoir pour le détachement de troupes arrivé sur la frégate la lielle-Poulc, conformément aux ordres ([ue j'ai fait donner aux officiers anglais à Pondichéry à ce sujet; et je me tiatte que Votre Excellence sera assurée de la satisfaction que j'éprouverai en continuant à [maintenir] les relations d'amitié entre les gouvernements de nos états l'espectifs dans l'Inde.
6^ — J'ai l'honneur de faire savoir à Votre Excellence que j'ai donné des instructions au lieutenant-colonel Cullen, que j'ai nommé commissaire de la part du gouvernement britannique pour effectuer la restitution des établissements de Pondichéry et de Karikal, pour qu'il continue, par tous les moyens qui seront en son pouvoir, à accommoder les troupes qui sont arrivées à Pondichéry sous les ordres de Votre Excellence.
7^ — Je prie Votre Excellence de recevoir l'assurance de ma haute considération, et j'ai l'honneur d'être, etc..
Signé : Clive,
Fort Sainl-Georges, le 12 juillet 1803.
Lettre de mon aide^ de camp.
Mon Géxéual,
J'avais déjà eu l'honneur de vous écrire par la Càte-cl'Or lorsqu'elle partit pour la première fois de la rade de Pondichéry. Mais son retour extraordinaire et son séjour de quelques jours ici me fournissent les moyens